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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:02

Soirée en honneur aux originaires de la ville Gabès (Tunisie)


Sylvain Chalom le Vice-Président du Conseil israélien, parlant de Gabès : Le nom de Gabès était Takapes, s'est transformé ensuite en Kapes puis en Gabès…

Le 29 août 2009 a eu lieu dans la salle Beith Hatzéhirim (Centre de la Jeunesse) une fête en honneur des originaires de la ville Gabès. Sylvain Chalom accompagné de son épouse Judith Chalom Mosès, Rubik Danilovitz' le maire de la ville ont honoré les auditeurs de leur présence, ainsi qu'André Uzan le maire de la commune Ramat Hovav.
La cérémonie est dirigée par Yossi Bar de l'association Pétanque de Beer Sheva secondé par David Maïmon celui qui est de partout et est le pilier dans chaque représentation et le moteur prodiguant son énergie à toute réjouissance concernant les Tunes. Yossi Bar devient grand-père le même jour, Mazel Tov et Siman Tov.

J'arrive à l'esplanade de la salle avant l'heure et je me trouve face à face avec Abraham Bar-Shaï une connaissance internaute. Voici une rencontre causant du plaisir, une accolade nous unit un moment en signe d'amitié et d'estime. Mais ce n'est pas tout. Mes cousins Sfaxiens, Nathanël et son papa David sont là. Nous nous voyons de loin en loin mais toujours avec joie. Ils ne sont pas les seuls à me surprendre. Arlette et Yvonne viennent à notre rencontre, ce sont les sœurs de David et tous les trois sont les fils du légendaire bedeau de la Synagogue Beith-El de Sfax, le hazan et kabbaliste Joseph (Soussou) Bouhnik. Yvonne est la maman de notre amie le célèbre écrivain Chochana Boukhobza. Pour moi c'est un moment de bonheur, et dommage qu'il s'envole vite. Mais attendez les surprises se multiplient. Janine Haddad du passage Rendu à Moulinville vient embrasser Yvonne, élève de sa classe. Yvonne a partagé avec Titoune et moi la classe maternelle chez Mme Couty. Comme le temps vite. Nous sommes restés jeunes mais que d'années nous avons sur le dos.


Janine, sa sœur et son frère étaient mes invités lors de la réunion sfaxienne improvisée en août 2008. De même que Fortunée Labi la fille du tailleur Labi de la Rue des Belges. Elle est justement assise sur le siège à côté, elle me demande :

- Vous êtes Camus ?

- Oui, et vous êtes Fortunée la fille du tailleur. Je récite : "Labi fait le bel habit, Rue des belges".

Justement je la cherchais à la demande de Marlène Cachat la veuve de Michou Cachat - décédé en décembre 2011 paix à son âme -, le fils du célèbre directeur de notre école de Moulinville.

Derrière moi est assise la fille Louzon. Elle habitait l'usine Gamrasni*, une voisine de mon épouse. Je devine qu'il s'agit de la fille d'un des trois frères Louzon, tous petits de taille, mais avec cette différence que le plus âgé Nessim était le plus petit, le plus jeune Khmimes (Petit Camus) était le plus grand, tandis que le cadet Shmimel (Petit Samuel) gardait sa place de sandwich, second selon l'âge et selon la taille. Ils roulaient à bicyclette à la queue leu-leu selon l'ordre croissant, du plus petit au plus grand. Plombiers de leur état ils occupaient comme atelier une cave de la rue des Belges, dont l'entrée était si basse qu'ils étaient les seuls à oser se baisser pour descendre les trois marches afin d'y pénétrer. Les autres préféraient parler avec Nessim à travers la lucarne à raz de sol. Des gens très aimables à mon souvenir; je les ai rencontré de nouveau à Beer Sheva.


Mon voisin de gauche est Joseph Bouhnik de Gabès. Il s'intéresse à ma personne, à mon nom et à mon adresse. Je comprends bien vite qu'il s'agit du Dr Bouhnik un écrivain qui a édité trois livres de proverbes en judéo-arabe écrits en langue arabe, en arabe avec caractères hébreu et traduits. Avec en plus leurs relations avec des sources bibliques.


Le rideau se lève et m'empêche de parler avec la petite Louzon assise derrière moi.

Toute cette entrée en matière est pour moi aussi importante que la soirée. Les amis, les voisins, les cousins vous savez, c'est tout dans la vie, chez les Sfaxiens, les copains d'abord. 

Yossi Bar le metteur en scène est de partout à la fois. Il ouvre le meeting en souhaitant une Chana Tova, une Bonne Année aux personnes présentes; il annonce la création d'une Fédération Mondiale des Juifs Tunisiens - dont nous sommes membres -  et présente ses hommages aux Gabésiens parmi lesquels on trouve des Tunes de toutes les villes du Pays du jasmin, des représentants français et d'autres affiliés par leurs mariages.

