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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 17:55

delouya

par David Elmoznino

Nous étions des garçons, des filles, jeunes et beaux tous affiliés à l'« Achomer Atzaïr »*: il y avait Rony, il y avait Arrik, il y avait Bouzaglo, il y avait des blondes et des brunes, ce fut un temps haver…

Mais attendez, je commence par le début, vous comprendrez…

Carmïa est un kibboutz au sud d'Israël, une quarantaine de kilomètres au nord de Gaza, sur la route d'Ashkelon. Le kibbboutz fut fondé en 1950 par des haloutzim ressortissants du Nahal*, originaires de Tunisie et de France.

En 1952 une divergence de vue politique scinda le parti parrain Mapam. 

La controverse continuant au sein du kibboutz 22 membres se sont vus obligés de quitter le village communal. Carmïa fut plongé dans une profonde crise de main d'œuvre et  mentale. En 1954 un noyau de jeunes israéliens « Gadish » vint renforcer et complémenter la commune, et il fut suivi par d'autres groupes d'Argentine, du Maroc et d'Israël, tous ressortissants du Mouvement de Jeunesse « Achomer Atzaïr ».

Il y eu aussi pas mal de nouveaux non organisés, venus en privé.

En 1962 beaucoup de jeunes Marocains de 16 ans ou  plus sont venus en Israël faire leur Alya. Leur début en Terre Promise s'avéra dur : le déracinement et l'éloignement de leurs familles leur pesaient.

La situation en Israël en ce temps-là était plus difficile à supporter qu'on ne pourrait le raconter ou l'imaginer…  Les jeunes ont toujours rêvé de venir vivre au kibboutz et  y fonder un foyer. Le kibboutz était la solution normalement souhaitée : se rapprocher de la terre, y planter des racines, y réaliser l'idéal du sionisme-socialiste : la fondation d'une société d'égalité sans écarts sociaux, sans différences entre riches et pauvres. Tout se partage, le travail et l'usufruit du travail.

Ici : Chacun donnera selon ses moyens et chacun recevra selon ses besoins.

Le matin on se lève et on va au travail et le soir on se réunit à la salle à manger où en dehors des repas on se réunit pour échanger des idées, éclaircir de points de vue ayant trait à la commune et aussi pour les divertissements, les distractions c'est le coin culturel, si l'on veut…  

Ô  ce n'était facile au début : l'habillement était tout simple, la couleur  kaki était prépondérante; les repas sobres  basés sur les légumes, les olives, le pain, la soupe et la viande en petite quantité vu le régime d'austérité dicté par les possibilités du moment.

Nous avions les jambes écorchés par les épines et des plaies visibles n'étaient pas belles à voir. Les anciens nous disaient à ce propos :

« Vos membres devraient s'habituer au travail des champs, et vous apprendrez à prendre garde…»    

Après la Guerre des Six Jours en 1967, ayant atteint l'âge de 18 ans, des jeunes  Juifs Marocains ont fait leur Alya dans le but de rejoindre le kibboutz Carmïa. Là ils se sont intégrés comme havérim*  et parallèlement à des études à Nataniya et à Haïfa  ils ont servi au Mouvement de Jeunesse « Achomer Atzaïr » comme moniteurs au terme de leur service militaire.

Les anciens nous ont dit :

« Israël a besoin d'agriculteurs, d'ouvriers pas de fonctionnaires. Chacun doit se donner au labeur. Quand on se donne corps et âme au travail, on s'y attache et on ne sent même pas le temps passer.» c'est ainsi que nous avons respiré le premier souffle d'air pur au pays de nos aïeux, comme le bébé tête le lait du sein de sa maman instinctivement,  c'est ici que nous avons absorbé l'hébreu de la mamelle de la terre que nous travaillions, dans ses sillons ses pierres et dans ses roches, nous planté nos racines.  Ici nous avons couru et parcouru ses prairies.

Et le soir sur la pelouse près du réfectoire nous avons dansé la hora jusqu'aux premières lueurs de l'aube.

