Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /Juil /2009 15:53
Par Albert Siméoni

 

Acte II Scène I

 

 

 

Une semaine plus tard, après la ruée des soldats dans l’appartement de ses parents, un  matin alors qu’elle dormait profondément et recroquevillée à même le sol, sous ses couverture de fortune, elle fut réveillée par les mêmes voix des précédents jours. Les allemands étaient revenus récupérer  les crus de bon vin.

 

Khana retint sa respiration alors que les soldats  déménageaient ce qui restait de l’avant  dernière fortune de ses parents. La chance  a fait qu’ils ne s’aperçurent pas de la présence de la gamine  et sans approfondir leurs fouilles, ignorant la seconde cave cloisonnée, celle où dormaient les bouteilles de très  grande  valeur. Ils se contentèrent d’emporter ce qui leur était apparent épargnant le reste. Khana et les châteaux classés très grands crues  de ses aïeux.

 

Pour la première fois de sa vie, Khana fit une prière en hébreu en se rappelant un psaume que son papi Isaac affectionnait. Elle prononça cent fois le nom de Achem, tout en laissant ses larmes se libérer. Son appartenance à la communauté vint lui rappeler son identité juive  et qu’à se titre, elle fit le serment en son for intérieur  d’honorer D ieu à sa façon  lorsque tout cela finira. Et surtout si elle encore en vie.

Cette vie dont elle comprenait à présent le sens. Alors qu’auparavant, elle n’en concevait pas son essence. Elle, Khana qui avait tout pour vivre bien aisément.

 

La misère a parfois ceci de particulier apparemment c’est qu’elle donne cette volonté, cette force intérieur à ceux qui l’endure en pensant à cet espoir du lendemain  que  sera meilleur, selon le bon vouloir du ciel compatissant.

 

La foi et sa volonté   se dit t’elle sera son arme pour  vaincre cette misère imprévue.

 

En attendant, Khana en guenilles ne sert pas D ieu, mais survit dans une lugubre cave épargnée jusqu’à présent par les bombardements.

 

Un soir de 1943, elle qu’elle lorgnait par son trou à rats qui donnait sur le célèbre boulevard Oberschtrass, elle entend la porte de la cave s’ouvrir. Prise de panique, elle regagne précipitamment son abri crasseux. Elle tend l’oreille, et surprend des gémissements, des pleurs d’enfant.

Sans paniquer et  sur ses gardes, elle pousse timidement  la porte de sa cloison qui se laisse glisser et, entre  l’obscurité du couloir et un rayon timide d’un jour sans pain, elle voit un jeune enfant assis sur la derrière marche de l’escalier qui mène à la cave, tenant sa tête entre ses mains.

Elle attend quelques minutes puis décide enfin  d’aller à sa rencontre.

Elle est surprise de voir un enfant blond et aux yeux bleus d’à peine 6 ans, pleurer sans discontinuer.

 

‘...Tu t’appelles comment... ? Moi c’est Khana... !’

 

A Suivre...

Par Camus - Publié dans : littérature - Communauté : Dialogue
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