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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 10:22

Djerba.



 

 

Nous quittons Matmata en direction de Djerba. Ma carte numérique est déjà pleine et j’ai du mal à la remplacer par une autre que j’ai en réserve. « Elle est falsifiée »,  me dira un photographe de Gabès deux jours plus tard.  Mes prochaines photos je les prends à l’aide de mon mobile, mais elles sont de moindre qualité.


Deux motocyclistes et une voiture de La Sécurité Intérieure nous précèdent. Je suis très ému, je ne m’attendais pas à cette escorte ministérielle. Mon cœur bat à grands coups. Notre bus est le seul autorisé à monter sur le bac pour la traversée de la mer jusqu’à l’île de Djerba. En Tunisie, le gouvernement tient à la réussite du pèlerinage de La Ghriba, prémices de la saison touristique. La Police fait tout pour que la Ziara soit couronnée de succès. Les policiers font signes et gestes pour que la route soit libre, à notre passage.


La Ghriba, Synagogue située  le village d’Er-Riadh, de son ancien nom Hara Shira. La Synagogue  la plus ancienne en Afrique, où se rassemble la communauté juive de Djerba. L’Ile du Sud qui abritait il y a des décennies de cela la plus grande communauté juive de Tunisie.  On se retrouve à la Ghriba ce soir, le 11 mai 2009 pour prier, faire des souhaits à notre chère famille et à nos amis.


La Ziara se déroule le 33e jour après Pâques, à Lag Bahomer. La tradition dit que naguère venaient à la Ghriba des jeunes gens des environs pour  chercher une compagne ou un compagnon.  


Sont là des pèlerins de tous les pays d’Europe, France, Allemagne, Grande-Bretagne, de Tunisie et d’Israël. J’ai rencontré aussi des Suédois et d’autres venus de Québec. J’y ai retrouvé un ami d’enfance.  Ceux qui font le plus d’ambiance sont des jeunes de Zarzis. Je suis à la recherche de mon ami Haï-Khamous Mazouz de Hara Kbira. Je le connais pour avoir lu ses articles sur la Paracha de la semaine dans son blog à Amit.   Je le retrouve de manière imprévue :

Voyant deux jeunes gens à travers la fenêtre ouverte, je leur demande s’ils sont du pays.

- Nous sommes de Zarzis, est leur réponse. 

- Je recherche un ami,  Haï-Khamous.

- Lequel ?

- Haï-Khamous Mazouz est son nom.

- Nous le connaissons. Voulez-vous lui transmettre un message ? Ah ! Tenez le voici.

C’est ainsi que je retrouve avec joie un ami que je n’avais jamais vu ni connu auparavant.  Sitôt nous faisons l’accolade comme deux vielles connaissances.


Le lendemain je pose les phylactères sur mon bras gauche et mon front, pour une prière. C’est à ce moment que je retrouve Max Chelly mon voisin de Moulinville. Rencontre très émouvante, après 53 ans.


Une belle ambiance, des chanteurs dont Moshé Guöat d'Israël, une kermesse, de la boukha qui coule à flots et de la boutargue qui est mangée avec plaisir.


Le pèlerinage débute avec la procession suivant la Ménorah à sa sortie de la Synagogue, décorée de foulards noués et suivie des souhaits et espoirs émis par les pèlerins pour la santé, la prospérité et l’enfantement. Elle est accompagnée des hululements des femmes et des chants. La Ziara se termine avec l’entrée de la Ménorah à La Ghriba. L’heureux élu qui a le privilège de l’introduire aura acheté cette Mitzva aux enchères.  La Ghriba, le 11 et 12 mai 2009.













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commentaires

AB 11/09/2011 23:59



Merci Camus pour avoir décrit ton voyage dans cette île de toutes les tolérances et de la vie d'amitié et de partage inter religions.


Les choses ont changés, mais le souvenir tenace de mon enfance parmi ces îliens qui savaient partager et vivre en harmonie me poursuit.


Je revois toujours Djerba de ma petite enfance, île de mes arrière grands parents, des souks et des communautés de la Hara ou nous nous rendions pour faire des courses, acheter des étoffes et
autres menues choses.


