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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 20:52

Par Albert SIMEONI

Paris le 8/3/2005.

Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent  constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.

 

Le BILLET XVII.

 


Jeudi matin comme convenu à 5 heures, piaffant d’impatience, Pierre et Adèle  sont sur pieds. La nuit leur avait  parue longue tant le trac les prenait à la gorge.

 

Ils  descendent les marches de leur immeuble, bien avant l’heure.

Adèle est au sixième mois. C’était le premier jour du printemps.

Ils laissent un petit mot à Aurèlie qui dort.

Pierre et Adèle arrivent sur les lieux vers les 5 heures 30, soit une bonne demie- heure plut tôt bien avant la prise en charge de la famille Elie. 30 minutes plus tard, une estafette, montre son bout de carlingue avant, à l’heure précise. Elle  s’arrête devant eux. Le chauffeur descend de la voiture et ouvre la portière arrière.

La première à descendre est  Olga, la femme de Monsieur Elie, puis Jonathan, Rachel et Yoshua, Monsieur Elie pose  enfin pied les pavés gris. La famille est enfin là, au complet,  réunie,  sous les yeux émerveillés de la famille Berthier.

Pierre s’avance le premier et serre la main du religieux. Adèle s’empresse d’embrasser Olga et les enfants…

-‘…Je suis bouleversée, Monsieur Elie… !’ Dit Adèle envers son ancien patron.

-‘…Ne restons pas là, je vais héler deux taxis… !’ Ajoute Pierre.

Monsieur Elie est complètement rasé; il ne porte pas de chapeau et encore moins de tsissiths autour de la taille. Il tient cependant ses deux   valises.  Jonathan a  perdu ses boucles, ainsi que Yoshua  Madame Olga ne porte  ni perruque ni  foulard. Les enfants et eux même sont très amaigris.

Ils sont vêtus  des même vêtements que le jour de leur rafle.

Deux véhicules sont commandés par Pierre.

-‘…Montez ne perdons pas de temps.. !’

Ils s’engouffrent sans dire un mot.

Arrivée à destination, toute la smala se retrouve dès 7 heures 30 autour de la table. Aurèlie avait pris ses précautions depuis  la veille en prévision de leur arrivée.

-‘…D ieu soit loué…D ieu soit loué… !’ Dit Aurèlie tout émue.

-‘…Ne pleurez surtout pas Aurèlie… ! Je ne sais que dire, ma famille et moi-même vous remercient pour ce que vous faites.. !’

-‘…Une mitsvah.. !’ Répond Adèle.

-‘…Bon, les enfants, mettez-vous à table… !Les croissants sont encore chauds et mangez à volonté… !’ Lance Aurèlie envers les gosses, après la douche.

Les enfants regardent un instant leur père. Ils se posent la question de savoir s’ils doivent manger ou pas, ces brioches qui ne sont  pas Casher. M. Elie, leur fait un signe d’approbation  de la tête.

Aurèlie et Adèle comprennent l’interrogation des jeunes enfants.

-‘…Laissez les faire, je vous en prie, l’heure n’est pas aux reproches.. ! La situation du moment exige une certaine souplesse dans le rite. Et puis, je les ai faites selon votre coutume, Madame Olga, tout a  été purifié depuis  hier soir en prévision de votre arrivée…. !  Adèle a eut la gentillesse de me dire comment faire.. !’

Les enfants ne se font pas prier. Monsieur Elie, sans perdre de temps, après ses ablutions et sa douche, ouvre sa valise et retire ses phylactères et ses livres de prières. Il vise un endroit isolé  que lui indique Adèle. Une chambre spécialement aménagée pour eux et les enfants.

Olga prend place auprès de ses enfants, tandis que Monsieur Elie prie. Les enfants dévorent leurs brioches, faites mains  par  Aurèlie qui en rajoute d’autres et du lait bien chaud sur la table. Olga leur reproche leur gourmandise..

Quelques minutes plus tard, on frappe à la porte. Un homme se présente devant Pierre. L’inconnu lui remet une enveloppe tandis que ierre, lui refile le reste  la rançon.

Pas un seul mot  n’est  échangé. L’homme repart comme si de rien n’était. Pierre referme la porte et s’empresse d’ouvrir le grand pli.

Il trouve des documents établis au nom de  Monsieur Jean-Marie, Marjorie  et les enfants Robert, Lise et Marianne  Pelletier imprimés sur  des saufs conduits frappés de l’aigle du reich. Tout semble vrai. Une autre petite enveloppe est insérée à l’intérieur de la grande enveloppe blanche, les instructions à venir

’…Vendredi… ! Départ de chez vous pour la suite de l’opération..  6 heures du matin… ! Brûlez ce dernier message.…!’

-‘…Adèle, nous avons les papiers… ! Hourra.. ! En plus, nous avons gagné une  prime, ils vont venir nous prendre demain pour leur destination finale… !’

-‘…Ne cries pas si fort, on pourrait t'entendre et puis tu gênes M. Elie … ! Répond  Adèle.

-‘…Ne vous préoccupez pas pour lui, quand il prie, il n’entend personne.. !’ Réplique Olga.

-‘…Bon va falloir que vous appreniez vos nouvelles identités en cas de contrôle en chemin, il ne nous reste pas beaucoup de temps.. !’ Rétorque prévenant Pierre.

A suivre…

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Published by Camus - dans littérature
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commentaires

morgane 03/05/2009 19:28

Coucou p'tit Camus
c'est de plus en plus passionnant, je me demande ce qu'il va leurs arrivées???
Alors c'est bientôt le dépar pour sfax??? J'espère que tu vas nous ramener de superbes photos??
douce nuit p'tit Camus
gros bisouillous

Camus 03/05/2009 21:21


Je suis en pleine émotion, revoir Sfax après 53 ans !
J'ai demandé à Vivi de publier LE BILLET, en mon absence,
bientôt, mercredi matin.
Grosses bises.


la cotentine 03/05/2009 16:50

superbe récit..plein d'émotion...
nous attendons la suite avec impatience, maman lit ces billets comme un roman..et puis...ça lui rappelle quelques souvenirs...
à bientôt

Camus 03/05/2009 18:20


Merrci,  La Cotentine.
Pour ta maman ces billets en disent long.
A bientôt


sab 03/05/2009 16:09

cher Camus, avant de t'envoler vers ton pays natal, j'espère que tu nous livreras la fin de ce récit haletant?

Camus 03/05/2009 18:22


Chère Sab,
J'ai demandé à Vivi de me remplacer et il ésitera les BILLETS.
Bises,
Camus