Nous n'avons pas seulement valsé, il y a eu aussi des débats politiques, parfois des controverses  très amères dérivant du parti Mapam. Il y a eu des maladies, le malaria, la guerre avec les pays voisins arabes, nous avons été logés sous des tentes, nous avons connu la faim, le travail exténuant,  la fierté de la réalisation, l'ivresse des sens, le bonheur sublime de l'accomplissement.

« Ainsi nous créons une patrie, ainsi nous créons un peuple.»

Comment çà a commencé ?

Tout a débuté quand des jeunes ont voulu quitter les ma'abarot * et s'affilier au kibboutz. De temps en temps arrivaient  à la ma'abara des envoyés du kibboutz à bord d'une camionnette afin de chercher des jeunes gens aptes à être havérim au kibboutz.

Des  garçons et des filles les attendaient près de la baraque servant de bureau à la direction de la ma'abara. Qu'avaient-ils de mieux à faire à part çà ? Les messagers du kibboutz appelaient les jeunes en les appelant de leurs noms et prénoms. Ces jeunes nouveaux émigrants venus de pays arabes et d'Afrique du Nord ne savaient rien concernant le kibboutz, ce qu'ils savaient intuitivement, c'est que çà valait mieux que la ma'abara où l'on s'ennuyait à mourir et qu'il fallait quitter au plus vite. Le plus vite serait le mieux.

Ils ont enfin décidé, ils vont au kibboutz :«  le kibboutz Carmïa » C'est bon, dit-on. On monte sur le camion, on s'assoit sur des bancs dépliants, le camion aurait servi on dirait au transport de poules, si l'on juge selon les plumes éparpillées un peu partout.     

Nous avons compris que nous serons bientôt arrivés au kibboutz, lors de la traversée d'un bois de pins qu'un sentier divisait en deux. Nous descendons enfin. Une sérénité d'après-midi nous enveloppe. Nous nous asseyons sur le gazon et attendons. Un jeune homme en short et la chemise bleue ouverte sur une poitrine musclée nous souhaite la bienvenue et commence à nous donner des explications sur le kibboutz qui nous accueille. Il est sympa. Tout en lui exhale la santé et le bien-être. Nous lui ressemblerons à la longue en restant au kibboutz…   

Mais à la longue…

 « Nous n'avons pas été les bienvenus au kibboutz, tel est notre sentiment en tous cas. »

Au Maroc nous n'étions pas  habitués au travail physique dans les champs, nous avions des cloques dans les paumes des mains et les jambes, mes frères, les jambes aïe, aïe, aïe ! Ce n'était pas du gâteau. Arrik et Rony habitués à la culture physique tenaient le coup bravement et nous encourageaient :

« Nous ne sommes pas venus au kibboutz pour pleurnicher comme des fillettes clamait Arrik. Nous sommes les nouveaux piliers de Carmïa. Détendez-vous et écoutez  Rony.»

Rony nous entraîne la nuit tombée à notre cabane, notre Club. Nous avions pris l'habitude de nous y rendre chaque soir quand l'obscurité couvre de son manteau noir le large espace nous séparant des habitations du kibboutz. Chaque soir nous y arrangeons les chaises  en cercles, une tribune improvisée – de caisse d'oranges vides   est élevée au milieu. Show… Show… Danses, hora, krakoviak, applaudissements à Rony. Rony sort sa guitare de son coffret bleu et entonne un chant d'Avi Tolédano, un autre jeune marocain venu depuis peu en Israël : 

« C'est la Hora : hey !

La Hora avec le : hey !

Le son montait : hey !

On la dansait sans arrêt   

Sans se fatiguer hey !

La Hora avec le : hey !

