Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /Fév /2009 16:01

Zâïfrana prend le large.

 Un jour le Prince  lui annonce :

- Zâïfrana, je vais en voyage !

- Que Dieu vous protège Seigneur, gardez vous bien et revenez en bonne santé.

- Tu n'as besoin de rien ?

- Seulement de provisions. Mais parlez moi de vos projets, sur quel navire naviguerez vous, qui seront vos matelots, sont ils expérimentés ? 

Le Prince sans se faire prier parle longuement de son navire, de la date du départ et répond à toutes les questions, tous les détails possibles et imaginaires sont fournis à la jeune femme de même que le nom de l'armateur.

 Dès le départ du Prince Zâïfrana court chez ses parents.

-- Père ! Préparez-moi un navire !

 Zâïfrana donne toutes les instructions nécessaires et bientôt ses servantes achètent des tissus, des vêtements, des chaussures, tandis que les esclaves vont acquérir des aliments, des denrées diverses, des épices et des boissons. Le meilleur capitaine et les marins les plus éprouvés sont recrutés. 

Le jour du départ arrive. Le Prince envoie des provisions à la matmoura et pendant qu'il prend la route du port vers son bateau, Zâïfrana court se préparer et s'habiller et elle se presse elle aussi pour prendre le large.

Les deux quittent le port en même temps, leurs navires sont identiques, mais tandis que celui du Prince est vert le sien est bleu. Le fils du Sultan appareille, Zâifrana donne l'ordre de larguer les amarres. Elle suit la même route que son mari et quand il s'arrête elle fait jeter l'ancre et quand il repart elle est derrière lui à  trois encablures.

Au bout d'une semaine le navire du Prince stoppe en pleine mer, celui de notre amie s'immobilise aussi tout près.

Zâïfrana fait une toilette, se parfume, se pourvoit d'un costume approprié, chausse de longues bottes, se coiffe d'un chapeau à panache et se place bien en évidence sur le pont. Le capitaine de navire du Prince l'aperçoit et présente la longue vue à son maître. Ce dernier éblouit par tant de beauté lui sourit, elle lui rend son sourire. Ne reconnaissant pas sa propre épouse il donne l'ordre à son homme de confiance de descendre une chaloupe et d'aller supplier cette belle dame de bien vouloir le recevoir à son bord.

L'autorisation est donnée, l'homme  amoureux de la belle étrangère est bien reçu et ne quitte plus le navire de la dulcinée. Zâïfrana na pas besoin de se conduire en prude puisque c'est son mari, mais elle se serait montrée provocante si ce n'était pas contraire à son éducation.  Le fils du Sultan est tout à son aise, la musique est entraînante, les danseuses le divertissent, les mets sont excellents et il passe ses journées et ses nuits à bord de ce bateau si bien que le lien qui devait se nouer, se noue.

Mais le jour du retour arrive : le Prince donne à son amoureuse sa bague comme cadeau. Ils lèvent l'ancre et prennent le chemin du retour, font les mêmes escales et se séparent enfin.

Au port Zâïfrana voilée se presse d'arriver chez elle et là elle change rapidement de vêtements remettant sur elle ses haillons. Aux questions de ses parents elle répond :

- Je vous expliquerai plus tard.

Elle se presse de retourner dans son caveau, attendant l'arrivée de son mari. Ce dernier ayant été reçu avec tous les honneurs qu'il se doit pour une personnalité de haute naissance et ayant du serrer les mains tendues, répondre aux souhaits de bienvenue, ce qui a donné une bonne marge de temps à Zâïfrana qui est arrivée bien avant lui dans sa matmoura. Elle le reçoit poliment faisant mine de n'avoir jamais quitté ce lieu. 

- Zâïfrana, où en sommes-nous ?

- Je place ma confiance et mon espoir en notre Seigneur !

- Zâïfrana, ne t'es tu pas ennuyée ?

- Mes louanges à Dieu pour ce qu'il m'alloue !

- N'as-tu pas eu faim  Zâïfrana ?

- J'ai mangé et il en reste Grâce à Dieu !

Ensuite elle lui demande si son voyage s'est bien passé et elle reçoit maintes informations, depuis le premier jour et jusqu'au retour. Le Prince ne raconte pas à sa femme l'aventure amoureuse qu'il a connue avec elle en pleine mer.

- Que Dieu vous garde Seigneur !

Les jours passent et les semaines aussi, Zâïfrana grossit et son ventre s'arrondit. Au bout de neufs mois elle met au monde un très beau garçon dont la chevelure est si dorée qu'elle lui donne le nom : Hamda aux cheveux d'or. Le bébé grandit dans la maison de ses grands parents et la propre nourrice de sa maman s'occupe de lui. Des mois après ma mise au monde de son fils, Zâifrana voit venir son époux et dans sa bouche une nouvelle :

- Zâïfrana, je vais en voyage !

Lisez la suite de cette histoire merveilleuse dans notre prochain épisode, mardi.

Par Camus - Publié dans : Fables, contes et légendes - Communauté : Souvenirs de Tunisie
Qu'en dites vous ? - Voir les 5 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Bonjour Camus, C'est une bien belle histoire que celle là!! Je lirai donc la suite mardi En attendant, je te souhaite une bonne semaine bises
Commentaire n°1 posté par Morgane le 16/02/2009 à 13h38
Morgane, bonsoir et bonne semaine. La troisième partie de ce conte tunisien Petit Grain de Safran, est en ligne. Nous sommes presque mardi, non ? Bonne lecture !
Commentaire n°2 posté par Camus le 16/02/2009 à 19h03
je vais lire les trois d'un seul trait car on a envie de connaître la fin. Quelle histoire !
Commentaire n°3 posté par gisèle le 19/02/2009 à 08h23
vraiment une histoire fabuleuse,mes félicitations
Commentaire n°4 posté par souhila le 24/02/2009 à 16h36
Merci Souhila. Tu es bien gentille; J'aime aussi cette histoire.
Commentaire n°5 posté par Camus le 24/02/2009 à 17h21

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés