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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 09:14

 

 

 

Mariage dans le Golan

 

 

Samar Khayal la mariée  est Syrienne. Nabil Farhat son futur mari est Israélien Druze Il vit au Golan. Pour l'occasion, Israël a ouvert la frontière et a permis aux amoureux de se marier. La belle a décidé de prendre la nationalité israélienne et de quitter la Syrie.


Pour Samar, 32 ans, et son fiancé Nabil,  45 ans, le  5 janvier  2011 était un jour de rêve. Le vieil adage «il n'y a pas de roses sans épines» a un sens profond quand il se réfère à des couples qui vivent de part et d'autre de la ligne de démarcation qui divise la Syrie et le plateau du Golan qui appartient à Israël depuis 1967.

 

mariages2.jpg

 

Samar et Nabil savaient qu'ils devraient peut-être attendre des années avant de se marier et que l'organisation de la cérémonie serait difficile. Ils savaient aussi que la jeune mariée devrait quitter sa famille, peut-être pour toujours, car après avoir traversé une fois la ligne de démarcation pour rejoindre son futur mari du côté de la frontière   avec  Israël, il lui serait presque impossible de retourner en Syrie.

 

À la fin de ses études, les futurs époux ont demandé aux autorités israéliennes et syriennes l'autorisation officielle de se marier. Après l'avoir obtenue, ils ont sollicité l'aide du CICR pour l'organisation pratique du mariage. Les délégations de Damas et de  Jérusalem offrent souvent ce service aux futurs couples qui vivent de part et d'autre de la ligne de démarcation.

 

Avec l'aide de l'Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST) et la Force des Nations Unies chargée d'observer le dégagement (FNUOD), qui surveillent la zone de séparation sur le plateau venteux du Golan, le CICR a organisé la rencontre des deux familles sur l'étroite et aride bande de terre située entre les postes de contrôle israélien et syrien, leur permettant ainsi de passer quelques instants de bénédiction, de pleurs et de joie.

 

Le  5 janvier  2011, les jeunes mariés étaient tous deux accompagnés par dix de leurs plus proches parents. Certains d'entre eux se rencontraient pour la première fois, et peut-être aussi la dernière. On a partagé des gâteaux aux raisins, aux pêches et aux pistaches. Une vie entière de conversations a été réduite à une heure. Les femmes âgées des deux familles, vêtues de leurs traditionnelles écharpes blanches et robes noires, ont donné leur bénédiction au couple.

 

«Je suis à la fois heureux et triste», a dit Nabil, debout près de sa femme, «heureux pour nous et notre nouvelle vie en commun, mais triste pour les êtres chers que nous ne reverrons plus.» «Je suis aussi heureuse», a ajouté Samar, resplendissante avec sa robe blanche de mariée, ornée de paillettes, ses bijoux en or et sa petite ombrelle. «Nous avons attendu ce moment pendant une année; je suis contente, car ma nouvelle vie va commencer.»

 

Les larmes d'adieux, au terme d'une heure de cérémonie, étaient plus poignantes que les étreintes et les baisers du début. Puis les participants ont agité leurs mains dans un dernier adieu frénétique, et l'épouse s'en est allée au bras de son mari, vers le poste de contrôle israélien en haut de la colline, laissant une vie derrière elle pour en commencer une autre.

 

mariage.jpg

 

La IVe Convention de Genève donne au CICR le mandat de protéger les civils qui vivent dans des territoires disputés. Chaque année, depuis 1978, les délégations de Damas et de  Jérusalem ont permis à des centaines d'étudiants de traverser la ligne de démarcation pour fréquenter des universités syriennes. Une fois par an, le CICR organise aussi des voyages pour que les pèlerins druzes puissent visiter des lieux saints en Syrie. En 1983, le CICR a organisé le premier mariage entre des personnes vivant de part et d'autre de la ligne de démarcation. Dans les années 90, 54 cérémonies semblables ont été réalisées.  En 2010 quatre mariages ont déjà eu lieu sur le plateau du Golan, avec l'aide du CICR.

 

Merci à Ftouh Souhail

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Published by Camus - dans Dialogue
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commentaires

martine 11/01/2011 13:50



Moi  aussi je souhaite à ce couple plein d'années de bonheur, de pouvoir un jour revoir leur famille.


Comme toujours l'amour triomphe et en plus on peut dire ici qu'il n'a pas de frontières.



Camus 11/01/2011 15:19



Bonjour Martine,


L'amour triomphera nous l'espérons tous et la paix aussi et grâce à la paix l'amour règnera


et franchira les friontières.


Bisous



duranton 11/01/2011 11:43



c'est pas mal,mais effectivement,ça leur coûte beaucoup sur le plan familial



Camus 11/01/2011 11:52



C'est mentalement difficile de quitter la famille. La séaration fera son effet.


Mais on dirait qe le problème chez les Druses est de trouver une fiancée ou un fiancé. Le passage de la frontière résoudrait ce problème.



Koëhl 11/01/2011 10:20



Merveilleuse histoire d'amour, je leur souhaite tout le bonheur du monde et surtout de revoir un jour leurs parents



Camus 11/01/2011 10:52



Je me jopins à toi Denise pour leur envoyer mes meilleurs voeux.


Bisous