Son rythme remplissait

Mon cœur à jamais…»

 

 

***

Il n'en faut pas plus pour remonter le moral au top. Ensuite Arrik joue de la darbouka des sons connus, Rony l'accompagne de la guitare, puis le laisse tambouriner à sa guise… je ne connaissais pas à Arrik cette virtuosité dans le darboukage… Ah ! Mes amis, si vous étiez là ! Arrik chuchote quelques mots à Rony qui  de sa plume gratte sur les cordes de sa guitare les notes d'un chant français de Jean Sablon : « Nous allions à Cuba / Carmïa…»

Nous sommes des garçons des filles

Tous adeptes à l'Achomer Atzaïr

Nous aimons tous  Carmïa à la folie

Bouzaglo, Arrik, Bouskila, David  et Yaïr…

La vie aurait été si belle si le ce  n'était 

La tourïa,  le travail dur par le Diable envoyé

Pour nous énerver…  (original : http://paroles.zouker.com/aime-barelli/voyage-a-cuba,209316.htm)

***

Ces soirées au Club nous remontaient le moral en heigh… Bouzaglo nous chantait des chants en arabe-marocain dont il se souvenait, Rony grattait sur sa guitare de ses gestes mélodieux et surs, plein de chaleur des interprétant des chansons françaises. Arrik plein de verve sur sa darbouka semblait sortir d'un conte des Milles et Une Nuit. Je ne leur savais pas tant d'adresse. Quelles soirées inoubliables !  Nostalgie de ces temps si vite passés. On trouvait que c'était dur, mais oin voudsrait revivre ces moments...  

Les jours et les nuits d'autrefois…

Une jeune fille s'est mise à se trémousser dans des mouvements de danse orientale, le batteur accroît le rythme. Un moment, Rony ressent une fascination de satisfaction l'envahir ; le visage de la danseuse s'embrouillent  à sa vue et il n'aperçoit qu'une longue tignasse de cheveux blonds s'envolant follement au fur et à mesure que le rythme de la danse s'affermit.

Parfois les havérim apportent des aliments pour un repas frugal, composé de ce qu'ils ont trouvé au réfectoire. A ces moments ils se sentent dans un monde bien à eux, bien loin du kibboutz. Les anciens ne voient pas d'un bon œil ces fugues et lancent des piques, les moniteurs sont fâchés :

« Nous avons pensé faire de vous des personnes bien et voilà le résultat : Qu'est-ce que c'est ? Un café maure »?

Il y avait des brunes, des blondes…

A.Elle avait un ami, un membre du kibboutz et elle se comportait comme si elle était Miss Israël, comme si le monde était à ses pieds, comme si les frontières n'existaient pas pour elle, elle étalait dans son sourire sa confiance en elle, elle était si sûre d'elle... Ou bien était-ce pour masquer son désarroi, sa confusion ?  Ses camarades nouveaux venus la regardaient avec étonnement, d'après eux l'amour fait souffrir, et cette souffrance est la clef du mystère...  Ses camarades répondaient d'un hochement de tête à son salut, ils souriaient d'un sourire entendu, comme s'ils pensaient quelle déraillait. Ils lui faisaient mal et elle en était contrariée. 

Elle n'avait plus confiance en personne. Jamais elle n'oublierait la désillusion, l'humiliation. Elle pouvait se regarder devant un miroir, elle n'avait rien à se reprocher… Elle était sûre qu'il l'aimait pour ce qu'elle était, pour sa personnalité,  que c'était  son individualité qui a  conquis son cœur, car nos moniteurs disaient toujours que la personnalité domine toujours le caractère…  Rony avait une autre idée : sa peau éclatante de brune, ses seins hauts défiant l'univers, sa taille fine et haute, la cambrure de ses hanches tout lui donnait l'air d'une starlette… Mais le kibboutznik* snobe l'épouserait-il, elle la fille de la ma'abara ? Il tire profit de sa jeunesse, de son innocence, de son manque d'expérience, jouit d'elle, mais passera sa vie sans elle.

Elle pensait que venant la visiter très souvent dans sa chambre, passant ses loisirs avec elle, la caressant de ses yeux et des mains, l'entourant de ses bras et la plongeant dans un gouffre de plaisir, il ne pouvait être autrement qu'amoureux d'elle ? Mais elle ne savait rien des rumeurs courant dans ce village communal où tout se sait, où rien ne se cache, de ce petit monde crétin où les anciens se croient être natifs de Santa Maria… Ces havérim du kibboutz voyaient d'un mauvais œil ce lien entre l'un des leurs avec l'étrangère…  Est-il devenu fou pour s'être entiché de cette noire ardente ?

« Il veut m'épouser » disait-elle très sûre d'elle.

