Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 02:50

Les guerres contre les Grecs

En 480 J-C, Carthage, battue à Himère par Gelon, tyran de Syracuse, évacue la Sicile à l'exception de Motye, tandis que la flotte perse, en grande partie formée de contingents phéniciens, est écrasée à Salamine. Les rois Magonides se replient sur l'Afrique et mettent leur territoire en valeur. Le roi Hannon dirige deux expéditions maritimes de prospection, l'une vers l'Afrique tropicale, l'autre vers la Grande-Bretagne, afin de trouver les ressources minières nécessaires au développement de l'industrie lourde naissante.


À la fin du Ve siècle avant J-C, la guerre éclate de nouveau en Sicile contre les Grecs ; les Carthaginois s'emparent de Sélinonte, Agrigente et Gela, mais Denys de Syracuse regroupe les Hellènes et le roi Himilcon échoue devant Syracuse. Les Magonides, attaqués par les aristocrates, propriétaires fonciers qui souhaitent la paix, voient leur pouvoir décroître. Une révolution religieuse porte alors Tanit Pene Baal au sommet du panthéon punique, à la place de son parèdre Baal Hammon qui est relégué au second rang ; et, au tophet, des stèles d'inspiration grecque ornées de symboles, dits « signes de la bouteille et de Tanit », remplacent peu à peu les anciens cippes votifs dédiés à Baal Hammon, en forme de trônes et de chapelles égyptisantes. Le culte grec de Déméter est introduit en 396 avant J-C. Vers 380 avant J-C, la noblesse se débarrasse définitivement des Magonides et institue le tribunal des Cent-Quatre qui surveille étroitement les généraux, substitués aux rois à la tête des armées. Le pouvoir réel est aux mains de comités secrets peu nombreux qui se recrutent par cooptation. Vers 360 avant J-C, Hannon le Grand, chef du parti « nationaliste », essaie vainement de renverser le régime oligarchique.


La lutte contre les Grecs de Sicile devient moins âpre après la mort de Denys Ier (367 avant J-C). La diplomatie carthaginoise suit de près l'évolution de la situation en Italie péninsulaire ; en 348 avant J-C, la vieille alliance avec Rome est renouvelée ; cette dernière en profite pour subjuguer la Campanie et le Latium. Carthageincite ses alliés étrusques à conserver la neutralité pendant les guerres samnites ; elle finira par sacrifier l'alliance tyrrhénienne à l'alliance romaine. Cependant, les Grecs reprennent l'offensive en Sicile avec Timoléon, qui inflige une grave défaite à l'armée punique au Crimisos (339avant J-C), et surtout avec Agathocle, qui prend le pouvoir à Syracuseen 312 avant J-C et débarque en Afrique en 310 avant J-C. L'invasion provoque des troubles religieux et politiques graves à Carthage, et le roi Bomilcar tente vainement, une nouvelle fois, de renverser le pouvoir oligarchique (307 avant J-C). L'échec d'Agathocle et de Bomilcar permet au régime oligarchique d'atteindre son apogée, qui durera près d'un demi-siècle (307-263 avant J-C). Inquiétée un moment par l'impérialisme macédonien (Alexandre prend Tyr en 332 avant J-C), Carthage conclut une entente économique profitable avec la dynastie lagide qui domine l'Égypte, la Palestine et la Phénicie. Elle accueille largement les influences grecques venues de Sicile, d'Italie méridionale et d'Égypte. Aristote, qui étudie sa constitution vers 330 avant J-C, la compare à celles des cités grecques qu'il considère comme les mieux gouvernées. Dominant économiquement la Méditerranée occidentale et entretenant de bonnes relations avec l'Orient, l'État punique jouit d'une grande prospérité.

Les guerres contre Rome

Cette situation est gravement ébranlée par la première guerre avec Rome (264-241 avant J-C). Carthage et Rome s'étaient encore entendues pour éliminer Pyrrhos d'Épire qui tentait de relever l'hellénisme occidental (278-276 avant J-C). Mais Rome fut entraînée par ses associés campaniens à prendre pied en Sicile. Le gouvernement punique ne sut ni voir venir le péril, ni le conjurer à temps. Dès les premières années de la guerre, il perdit la province sicilienne, à l'exception de quelques places fortes, et subit même de graves défaites navales (Myles en 260 avant J-C). En 256 avant J-C, Regulus renouvela la tentative d'invasion d'Agathocle. Il échoua ; mais la guerre, en se prolongeant, ruina l'économie de Carthage qui dut accepter la paix en 241 avant J-C.

Cet échec provoqua la chute du régime oligarchique. Une révolte sociale menée par les mercenaires menace l'existence même de Carthage. Elle est maîtrisée par Amilcar Barca, général qui s'était illustré en Sicile et qui mit fin au régime aristocratique. Carthage sera désormais gouvernée par deux suffètes, élus annuellement par l'Assemblée populaire devenue souveraine. Au lieu d'établir sa dictature en Afrique, Amilcar préfère fonder en Espagne un État théoriquement soumis à Carthage, mais dont il est le maître et où il trouve les ressources nécessaires à la revanche contre Rome.

Après sa mort et le règne de son gendre Asdrubal, ses projets sont réalisés par son fils Hannibal. Celui-ci projette de séparer de Rome ses alliés de Campanie et d'Italie méridionale, en ébranlant la Confédération italique avec l'aide des Celtes. Il est tout près du succès après la victoire de Cannes (216 avant J-C) qui entraîne la défection de Capoue, Tarente et Syracuse. Mais, isolé par la défaite de son beau-frère Asdrubal vaincu et tué à la bataille du Métaure, affaibli par les défections des Campaniens et des Apuliens, il ne peut assiéger Rome. Une armée romaine conduite par Scipion s'empare des possessions espagnoles de Carthage, passe en Afrique, et Hannibal, contraint de quitter l'Italie, est écrasé à Zamaen 202. La paix est signée, la puissance de Carthage détruite à jamais. La troisième guerre punique éclate en 148 avant J-C et, en 146 avant J-C, Scipion Émilien rase Carthage.

(A suivre)

Mes-images-a-partir-de-juillet-2009_5132.jpg

Selon : http://www.harissa.com/news/article/histoire-de-carthage

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Djemaa 21/01/2014 10:15


Bonne année 2014 avec autant d'articles que lors de l'année précédente ! Pascal.

Camus 21/01/2014 11:04



Bonne année 2014 Pascal, avec beaucoup de joie et de bonheur en plus des articles...