Je revois toujours pres de la Griba cet olivier qui avait dit on, deux milénaires, la ferveur des pelerins et la douceur de ces jours de bonheur.


Je revois aussi avec appréhension le passage du Djorf sur deux barques arrimées par deux rondins et ou s'entassaient toutes sortes de gens, de poules et d'animaux pour cette traversée sur mer
foncée a cause de la profondeur car a cette époque la chaussée Romaine n'existait pas encore.


Les poissons, la boutargue, les beignets...que de bons souvenirs.


Ton ami AB.



Camus 12/09/2011 09:51



Bonjour mon ami AB,


J'ai retrouvé ce texte dans la corbeille des brouillons. Pourquoi était-il caché dans les bas-fonds de l'oubli ? J'ai pensé qu'il vallait mieux partager ces moments décrits en août 2009 et en
faire profiter mes amis effaàant ainsi 3 ans de cachot.


Je me souviens que tu parlais souvent de Djerba, de tes arrières grands-parentents... Mais les temps qui ont changé, n'effaceront pas ces beaus souvenirs que tu gardes comme un rayon de soleil
dans ta mémoire. Tu as raison. tout n'est plus pareil...


Pour moi c'était ma première visite dans l'île enchantée. Manque de chance, ma carte numérique était périmée après 570 photos et celle de rechange n'était pas bonne. Il me restait mon portable
pour mettre en images ces belles vues. 


A ma montée sur le bac et au cours de la traversée,  j'ai senti une grande émotion me serrer la gorge. j'allais retrouver Djerba que je connaissais que par les descriptions des autres. Quand
j'ai appelé ma famille la nuit de notre chambre d'hôtel, je n'arrivais pas encore à parler, tant mon émoi était grand. Ton ami Camus.



Marcel (Fafouin) 23/08/2009 11:21

Bon matin Honorable tout Camus,

Grands mercis pour cette Visite à Djerba à la Ghriba !

Quelles Merveilleuses Rencontres qu'avez-vous faites !

Photos superbes: Le Soleil, la Place publique et quelques Poissons... à déguster avec du Vin... Rouge ?

Amitiés chalom ! - 23 août 2009 / 3 eloul 5769 -

Camus 23/08/2009 12:24


Bonne journée Grand Frère Honorable Marcel,

J'ai été très ému en entrant à Djerba. Le soir en téléphonant à ma famille je n'arrivais pas à

parlér, j'avais la gorge serrée d'émotion.

Ah ! Les pioissons, je n'avais pas vu les rascasses depuis 1956 quand j'ai quitté La Tunisie.

De même que les pataclés, ces poissons que tient le poissonnier en tablier blanc. Il les vend

à la criée. Ces poissons sont délicieux pour la bouillabaisse et le couscious aux possons.

Tu préfères le vin rouge ? Allions-y pour un Merlot.  LéHaïm ! A ta santé !


Amitiés chalom ! - 23 août 2009 / 3 eloul 5769 -


vivi il diavolo 21/08/2009 17:37

Comme d'habitude Camus,lire ton article est exactement comme boire un bon vin accompagné de boutargue. le même kif

Camus 12/09/2010 11:42



Ou boire la boukha avec cette même boutargue et des kémias...



Morgane 19/08/2009 11:02

Coucou p'tit Camus,
Quel merveilleux voyage, merci pour le partage... Je ne connais pas ce pays peut être un jour qui sait, mais avant j'irai d'abors visister Israël.
Les photos sont super belles, on s'y croirait vraiment ça tombe bien, car il fallait que j'achète un autre plat à tajine, j'ai cassé le mien (rire).
gros bisouillous @ toi et à très bientôt

Camus 19/08/2009 17:47


Bonjour jolie fée,

Tu verras maes albums dans la marge à droite. Un beau voyage que j'écris aussi en hébreu

pour mes enfants, petits enfant et amis.

Que chacun profite. Tu as vu les beaux poissons ?

Ils feraient bien sur ma table, avec une

bouteille de vin blanc.

Gros bisous, au revoir