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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 17:37

Par Albert Siméioni

Paris le 8/3/2005.

 

Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent  constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.

 


 Le BILLET VII.

 

Répète-t-elle à son mari tout bouleversé… !

Une fois celui- ci  calmé,  Adèle  fait  lire aussi  une missive qu’elle reçut de Marseille…Elle est expédiée  par M. Meyer Leïbovici, son ancien patron. Il  demande des nouvelles de son frère Elie. Ce dernier, vivant  dans la zone libre, n’a aucune nouvelle de Elie. L’enveloppe est ouverte et elle comprend que la milice l’avait lue auparavant. Elle s’attend à  voir un matin  surgir la gestapo chez elle. M. Elie,  prévenant s’était abstenu de dialoguer avec son frère par téléphone ni par courrier pendant un bon bout de temps,  par crainte d’être découvert et de faire dévoiler la présence de  son frère à Marseille.

Ce que Adèle ignorait auparavant, c’est que Monsieur Elie, son ancien patron, comme tous les juifs du quartier, fut  embarqué  lors d’une rafle dans le Sentier,  avec toute sa famille  dans un camion militaire, immatriculé en Allemagne. La gestapo ferma sa boutique  tout en prenant soin de tout saccager. C’est en arrivant sur les lieux de son travail, trois jours plus tard,  qu’Adèle, surprise par ce désordre, apprend par la bouche de madame Eugénie, une voisine, ce qui s’était  réellement passe..

-‘…Ils les ont emmenés, il y a trois jours, un samedi matin, à la première heure Madame, pour une destination inconnue…. Il fallait les voir tous à la queue leu leu comme un troupeau de brebis qu’on emmène à l’abreuvoir mais ce n'est  pas pour les abreuver qu’ils les ont embarqués mais pour les tuer sans doute, allez savoir, quelle tristesse, madame… ! ‘

Adèle faillit s’évanouir à la malheureuse nouvelle. Elle se retient et tout en remerciant la vieille dame, elle sanglote tout le long du chemin qui la ramène chez elle…

Pierre…

-‘…Ecoutes, tu ne réponds pas. Je vais lui téléphoner, je saurai comment faire… ! Ne t’inquiètes surtout  pas… ! Il aura des nouvelles de son frère… !’

Pierre ne perd pas de temps et le lendemain, il prend son chef de service en aparté. Il le soupçonne de servir la résistance…

-‘…Arnaud, j’ai besoin de savoir.. !’

-‘…Ici, on n’a plus besoin de savoir  Pierre, on obéit aveuglement sans poser de questions.. !’

-‘…Arnaud,  mon père me parlait souvent de toi quand il était sur les traverses, ton papa a bien été tué en 14/18, gaze par les ‘schleus’ n’est ce pas … ?’

-‘…Pierre… !…Toi…. ! Je te vois venir   mais tu sais ce que je risque… !’

-‘…Juste un renseignement qui ne te coûte rien …. !’

-‘…Dis toujours… !’

Pierre sort  un papier de sa sacoche…

-‘…Elie Leïbovici… ?’

Arnaud  comprend l’allusion…

-‘…L’employeur de ta femme…. ? Et alors… ?’

-‘…Je veux savoir où ils sont…. ? Ils ont été  raflés, il y a deux semaines… !’

-‘…L’affaire est délicate…. ? Il faut soudoyer le commandant de la compagnie allemande. 

-‘…Combien cela va t’il me coûter…. ?’

-‘…Ecoutes, demain on verra plus clair, prépare en attendant cent  francs  pour l’info.. !’

-‘…Tu les auras demain … !’

Il prend soin de ne pas se faire remarquer et s’en retourne sur ses voies tout en réfléchissant à ce qu’il va dire à sa femme, en rentrant le soir,  au sujet de ce qu’il va faire. Il réfléchit aussi au billet et il décide  d’aller, sans perdre de temps,  remettre demain la missive à cette dame du nom de Victoria…

Il rentre au bercail comme d’habitude, après la fin de sa journée sans rien  paraître.

Sa maman  l’informe qu’Adèle est au commissariat de police de son quartier.

Il prend peur et lui demande la raison de cette convocation.

‘…Deux  miliciens sont venus ce matin pour lui signifier qu’elle devait les suivre pour une simple formalité… !’

-‘…Quelles formalités maman… ?’

-‘…Je n’en sais trop rien…… ! Ils m’ont posés des tas questions et surtout  demandés à Adèle où elle travaillait.. ! Elle leur a signifié qu’elle était simple ouvrière chez monsieur Leïbovici… ! Puis  après avoir vérifié mes papiers, ils l’ont emmenée… ! Edouard gémit  dans son lit, je vais lui préparer son biberon avant qu’il ne s’endorme.. !’

-‘…Mais ça fait plus de 10 heures qu’il la retienne … ?’

-‘…Oui, je pense et je suis très inquiète… !’

-‘…Une simple formalité… ?’

A suivre…

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Published by Camus - dans littérature
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commentaires

morgane 21/04/2009 04:06

ça me fait penser à ma grand mère cette histoire, pendant la guerre, alors qu'elle avait 10 enfants, elle aidé à survivre une famille juive...... aux risque de se faire prendre, mais elle me disait toujours qu'elle s'en fichait complètement de se faire arrêter, elle n'y penser même pas, car pour elle, elle était protégé par D.ieu, (t'as vu je me suis rappelé de la façon d'écrire son nom...) dans la mesure ou elle aidée son prochain.....
Je l'adorai, elle a surement contribuée à faire de moi ce que je suis aujourd'hui....
gros gros bisous