Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 17:41

Gimont.


Cette histoire est imaginée. Les personnages et les lieux  ont été créés dans mon esprit lors de mes nuits blanches.  Toute ressemblance avec des personnes et des contrées réelles serait pure coïncidence.  À bon lecteur un mashmoum de yasmine ! À bonne lectrice, un frigolo bien glacé.


Gimont : arrivée 1

batiment.jpg En mai 1956, Amir débarque à Marseille avec quelques-uns de ses amis, en direction de La Maison Bezolles, école de formation agricole tout près de Gimont, dans Le Gers. Ils sont fous de joie, l’avenir leur appartient et la liberté est là, à portée de la main. Plus de remontrances ni de remarques. Libres… Libres comme l’air qu’ils respirent,  narines grisées.  Amir moniteur des scouts au mouvement de jeunesse Dror,  est à la tête de ce petit groupe de sept Tunisiens tous âgés de dix-sept à dix-huit ans.


L’indépendance de La Tunisie vient d’être proclamée et fêtée. Habib Bourguiba débarque à Tunis et fait une entrée triomphale dans la capitale, à Sfax et dans les villes principales du pays. Il est acclamé et il répond aux ovations par des petites révérences et des saluts accentués par des hochements de la tête, les lèvres souriantes. Les jeunes Juifs sont à un moment de la vie où ils doivent décider de leur avenir : faire  partie de ce nouveau régime, ou,  étant arrivés à cette croisée-de-chemins choisir entre : La Tunisie, La France ou Israël. Le retour à Sion l’emporte  et les voici en direction de La Terre Promise. Ils embarquent  donc  sur le bateau les menant en  France, pour une laps de temps d’apprentissage des travaux des champs.


Juste après avoir mis le pied dans la ville de Marius et Olive, se sentant affamés ils vont à la recherche d’un restaurant afin d’y manger un bon plat de bouillabaisse. Première déception, ils sont  désappointés d’apprendre que cette soupe n’a rien à voir avec leur Marka Sfaxia riche en pataclés, rascasses et mulets. Ils  optent pour un bon spaghetti à la sauce. Il s’avère vite que c’est un mauvais choix,  ce ne sont pas les pâtes à la sauce bien épicée que préparaient leurs mamans. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, ils déjeunent, cette parenthèse étant ouverte, pour dire qu’ils  devraient  bien vite s’habituer à une autre cuisine, à d’autres mets et aussi à d’autres tempéraments.  Ô Sfaxien, une fois Sfaxien toujours Sfaxien.


Ils prennent le train de minuit et parviennent à l’école de préparation agricole vers le coup de sept heures juste avant le petit déjeuner. Amir a été prié de mener ce petit groupe et en arrivant il se trouve acquitté de sa mission, dorénavant terminée. La petite équipe est accueillie très chaleureusement, chacun a des égards envers eux et chacun aurait voulu leur  faire les honneurs des lieux.  Le jeune chef se  présente :

— Je suis Amir, Ami pour les amis ! Il serre des poignées de mains offertes. Le directeur et son épouse M. et Mme Gall sont si sympas !

—  Soyez les bienvenus, nous vous attendions.

 

Tout aurait pu être très agréable, s’ils n’avaient pas rencontré à la montée des escaliers une jeune fille très antipathique, nommée Éden. Un nom pareil porté par une personne si désagréable, c’est le comble. Elle ne répond pas à leur  " bonjour ", les  regarde orgueilleusement, les  toisant du haut des premières marches, d’un air dédaigneux. Elle a l'apparence d'un sac de patates et se prend pour une beauté. 

 

http://tunecity.net/IMG/jpg/marseille_vieux_port.jpgMarseille


— Quelle mouche l’a piquée cette fille hautaine ? se demande Amir.

On lui raconte qu’elle a refusé de faire ses adieux à sa maman en pleurs, lors de leur séparation au port d’Alger, qu’elle ne parle jamais à personne, mais que son travail est fait convenablement. Amir efface cette ombre de ses pensées afin de jouir de cette belle journée. On l’invite à faire une narration ce soir, et c’est ce qui va l’occuper.

— Bah ! pense-t-il, le premier abord est souvent trompeur. N'y pensons pas.