 

Yossi tient en main une baguette qu'il offre à la Présidente élue récemment, manière de dire que c'est à vous de diriger dorénavant. Il s'agit du Dr Myriam Guez-Avigal.

Cette dernière a fait paraître un livre que j'ai beaucoup aimé; il s'agit des "Chants des Prophètes". Les chants, surtout des ballades ont été chantés par des dames de Djerba et enregistrés. L'auteur qui est musicologue a écrit les chants en deux colonnes; celle de droite en judéo-arabe et celle de gauche est sa traduction hébraïque. Suivent des explications qui s'imposent et le rythme, avec solfège. J'ai émis ma déception qu'un livre si important n'ait pas été traduit en français ou en anglais. Bien de facultés s'y intéresseraient. Mais c'est une question d'argent comme d'habitude.

 

http://www.amit4u.net/vault/blogs/25976/p8290010.jpg 
 

La chorale "Oulad el Byout" des élèves du célèbre chanteur tunisien Acher Mizrahi nous présente trois chants : le premier est un chant hébreu "Lamoldet Chouvi Roni", paroles et musique de Mizrahi (1924) de qui a été plus tard transformé en chant tunisien « Lamouni ».

La chorale est composée de joueurs de pétanque dirigés par Elie Msika le Président de l'association des joueurs. Le soliste Elie Saada Hazan connu bouleverse le public en chantant le pyout « Kiddouch du vin », kiddouch  qui est aussi une glorification à la création.


C'est le moment où l'invité d'honneur prend la parole. Il s'agit de Sylvain Chalom vice-Premier Ministre, né à Gabès où il a vécu jusqu'à l'âge de cinq mois. Il a été élevé à Beer Sheva. Je me souviens de son père directeur de banque assassiné lors d'un hold-up.

Chalom nous rappelle que le Président Bourguiba a élevé la proposition de reconnaître Israël à la Ligue Arabe. Il a été hué par ses collègues auxquels il a expliqué :

- Nous n'avons pas abrité les Juifs chez nous, ce sont les Juifs qui nous ont reçus à Tarchiche (La Tunisie) où ils vivaient bien avant nous.

En effet tout le monde se souvient du récit de La Bible parlant de Jonas le Prophète venu à Tarchiche dans le ventre d'un grand poisson. Pour cette raison un tunisien sur deux parmi les Juifs se nomme Jonas. Du moins à Gabès.

Takapes est le nom libyco-berbère de la cité à son origine, la suppression du préfixe « Ta », qui en berbère est synonyme de « à », transformant ce nom en Kapes qui est transformé phonétiquement par les Arabes (qui ignorent le phonème /p/) en Kabes puis Gabès. Les Romains l'appelèrent Takapitanus. (Wiképedia et autres sources dans Internet).

Ainsi ajoute le Vice-président, les Juifs tunisiens ont adopté la phonétique arabe, Kippour est devenu Cabbour, Pourim s'est transformé en Bourim et les exemples ne manquent pas.

 

Une anecdote concernant la visite de Chalom en tant que ministre des affaires étrangères, en Tunisie il y a de cela quelques années. Le jour de son atterrissage en direct en Tunisie, devait y arriver aussi Moamer Khadafy. La tension est au point culminant des deux côtés. A la dernière heure, un compromis est trouvé et tout est pour le mieux. Les tunisiens voulant plaire au ministre israélien ont antérieurement restauré la maison dans laquelle il est né. Quant Sylvain Chalom arrive sur les lieux avec ses assistants et sa maman, cette dernière s'écrie :

- Mais ce n'est pas notre maison, c'est ton oncle qui habitait ici.

Conduisant l'auditoire au lieu où devrait se trouver sa maison, elle ne trouve rien. Il s'avère que la maison inhabitée a été démolie quatre mois auparavant. 

- Si je n'ai pas pu pénétrer dans le lieu qui m'a vu naître, j'ai au moins humé l'ambiance des alentours et aspiré à plein poumons l'air environnant. Sympa le Vice-président. Vous nous avez conquis Monsieur Chalom. Lyke !   

 Le maire de la ville Monsieur Rubik Danilowitz' est jeune mais habitué au public qu'il charme immédiatement. Il est né Cohen du côté de sa mère, tunisienne aussi. On lui fait le compliment que la ville change à vue d'œil. A chaque visite, on y voit du nouveau, un parc, une école, un théâtre. Nous lui devons cette soirée à Monsieur Danilowitzs'. Sans lui, pas de salle, pas de soutient, pas de vigiles. Et le tout gracieusement offert.