Très confiante en elle, de son corps. Elle semblait confiante et aimait découvrir des nouvelles impressions. Elle aimait écouter sa musique préférée, elle embellissait de jour en jour et devenait pour ceux qui l'admiraient une princesse. Elle savait qu'on la suivait des yeux, des regards qui semblaient lui dire :  « Prends garde ! Des fosses sombres s'ouvrent sur ta route. » Mais elle voyait tout en rose. Elle ne n'imaginait pas un chevalier galopant sur un cheval blanc, venant conquérir sa citadelle. Elle-même aimait monter les chevaux, s'en occuper et galoper en les chevauchant. Elle aimait les dessiner et les peindre en couleurs,  tant les chevaux éveillaient sa curiosité.  Elle voulait monter à cheval au clair de la lune, quérir un émoi en galopant.    

Réveillée une nuit de pleine lune, elle s'est sentie envahie d'un désir intense de monter nue une jument, de sentir le bruissement de la peau sur la peau, la fusion de la transpiration avec la transpiration, vivre ainsi son authenticité. Près de la statue d'Alexandre Zeïd, elle arrêta sa monture, se déshabilla et scruta de son regard les champs de la Vallée, aspirant l'air à pleins poumons. Au galop elle s'accole au cou de la jument, tenant fermement les rênes mais sans stimuler la bête, ayant l'habileté nécessaire à tenir l'animal à l'aise…

Elle écouta les pulsations énergiques de son cœur, clignait des yeux brillant les paupières, elle sentait chaque muscle de son corps frémir…  Quand la nuit commençait à retirer son manteau sombre, laissant apparaître les premières lueurs de l'aube, elle prit la route de sa chambre au galop…

Elle se jeta sur son lit fixant le plafond, les bras croisés derrière la nuque dans une tranquillité pondérée… Elle resta ainsi un temps indéfini, lorsque la porte s'ouvrit laissant entrer sa compagne de chambre, qui très énervée lui lança :

– Comment pouvais-tu te permettre ? Comment as-tu osé ?
Elle n'a pas eu le temps de répondre, mais a discerné le regard réprobateur, plein de dégout, accusateur…

« Insolente ! Tout le kibboutz ne parle que de çà; de ces deux nichons effrontés tressautant, de ce cul debout sur la selle, pour qui tu te prends ? N'attendant pas la réponse elle s'en alla en claquant la porte, non sans avoir ajouté avec perfidie :

« Je ne suis pas l'amie d'une putain ! Tu n'approcheras plus une jument, ni vêtue ni déshabillée…   »

Elle dit ces dernières paroles d'une irritation allant en montant, acérant de nouveau le mépris et l'humiliation. Sentant son corps tremblant de  colère, elle tourna les talons en vociférant :

« Comme une putain, comme une putain…  »

Des heures passèrent jusqu'au moment où elle réussit à se lever, s'habillant d'une robe courte et transparente, sans soutient gorge, elle sortit faire un tour de-ci de-là, entre la cuisine et la buanderie, entre les maisons d'enfants ert le garage, descendit à l'entrepôt de coton brut, marchant majestueusement… Enfin elle se rendit aux écuries, se mit en devoir de les nettoyer et de donner à manger à la jument blanche.

B. Tous les essais de Rony de plaire à la fille blonde native du kibboutz n'ont pas réussi.  Des nuits d'insomnies n'ont pas atténué son amour pour elle, l'image de son idole restait présente entre ses paupières mi-closes et l'empêchait de fermer l'œil. Non, les frissons ne le quittaient plus, ces spasmes qu'il avait ressentis pour la première fois lorsqu'il l'avait vue danser  au Club. Ces spasmes ressentis alors continuaient avec le même  éblouissement  de bonheur qui l'avait saisi d'un coup cette nuit-là au cours de la valse, un bien-être jusque là inconnu.

La flamme ressentie brulait comme un grand feu et le consumait : il fallait qu'il la retrouve, qu'il la touche, qu'il la palpe de ses mains…  Mais elle lui avait-dit :

– Non ! Et je ne veux plus avoir aucun lien avec toi…

C'était tout dit.

