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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 19:48

 

 

Albert SIMEONI

 

Paris le 8/3/2005.

 

Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent  constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.


Le BILLET XXIV

 

Un groupe de travailleurs se trouve dans le seul wagon de la navette.

Pierre s’installe  près d’une porte de sortie. Le train démarre. Le voyage doit durer trente minutes, avec cinq arrêts à Monte-Claire, Château des Templiers, Almonde, La Roche- Sur-

Ion, Le Fort de Ferté - En-Amont et enfin Ferté- En- Amont. Il prend plaisir à contempler à travers la vitre du train ces alpages et cette verdure inondée de fleurs, protégés par des montagnes ainsi que de petits ruisseaux, allongés paisiblement dans leur lit. Il n’est  plus qu’à une station pour pouvoir enfin accomplir sa seconde mission lorsque l’un des travailleurs du groupe vient vers lui…

 

-‘…CAMILLE DE ST JACQUES…. ! Vous passe le bonjour, ne dites rien surtout, on viendra vous chercher dés votre descente de train…Le chauffeur se nomme Rémy,  vous lui direz de la part de Blanc-Bec.. !’

 

L’homme retourne vers son groupe.

 

Cinq minutes plus tard, il foule les pavés de la rue.

Il est dehors quand une dame s’approche de lui…

 

-‘…Auriez-vous du feu, s’il vous plait… ?’

-‘…Oui bien sur… !’

-‘…Il est juste au tournant, dans la rue à votre gauche… !’

-‘…Merci… !’

-‘…Au revoir  Monsieur… !’

 

En effet une voiture attend à un coin de la rue.

 

Il monte dans le véhicule…

 

-‘…De la part de Blanc-Bec… !’

-‘…Je suis Rémy, je dois vous accompagner là où vous savez… ’ Carrefour des quatre chemins…. ! Vous marcherez environ dix minutes et puis  vous serez aux pieds de la montagne Blanche… !…Bonne chance, je serai là dans exactement deux heures, vous avez trente minutes de marche pour arriver là haut et autant pour descendre. Donc il ne vous reste qu’une heure pour prendre Camille… ! Salut.. !’

Rémy démarre.

 

Vingt minutes plus tard, comme indiqué,  la fameuse montagne  apparaît à son regard.

 

Pierre est debout face à ce grand monticule. Son sac posé à terre.

Il voit le prieure se détacher d’entre les montagnes. Il ne perd pas de temps et commence son ascension. Comme  le chauffeur le lui avait prédit, il se retrouve une demi-heure plus tard devant une grande porte. Il tire sur une  cloche, attend quelques minutes avant qu’un père franciscain ne lui ouvre le portail. Le religieux lui fait signe de le suivre. Pierre emprunte des allées bien alignées et bordées de fleurs. Un chapelet de moines en bure est à la cueillette de pommes.  Puis,  il traverse une grande cour. Le père lui fait signe d’attendre dans un couloir décoré de vitraux représentants la crucifixion du Christ. Il se signe.

Il entend des pas et un autre père se présente à lui…

 

-‘…Bonjour M. Pierre, je suis l’abbé Amédée et sans vous faire plus attendre, je vais vous conduire vers Camille. Elle vous attend dans mon bureau… ! Que les voies du Seigneur vous accompagnent… ! Mon fils… !’

 

Pour un cheminot qui passe toute sa vie sur les voies, la réflexion de l’homme pieux tombe au bon moment.

 

Pierre sent son cœur battre la chamade. Sa respiration s’accentue et le père devine sa  trop grande émotion.

 

-‘…Soyez calme et remettez vos sentiments au Seigneur, il vous aidera... !’

 

Pierre comme par miracle se calme. Il suivait ce chef spirituel, les bras engoncés sous sa bure, comme s’il suivait   une procession sans foule. Il se sent soulagé par les quelques paroles d’apaisement du reclus.

Le père Amédée pousse la porte, toujours suivi par Pierre. Il ne voit pas,  sur le moment,  celle  qui doit recevoir  son  fameux billet. Il entend, cependant,  la porte se refermer derrière lui. Il se rend compte qu’il est tout seul. Il pose sa sacoche sur le carrelage sans doute froid de ce bureau sans apprêt. Il s’avance un instant lorsque soudain, jetant un regard par-dessus le grand fauteuil qui jouxte le bureau du prélat. Il remarque  une tête aux cheveux blonds.

 

A suivre…

 

 

Albert SIMEONI

 

Paris le 8/3/2005.

 

Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent  constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.

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Published by Camus - dans nouvelles
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commentaires

morgane 10/05/2009 13:40

ça y est enfin il touche au but......
bisouilles