Le soir, c’est la fête. À la salle à manger, on chante, on danse, on offre à boire, des friandises, et puis arrive le moment où Amir va  prendre la parole, honneur accordé  aux nouveaux venus ou à leurs délégués. M. Gall lui a demandé d’exposer la poésie de la jeune Israélienne Rachel décédée depuis de nombreuses années dans le village Kinnereth, au bord la mer de La Galilée. Elle avait fait ses études d’agronomie en France, mais malheureusement est morte à la fleur de l’âge, sans avoir eu d’enfant. Ses poèmes sont beaucoup plus connus que son œuvre agricole, pourtant importante.

 

La présence de Claudine embrouille notre ami : son regard est envoûtant, et quand elle lui propose un biscuit fourré, sa main s’attarde sur celle du garçon. Un frisson lui parcoure l’échine,  une bouffée de chaleur empourpre ses joues, une impression d’être gauche et de timidité bizarre. Cette sensation lui était inconnue, quel bien-être, pourtant ! Cette préparation agricole promet d’être plaisante.

Son trouble est si grand et il se trompe dans le premier vers du poème :

 

Stérile

Je voudrais avoir un enfant

Coiffer ses boucles brunes

Le bercer en l’endormant

Et chanter au clair de lune.

 

***

Il s’entend dire :

 Serai-je le père de tes enfants ?

Au lieu de citer : Je voudrais avoir un enfant.


Personne par bonheur ne prête attention à cette erreur, mais Amir aperçoit un rayon  lumineux éclairer le visage de Claudine. Du coin de l’œil il remarque qu’Éden quitte la salle, de manière provocatrice, énervée sans doute des rapports se tissant entre Claudine et lui-même.


— Je t’attends à la fin de la soirée ? Demande la belle brune aux grands yeux pétillant de joie de vivre, en l’interpellant. Appelles moi Claudie.

— Bien sûr ! Nous passerons le reste de cette soirée inoubliable ensemble. Pour moi, tu es Claudie, mais rien que pour moi.

— Tout à fait d’accord. Ton nom rien que pour moi, sera A... Tu le sauras tout à l’heure.

 

L’entrée d’Amir dans ce nouveau cercle s’avère être une réussite. Il est félicité pour ses connaissances en poésie, on lui pose des questions auxquelles il s’est  préparé à l’avance : à dix-sept ans, on n’est pas Prof. de littérature quand même ! Mais sa tête est déjà ailleurs, ses pensées vont vers la belle Marocaine, Claudie.

 

Claudie l’attend. Elle lui a chuchoté au creux de l’oreille, avant de sortir : Ton nom rien que pour moi sera A... Tu le sauras tout à l’heure.

Que son sourire est enivrant. Mais que quel sera son nom choisi rien que pour elle ?


Vous le saurez en lisant l’épisode :  

L’ombre d’Éden. 

 

A paru dans : http://tunecity.net/fr_art_gimont=914.html 

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Par Camus - Publié dans : littérature - Communauté : ECRIMANIA ou le désir d'écrire...
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Commentaires

Jolie plume, mon ami !
Vivement la suite : c'est un régal de te lire !

Commentaire n°1 posté par Nina Padilha le 03/08/2011 à 10h50

Merci grande soeur, de toii çà va droit au coeur.

Réponse de Camus le 03/08/2011 à 11h06

Chalom Soleil Honorable tout Camus !

Grands mercis pour cette Beauté enivrante d'Amitiés et de Fêtes, comme à Marseilles !

Amir ? Qui est-il au juste et que fait-il de sa vie ?

Oui !    " Ô Sfaxien, une fois Sfaxien toujours Sfaxien " !

YaHou chalom Ô Sfaxiennes-Sfaxiens !  - 3 août 2011 / 3 av 5771 -

Commentaire n°2 posté par Marcel (Fafouin) le 03/08/2011 à 11h03

Chalom Honorable Soleil de Québec,

Amir est le pseudo d'un jeube Sfaxien qui a quitté La Tunisie en 1956 et a fait partie du kibboutz Parod.  Si çà te plait lis la suite, de la jeunesse, des amis, des intrigues...

Les Sfaxiens aiment la cuisine piquante et épicée... toute leur vie ils se souviendront des plats de maman ou grand-mère.

Bien le bonjour ami honorable tout Marcel. Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Vivi Victor BouhniK. Laisse lui un mot sur facebook.

Amitiés de Beersheba - 3 août 2011 / 2 av 5771 -

Réponse de Camus le 03/08/2011 à 11h20

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