***

Un beau jour, un essaim de familles de touristes venus de Suisse arriva en visite au kibboutz. Au beau milieu de ce groupe, bien en vue une jeune blonde remarquable, éclatante de  physionomie comme un beau fruit au soleil. Qui oserait le cueillir ? Rony l'admira bouche bée…  

Il n'était plus question du  visage de la danseuse s'embrouillant  à sa vue, (il) n'apercevant  qu'une longue tignasse blonde de cheveux s'envolant follement au fur et à mesure que le rythme de la danse s'affermit.

Rony sentit d'un seul coup que le feu ardent qui le consumait, éteint… Un bien-être emplit sa personne, au vu de cette personne souriant aimablement… C'est la bonne brise printanière après la violence de la tempête, une musique légère allègro jouait dans son cœur, chassant le rythme fou de la danse folle du temps précédent… Une romance printanière…  

Rony resta un moment les yeux plantés dans les yeux de la princesse charmante, sa bouche ouverte n'émit aucune parole, tout charmé qu'il était par la longue chevelure blonde tombant jusqu'aux hanches de la merveilleuse blonde. Émerveillé par les grands yeux bleus largement ouverts sur un joli nez retroussé.

Son cœur battait la chamade, il ne pouvait s'empêcher de regarder ses hanches bien formées s'arrondissant avec grâce.

Il commença à l'imaginer un peu partout. Est-il amoureux ?

Le soir, une bonne brise fraîche transporta à ses narines la senteur des oiseaux virevoltant, les branches de palmier bruissaient agréablement, Rony roula sur le gazon aspirant l'odeur de la terre, essayant de ne pas penser à la belle blonde.

Leurs yeux se sont rencontrés au petit déjeuner. Au travail des champs, son image hanta son imagination sans cesse.

Le soir au Club, le moniteur souhaita la bienvenue aux nouveaux touristes, hébergés au kibboutz… et demanda aussi :

– Y a-t-il un volontaire qui voudrait enseigner l'hébreu à cette demoiselle ?

En posant cette question il désignait la blonde majestueuse admirée par notre ami Rony. Elle, la princesse, regarda Rony planta sur lui ses flèches bleues lui imposant – pour ainsi dire – de faire le premier pas, elle l'attendait ce premier  pas.

Rony s'empressa de lever la main craignant qu'un autre ne le devance. C'est ainsi que Rony devint Prof. d'hébreu par volontariat pour son plus grand plaisir. Et il enseigna si bien, avec tant de charme et de sympathie que la belle en fut séduite : beau, savant, attrayant  et si aimable…

A la fin d'un cours elle lança timidement sur sa table une feuille de papier plié en deux et se sauva avant qu'il ne le déploie : c'était le dessin en rouge d'un cœur traversé d'une flèche de couleur verte.    

Rony a compris, mais comment s'y prendre ? Se donner un rendez-vous, se promener main dans la main dans le bois ? S'enlacer au su et au vu de tous ? C'est l'amour avec ses charmantes questions, c'est le cas des nouveaux amoureux, qui essaient de comprendre ce qui leur arrive…

« Si je l'embrasse pense-t-il : je l'épouse… c'est un vœu. »

A Chavouot* Rony est au Club, habillé de ses plus beaux vêtements, elle est debout pas loin de lui. Leurs regards se rencontrent, ils se rapprochent d'instinct, ses yeux sont captifs de ses yeux, ils sont maintenant très proches, l'un de l'autre comme ils ne l'ont jamais été. Il lui tend la main qu'elle prend et tient  bien fort dans la sienne, et il ne veut plus retirer la sienne… Ses lèvres sont sèches… leurs mains se maintiennent dans un élan spontané qu'ils ne peuvent retenir… Traduit de l'hébreu par CamusIl s'approche d'elle et leurs lèvres se rencontrent, ses lèvres à ses lèvres se joignent.  

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Traduit de l'hébreu par Camus, à ta santé Arrik !

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Published by Camus - dans Souvenirs
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commentaires

avner 27/02/2016 19:17

Juste pour dire que le Kibboutz se trouve à 4 Km et non 40 !
Avner

Camus 28/02/2016 14:26

Quatre km. Juste Avner.