Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 11:09

 Histoires de rabbins


Maman qui a trouvé que la visite du rabbin n'était pas sans raison demanda tout à coup.
-- Mon fils était an classe ? En entendant cette question, j'ai senti le sol se dérober sous moi...


Âgé de deux ans maman m'emmène à l'école rabbinique (le koutab) de Rabbi Isaac surnommé Bekhor (l'aîné).

Le maître me montre les lettres :

- Dis Aleph !

- Aleph…

- Ton père vend des hlaleph (des porcs). Dis Beith !

- Beith…

- Ton père vend du Zeith (de l’huile)… Dis Gimel !   

Ces quelques mots suffisent pour m’enfermer dans un mutisme, ne voulant plus entendre la suite. Ma scolarité hébraïque fut reportée à l’âge de cinq ans. Le rabbin trouvant que je n’avais pas encore le sens de l’humour développé.

Ainsi en même temps que la maternelle, je commence  à prendre des cours chez Rabbi Isaac. J'adore ce rabbin. Notre précédent conflit est oublié, ilest si gentil avec nous que tout le   un plaisir d'être son élève est pour moi. J'avance bien, et mes progrès sont satisfaisants. Les cours ont lieu entre 11 et douze heures et  l’après-midi de cinq à six heures.

Les grandes vacances arrivent  et elles durent trois mois en Tunisie, du trente juin au 1er octobre. L’emploi du temps fixé pour ce trimestre au koutab  : neuf heures-midi et seize heures-dix-neuf.         

La renommée du rabbin lui vaut l’arrivée  de nouveaux élèves du quartier de Moulinville. Le nombre des écoliers le pousse à ouvrir une deuxième classe. Pendant les vacances scolaires, nous nous trouvons au koutab presque  toute la journée, ce qui libère ainsi nos parents du devoir de nous occuper, pouvant  se consacrer en douce aux tâches journalières.  

Rabbi Isaac est  aussi bijoutier, le salaire d'instituteur rabbinique n'étant pas fructueux. C'est pourquoi il prend comme associé Rabbi Khamous le rouquin. Rabbi Khamous tient les deux classes pendant l'absence de Rabbi Bekhor pendant qu’il sort pour effectuer son second métier. La tactique de Rabbi Khamous est simple : Il nous assemble nous racontant une histoire, une légende, un conte ou une aventure. Comme il a le don inné de conteur, il nous laisse en suspense retenant notre haleine pendant une heure.

L'après-midi  Rabbi Khamous  sort pour exercer sa profession secondaire, égorgeur de volailles et il est  sollicité de partout. C'est alors que Rabbi Isaac le remplace : il nomme  des surveillants parmi les anciens qui se font un plaisir de servir de moniteurs. On se plait si bien dans cet institutions, que la recréation de midi pour le repas et la sieste nous semblait trop longue.

Plus tard, ces deux rabbins se retirrent de l'instruction et laissent la place à Rabbi Abraham. Ce dernier habillé d'un éternel manteau de mode écossaise, très voyant  avec ses couleurs vives rouge et noire, ce qui est chose rare dans les années fin 40, début 50.

Ses méthodes pédagogiques rappellent celles des instituteurs de l’époque, il est strict et sévère. Son bouc émissaire est  Lalou (Bismuth, je crois). Les coups étant permis dans le temps, çà n’étonne personne que son arme favorite est un mouchoir noué au bout et le nœud mes amis, celui qui le reçoit sur les fesses, ne demande pas son reste.

J’ai assisté à la punition extrême, la falouka, lors d’un voyage à Gabès : l'élève puni a les  deux chevilles liées ensemble et il reçoit des coups de baguette sur la plante des pieds, le nombre de coups variant  selon la gravité du délit. Mais je n’ai jamais vu ce châtiment effectué dans ma ville, Sfax.

J’ai droit à être puni moi-même par le rabbin-instituteur, pour la bonne raison que mon petit frère Simon tombe un jour du banc sur lequel il est assis. Pas de ma faute, il faut le dire, jn'étais pas là, j’avais été envoyé antérieurement  appeler la mère d'un enfant turbulent.


Pas étonnant en somme que lassé des procédés pédagogiques du maître, je rate le cours du matin, un beau jour  (on disait chtrâter l'école, rater avec intention). Faisant l’école buissonnière je tourne toute la matinée, pour revenir à la maison à midi. De même l'après-midi, et de même le lendemain, toute la journée.
Le soir du deuxième jour, je vois avec effroi le manteau bariolé du rabbin dans le quartier. Il s’arrête devant un étalage de fruits et légumes, ce qui me calme un peu.

Peu de temps après, Rabbi Abraham fit son entrée chez nous. Je tremble de peur. Mais le rabbin ne fait aucune allusion à mon absence et je lui en suis gré. Il s'assoit, demande un café à maman, une cigarette à papa et il ouvre un livre et se met en devoir de me faire des répétitions.

-- Miha, ton fils fait des grands progrès, depuis qu'il est chez moi. C'est un plaisir de l'instruire.

