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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 19:42
Tous les matins, enfin presque tous, je me rends à la synagogue du voisinage, fréquentée par des Perses en majorité. Il m'arrive quelque fois de ne pas me réveiller, pour des raisons diverses, mais comme je suis en bons termes avec Le Grand Patron là-haut assis sur son trône et que je suis ses directives, il me pardonne sûrement.

Il ne me demande pas d'explications: ce qu'il y a de bien chez Le grand Seigneur, c'est qu'il sait tout et qu'on ne peut pas mentir, on ne sait pas chercher des acquits satisfaisants. Nous ne sommes que des hommes, farcis de faiblesses et Le Big Boss nous décharge, certainement.

Mais si je m'arrange si bien avec Le Tout Puissant, je n'arrive pas a trouver des excuses valables aux yeux de Baroukh le   bedeau, l'animateur du Temple. Ce dernier, un Perse âgé me regarde du haut des générations qu'il a connues, avec des yeux pénétrants, perçants. Je me sens devenir tout petit, il connaît toutes les libérations possibles, il les a toutes entendues. Il me regarde avec ses bons yeux qui saisissent tout et me dit:
-- Je te fais un appel demain, matin.


Mais comme il est Perse, son portable se verrouille à la première sonnerie, pour ne pas avoir une dépense supplémentaire. Ce qui fait que je ne l'entends pas toujours. Mais ce n'est pas son seul défaut, une autre anomalie, est sa fuite de memoire. Si je lui dis que je voyage, il ne se rappelle pas. Ainsi il m'a appelé à Elath, à 200 kilomètres de ma maison pour me demander de venir de suite. Il m'a appelé à Venise à bord d'une gondole. Il m'a réveillée à cinq heures trente à Malaga. Vous savez, à La Costa Del Sol, l'aurore est à huit heures en Octobre, le mois ou nous avons pris nos vacances, cette année la. Même en Normandie, il m'a téléphoné pour me convoquer le lendemain, samedi.

Or, ce matin, sortant de la poste, je m'assois chez le cafetier Firmin, déployant mon journal et demandant un café espresso bien chaud et mousseux. A peine installé, je vois devant moi, Baroukh le bedeau.
-- Mon fils, je ne t'ai pas vu ce matin à la syna.
-- Mon cher Baroukh, hier non plus, je n'y étais pas. Souviens toi que j'ai fait le shabbat à Ashdod.
-- Ah! Bon, je t'appelle demain matin.
-- Ce n'est pas la peine. Je mettrais le réveil matin, c'est plus sûr. Avec ton habitude, d'arrêter l'appel à la première sonnerie, je ne risque pas de me réveiller.
-- J'espère que tu ne fais pas d'allusion que je suis chiche. Une rumeur courre, qui prétend que les Perses sont avares. C'est une transformation de la vérité, dit le vieil homme en défendant ses frères.
-- Non mon cher ami, je n'évoque pas de sous-entendu.
Mais raconte moi plutôt une bonne blague sur les Perses.

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Published by Camus - dans Rions un peu
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