 
 
Une nouvelle chorale entre scène, celle d'une école locale. Mignons, ces enfant

Une jeune étudiante en interview avec trois personnes. La plus jeune, Tohar a dix ans. Elle a des connaissances surprenantes concernant La Shoa. Elle tient son savoir de son grand-père. Elle aimait l'écouter et lui, aimait avoir un auditoire.

La seconde personne est un homme septuagénaire. C'est Monsieur Moché Hakmon. 

Moché a vécu les émeutes de Gabès au début des années 40. Il se souvient de son grand-père nommé Moché aussi, vaguement. Mais selon les récits et les photos il était grand, fort, ses yeux lançaient des braises et sa moustache en imposait. Un héros, nous assure le petit-fils. Lors des émeutes le héros Moché court à la rescousse des Juifs attaqués. Il combat seul contre sept et c'est en traitre qu'on arrive à l'abattre. Son épouse est tuée aussi lors de sa sortie au secours de son mari. Le petit Moché reste sain et sauf, les plis de la Jebba de son papi l'ayant et couvert et caché.

Le troisième entretenu est Acher Seroussi âgé de 82 ans. Ce dernier a écrit un livre de souvenirs avec l'assistance de ses deux filles professeurs au Collège. C'est l'histoire de son enfance, du folklore gabésien, des us et coutumes juives, de la vie familiale et aussi de la création du Mouvement de Jeunesse Beithar.


Gabès se souvient de sept personnes assassinées pour des raisons raciales. Un tableau représentant un mausolée couvert d'une toile est tenu par deux jeunes filles habillées en Gabésiennes. La petite Tohar la toile. C'est un moment de tristesse. J'ai une pensée pour ma cousine Germaine tuée lors des bombardements en 1943, sa maison s'étant écroulée sur elle et sur sa famille. Reposez en paix tous les martyrs…

 

Mon ami Bar-Shaï nous présente avec images et croquis l'habit de la femme gabésienne. C'est un long tissu bariolé de 5 mètres sur 1.60 enroulé autour du corps de la femme. La dame à habiller tient le bout sur son épaule droite, une autre personne, la mère ou la sœur l'aide. Au premier le tour le textile est fixé par une grande épingle ronde nommée khlikhla, au dernier tour une nouvelle épingle fixe le tissu du côté de la clavicule gauche. Une ceinture de lin tressé tient l'habit, le sefsari à la taille. Le restant du rouleau sert de couvre-chef.

A cet habillement est ajouté une chaine de médaillons, des lourdes boucles d'oreilles, des bracelets, hdidet, aux poignets et d'autres aux chevilles nommés khakhal, le tout en or bien sûr.

Cet habit est différent de celui de Djerba et des autres villes tunisiennes et on en trouve de rapprochant seulement au Sud du Maroc. Suite à la migration sans doute.

Merci mon ami Bar-Shaï, vous avez fait là de belles recherches.

 
 
 

Le clou de la soirée est réservé à la fin. Il s'agit de la chanteuse bien connue Ety Ankry. Ses parents sont d'origine tunisienne. Ety a compris que le public est fatigué par les discours et autres sujets nous interprète trois chantsù pas plus. Le troisième est Lamouni. Il s'agit d'un noble qui aime une esclave, qui de plus est noire et on lui lance des calembours pour son choix. Lamouni : on me critique. Le noble dit : Vous me donnez tord ? Voyez à travers la prunelle de mes yeux et vous comprendrez. Plus loin : Je voudrais être un poisson nageant dans l'eau, vers toi.  

Ety étant religieuse ne peut se permettre à chanter un chant d'amour et de passion. Elle fait donc un arrangement dans son texte. D'après elle, c'est D ieu qui aimant le peuple d'Israël, même si sa peau est brune. Ne dit-on pas dans le Cantique des Cantiques : Je suis noire et je suis belle…

Plus loin dans le texte, ce n'est plus l'amant qui devient poisson mais le peuple juif qui nage dans l'eau : les poissons étant un symbole de fécondité, c'est ce qu'elle nous souhaite, de nous multiplier. Bravo Ety ! Nous t'aimons; Lyke ! 


Note : L'usine Gamrasni*, ou l'usine François Gamrasni était une manufacture de macaronis. Elle a été gracieusement mise à la disposition de ceux dont le logement a été détruit par les bombardements lors de la deuxième guerre mondiale.

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commentaires

Mongi abderrahim 12/03/2017 08:10

Le temps passe les souvenirs restaurant
Gabes maintenant détruit par le pollution chimie

Mongi abderrahim 12/03/2017 04:41

Le temps passe les souvenirs restaurant
Gabes maintenant est triste par la pollutions