Des progrès ? De quels progrès parle-t-il ? Sottises, oui. Depuis que Rabbi Isaac et Rabbi Khamous sont partis,  mon assurance tombe à l’eau, je commence à m'embrouiller et à bafouiller dans la lecture des Lettres Saintes

Maman qui trouve  la visite du Rabbin insolite et ne peut se faire sans raison plausible, demande tout à coup, ( et je  sens  mon cœur défaillir) :
-- Mon fils était en classe ?
-- Quand ? Aujourd'hui ou hier répond le sournois, par une question.
-- Hier et aujourd'hui, interroge maman. Les oreilles de papa se dressent, les miennes rougissent. J'aurai voulu que le sol se dérobe sous moi, disparaitre sous terre...

-- Je ne mentirai pas. Mais à condition que vous ne touchiez pas ce pauvre gosse répond le sadique :   ni hier matin, ni hier après-midi, ni ce matin, ni...

Il pourrait me faire un rabais. Pourquoi insister sur les détails ? Je ne vous dirai pas la suite, je passe un mauvais quart d’heure et un peu plus même. Je ne reçois pas de coups, mais c'est tout comme : la honte, le remords et les sermons font leurs effets.

J'en tire une morale: si vous avez mal, si vous êtes au bout du rouleau, parlez-en avec papa ou maman, vous éviterez des conséquences sévères.  


Pourtant la chance sourit à Rabbi Abraham. Quand sa fille aimée se marie, il lui achete comme cadeau de noce un dixième de billet de la loterie nationale. Et devinez qui gagne le dixième du gros lot ?  

Oui, la fille aînée du Rabbin. Ce rabbin doit être  un saint que le ciel rembourse.

Et quand la cadette du rabbin se marie trois ans plus tard, devinez ce qu'il lui offre comme cadeau de noces ? Vous donnez votre langue au chat ? Eh bien ! Elle  reçoit comme dote un dixième de la loterie nationale.

Et vous savez qui  gagne le gros lot? C'est... la cadette du rabbin.

Alors si quelqu'un me dira que Rabbi Abraham n'est pas en  ligne directe avec la chance, alors il aura tort.

 

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Par Camus - Publié dans : La Tunisie, mon pays natal - Communauté : Souvenirs de Tunisie
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Commentaires

Tu connais la véritable origine de Noël ?
Sur mon blog...
Je lirai ton commentaire avec plaisir.

Commentaire n°1 posté par Nina Padilha le 01/12/2011 à 11h57

Je lis dans Internet :

 A Rome, l'Église a choisi  le 25 décembre pour célébrer la naissance de Jésus, sans doute pour faire pièce à la cérémonie païenne de la naissance de Mithra. Vers 330 ou 354, l'empereur Constantin décida de fixer la date de Noël au 25 décembre. En 354,  le pape Libère instaura la célébration du 25 décembre qui marque le début de l'année liturgique. Cette date a une valeur symbolique. En effet, en s'inspirant de Malachie 3/19 et Luc 1/78, on considérait la venue du Christ comme le lever du "Soleil de justice". La fête de Noël célèbre ainsi la naissance de Jésus soleil de justice.

http://catholique-nanterre.cef.fr/faq/fetes_noel_fete.htm#origine

Réponse de Camus le 01/12/2011 à 12h39

Je le sais et c'est ce que je dis.
Tu aurais pu mettre cela sur le blog...
Bisous !

Commentaire n°2 posté par Nina Padilha le 01/12/2011 à 12h43

J'ai mis le lien dans ton blog

Bisous

Réponse de Camus le 01/12/2011 à 13h37

Khamous la india = figue de barbarie

Bismuth : marque de suppositoires

Commentaire n°3 posté par duranton le 01/12/2011 à 14h07

Karmous = figue de barbarie, pas Khamous.

Réponse de Camus le 02/12/2011 à 08h41

... je dis que les fils des ténèbres sont plus éloquents que les Fils de la Lumière et que vous devriez être un peu plus humble car que vous le vouliez ou non Jésus fait partie de votre famille et que je sache il est bien le seul à avoir dit '' aimez vous les uns les autres '' ... quelle importance une date ou une autre ? quelle importance qu'à l'origine il y ait eu une fête païenne ? on pouvait choisir une autre date ce n'est pas là l'essentiel vous devriez un peu plus vous cultiver cher ami plutôt que de blasphémer ! vous ne savez donc faire que cela ?

Il est avec nous jusqu'à la fin des temps et même si les médias font tout pour casser la chrétienneté elle ne disparaîtra pas ... dormez tranquille et que Dieu vous pardonne et vous bénisse

Commentaire n°4 posté par soledad le 01/12/2011 à 18h51

Vous dites : "dormez tranquille et que D-ieu vous pardonne et vous bénisse"Merci on voit que vous êtes une personne de bien.

Jésus fait opartie de notre famille bien sûr, puisqu'il était Juif et a été crucifié en tant que Juif. Je vous dirais la vérité : à mon avis les trois confessions du Livre se valent, tant qu'elle prêchent la solidarité, la charité et la paix. Rebbi Akiba a dit : "Aime ton prochain comme toi-même, c'est une règle de la Thora".

Hélas les guerres de religions ont fait tant de victimes. Les catholiques contre le protestants, l'Insquisition en Espagne, puis au Portugal, les pogrommes contre les Juifs au cours des siècles et contre d'autres minorités ethniques, ce n'est pas nous qui avons inventé çà au nom de D-ieu.

Chalom est son Nom, La Paix. 

 

Réponse de Camus le 02/12/2011 à 08h53

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