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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 18:34

PEINANT ET TRISTANT

Par Albert Siméoni.

 

Lorsque s’imprime sur moi, ce médaillon,

Le regard plastron de mes petits-enfants,

Il est le plus grand et le plus beau baiser

Que nul orfèvre célèbre  ne peut fabriquer.

Je me sens décoré d'une infinie tendresse.

 

Lorsqu’il percute mes  joues, à peine ridées,

Je ressens le grand frisson, qui fait trembler

Mon être imbibé par ces joies non  cachées,

Pour mes petits-enfants adorés.

 

Leur regard sur moi fera que je serai gravé,

Lorsque j’irai en enfer ou au blanc paradis,

A tout jamais dans leur mémoire, durant toute leur longue vie.

Et quand je ne serai plus là, par le souvenir de leurs  regards d’enfants

Sur moi,

Ils diront plus tard, adultes à leurs amis ou alliés

 

‘...Mon papi oui je l’ai connu... ! Charmant

Aimant, beau, gentil, chaleureux, généreux, souriant, il était tout à la fois... !’

Avec surement un frisson ému dans ce  regard de futur  père ou  mère.

 

Combien d’époux, d’épouses, de fils et  jeunes filles ou  femmes célibataires

Ayant eu  la chance d’être servis élevés et aimés  par leurs anciens grabataires

N’ont t’ils pas tant pleurés lorsque l’aïeul  s’en allait vers  le jardin d’hiver.

 

J’en ai vu.

Oui j’en ai vu, moi l’homme des tombes des froids et sombres cimetières.

 

Combien d’entre eux, si ce n’est pas  tous ou bien grand nombre,

Ne sont t’ils pas restés  plantés sous la pluie, le soleil, ou l’ombre

Devant la porte grande ouverte du sombre caveau

Mouillant leurs yeux et embrassant l’éternel sommeil

Du vieux ou de la vieille, avant que  chape de ciment

L’enferme dans  le noir, sous le ciel bleu ou grisonnant.

Et les entendre gémir, sur l’épaule de leur mère, père, frères ou amis

En murmurant leur dernier souhait vain, en regardant l’enseveli.

‘....Non... !Ne fermez pas... ! La boite... !

Je veux le voir une dernière fois... ! Mon papi... !’

 

Et de  s’évanouir parfois sous les horribles sanglots étranglés

Qu’ils ne peuvent réprimés mes chers amis, pour le défunt adoré.

J’en ai vu.

Oui j’en ai VU et ENTENDU de ces paroles d’amour

Qui ont disent long sur l’amour du papi ou de la mamie.

Moi l’homme des tombes dans les froids et sombres  cimetières.

C’est la seule partie d’un moment du deuil qui me fait pleurer.

Sachant sur qui,  pleurent tous ces anciens grands petits-enfants.

 Je peux attester que bien souvent leur immense chagrin

Laisse bien des traces qui ne restent pas sans lendemains.

Consentant et ne pouvant faire autrement,

‘Peinant et Tristant'

Mes deux compagnons

A mon crépuscule naissant, m’accompagneront

Vers mon soleil déclinant, mais bien avant

Que la receveuse des bonnes âmes

Prenne mon souffle, je hurlerai par ma voix

Monocorde décadente et agonisante, ma foi,

Mon amour pour eux, pour mon épouse, mes enfants et petits-enfants.

J’imprimerai dans mon dernier regard cristallisé

Le regard de mes grands gars mes biens aimés,

Qui, sur mon front, viendra surement se poser.

Tel est à juste titre,


             L’injuste choix du cours de la vie,

Qui laisse à nos départs pour l’éternité,

Cet amer gout dans nos gorges séchées

Que l’on emporte bien nu et sans attrait.

Le souvenir impérissable des visages de nos

Chers  et bien aimés.

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Published by Camus - dans Poésie
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commentaires

camus 12/04/2009 19:59

Très mélancolique Albert.
Je te souhaite bonne santé et longue vie.
Après dans le jardin d'hiver, chacun est regretté par les siens, c'est sur.
Proverbe tunisien : celui qui veut savoir comment sera sa sépulture, n'a qu'aller aux funérailles d'un autre.