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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 12:44

L’ombre d’Éden. 

 

Eden a dépassé les bornes et les limites de la patience de notre ami Ami.  Tout aurait était si beau, si ce n’était cette apparition indéfinissable d'Eden, et cette voix splendide...


Assis sur le banc de David - ainsi dénommé romantiquement par les anciens élèves de  l’école -, deux jeunes  et nouveaux amis se tiennent les mains, la jeune Marocaine et moi le nouveau Tunisien, les visages tout proches  l'un de l'autre, comme chanterait Georges Brassens  :

" Banc public… banc public... "


Ce qui veut dire dans l'argot du pays, que leurs lèvres se joignent et qu’ils échangent 
tout simplement leurs premiers et interminables baisers. Amir demande :

-- Tu m'as choisi un nouveau nom ? Dis-moi vite ton choix. Je donne ma langue au chat.
-- J'ai transformé ton pronom : Au lieu d'Amir tu seras, rien que pour moi : Amour parce que c'est l’amour que tu m'apportes par ce beau printemps.  Tu es d'accord ?
--  tout à fait ! Tu ne pouvais pas trouver mieux. Je ne suis pas étonné par ta finesse.  


 
:


Puis pour ne pas attirer l’attention ils chantent  des chansons en vogue.  Amir entonne, grattant une guitare invisible :

— Mon pote le gitan est un gars curieux...

— Mon pote le gitan est un gars curieux... chante en écho, à son son  grand étonnement, une voix de soprane splendide. Ses oreilles se dressent, tel un lynx aux aguets. Il fouille les alentours des yeux, mais il n’y a personne. Claudie prétend n’avoir rien entendu. Elle entoure son cou de ses bras doux et s’endort d’un bon sommeil.

Amir tout à ses réflexions,  pense à sa première journée en France. Il est très heureux, dans ses bras repose cette beauté, on l’a fort bien accueilli, et puis... Plus de compte  à rendre à quiconque ni à Tel, ni à Untel, ni pantalons à bretelles. Tout cela c’est du passé, vive la liberté. Hurrah !... Hurrah !...

C'est tout comme des éternemlles vacances. A bas les analyses, les verbes et les dictées...Tout aurait était si beau, si ce n’était cette apparition indéfinissable d'Eden, et cette voix qui le poursuit dans son étreinte et ses élans romantiques. Il fredonne un autre chant, moins connu,  entendu sur un disque et  interprété par Colette Renard :

— Il était un cantonnier, il était un cantonnier...

— Il était un cantonnier, mais où est-il passé ?... répond l’écho.

Bon sang ! Cette voix est si belle, qu’elle pourrait appartenir à une vedette de l’opéra. Ah ! Cette fois, c’est plus qu’il n’en faut. Eden a dépassé les bornes et les limites de la patience de notre ami Ami, Amour pour Claudie seulement. Car il sait, il devine qu'il s'agit d'elle.

Il se retourne, un clair de lune illumine l’espace d’une seconde la silhouette d’Eden, habillée d’une longue robe sombre. Elle s’éloigne, ses longs cheveux châtains volant au vent. Vingt secondes plus tard, la porte d’entrée claque, poussée par le vent. Entre les deux battants Amir trouvera  un peu plus tard, un triangle d’étoffe noire, sans doute coupé par le claquement de la porte subitement renfermée.  

Amour et Claudie se quittent en unissant leurs lèvres pour  un dernier baiser. Claudie heureuse pénètre dans la chambre partagée avec d’autres filles. Amir sourit satisfait. Il  ne va pas s’ennuyer, à Gimont. Ah ! Non ! Dans l'encoignure du hall Eden comme un hibou sur sa branche  perché,  les épie.

Eden est-elle la chanteuse à la voix de soprane ? Amir a reconnu sa silhouette. Pourquoi prend-elle nos amoureux en filature ? Lisez notre 3ème épisode : premiers jours à Gimont.

A paru dans :http://tunecity.net/fr_art_gimont_l_ombre_d_eden=918.html?var_recherche=Gimont+%3A+l%27ombrze+d%27Edenr

 

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Published by Camus - dans littérature
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