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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 09:31
 


Jérusalem     יְרוּשָׁלַיִם القدساورشليم

 

Deux semaines après la guerre des Six Jours, terminée  le 10 juin 1967, mon épouse Gisèle et moi allons visiter Jérusalem. Nous sommes si impressionnés par ce que nous voyons  que nous décidons tout de go de revenir chez nous et d’emmener faire ce pèlerinage une partie de notre famille unifiée, dont maman et belle-maman.

 

Nous y voilà donc. Nous posons nos lèvres frémissantes  sur le Mur des Lamentations, parcourons la vielle ville derrière l’enceinte, nous courons les marchés, mangeons des mûres, achetons des souvenirs et faisons la connaissance avec la nouvelle ville. Tout ce qui est Jérusalem nous intéresse vivement : Les musées, les cathédrales, les synagogues, les mosquées, les monuments, les huit portes dont l’une ne s’ouvrira qu’à l’arrivée du Messie, les monts autour de la ville et le soleil couchant à la sortie…

 

Un an après en 1968, nous revenons fêter les vingt ans du jeune Etat d’Israël, à Jérusalem la ville de la paix, des deux paix, la paix céleste et la paix terrestre. Les trains sont bondés et il nous faut attendre et voir plusieurs passer sans s’arrêter dans la station intermédiaire de Naân où nous attendons. Se sont joints à nous deux, maman et mon frangin Vivi.


Arrivés enfin… Les voies sont modifiées en rues à sens unique, entrée seulement pour les 24 heures suivantes. Ni taxis, ni autobus et ni aucune voiture ne sont autorisés de circuler en sens inverse. Mis à part les véhicules secouristes

 

Nous participons à la fête publique, écoutons les chanteurs, applaudissons les danseurs et admirons les feux d’artifices; le temps devenant frais nous achetons des petits marteaux en matière plastique qui émettent un sifflement en frappant  un petit coup sur le crane d’un passant. C’est taquin, mais amusant et çà nous dégourdit les membres. D’ailleurs on nous applique  la même percussion sur la bobine. La bonne humeur régnant, personne ne se fâche...

 

L’humidité engourdissantte nous pousse alors à quitter les lieux afin de chercher un abri. Pour aller où ?  Tout est fermé, les hôtels sont pleins, nous marchons donc au hasard. Un café ouvert nous cligne de l’œil. Quelle aubaine. Nous y buvons un thé à la menthe, assis sur des caisses –, tous les sièges étant occupés. Nous ne restons pas longtemps et vidons les lieux au profit d’autres clients.


Nous rejoignons un groupe sympathique et faisons ensemble un tour en ville en chantant. Nous traversons bientôt la Médina, foulons les rues désertes, montons sur les remparts et ainsi la nuit passe…

A quatre heures nous achetons des petits pains et des œufs durs dans une boulangerie ayant ouvert ses portes avant l'aube.

Nous allons alors nous installer le long de la route qui verra défiler les

unités de Tsahal, notre armée.

 

La parade commence à huit heures. Nous voyons passer les marins, les pilotes de combat, les parachutistes, l’infanterie, tout en grignotant une quantité considérable de kartivim, genre de granites. glacés  A défaut nous buvons beaucoup d’eau. Il ne fait pas chaud, mais quand même, nous avons soif. 

Le voilà, le chef d’état major. Il nous salue. Il est accueilli par des ovations. Des avions du type Mirage font des acrobaties aériennes. C’est le clou de la matinée. Comme mus par un ressort, nous  nous levons comme une seule persinne et partons dans la direction de la gare, afin de devancer les autres. Il le faut bien, vous savez près d’un million de personnes sont là. 


Mais tous ont la même idée que nous et c’est un boucan d’enfer à la gare. Maman qui fait partie de notre équipée s’assoit et ne veut plus se lever. Elle boit tout son saoul et elle demande encore de l’eau. Il est onze trente. On nous prévient que le premier train partira à 21 heures. Nous devrions aller à la station de bus, mais aucun moyen de locomotion n’est en vue. Il faudrait faire la marche à pieds. En avant ! Trois kilomètres à pieds, çà use, çà use… Quatre Kilomètres...


La route est longue. Maman demande si c’est encore loin toutes les cinq minutes. Vivi me demande de lui acheter un beignet au miel. Je les encourage à presser le pas. Maman a faim aussi :

– Emmène-moi à un restaurant, commande-t-elle. 

Mais il n’y en pas d’ouvert, ni resto, ni gargote, ni kiosque, ni marchant ambulant,  rien de rien.


Après une heure de marche –Vivi vous dira deux heures – , nous arrivons à la station de bus près de Binyané Ahouma, La Maison de la Nation,  la Salle des Fêtes.

Gisèle ma jeune femme va aux renseignements, mais ne revenant pas après un quart d’heure, je vais la chercher, sans succès.

Maman et Vivi s’énervent :

– Mais cherche-la ! s'exclamme maman.

– Cherche-la ! dit Vivi en écho.

 

Ce que je fais est ceci : je cherche Gisèle de partout. Mais à chaque fois que j’arrive à l’encoignure où se trouvent maman et mon frangin, je fais demi-tour. Ainsi, ils ne me voient pas et je n’ai pas à répondre à leurs réflexions embarrassantes.   

Ainsi passent deux heures durant lesquelles je parais devant maman et Vivi trois fois seulement, mais je disparais le reste du temps. Enfin je la trouve, je respire ; Baroukh Hashem. C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Je pousse un soupir de soulagement. Ouf ! J’ai été inquiet.

 –    Allons calmer maman et Vivi ils sont au bord de la crise….  

Ah ! J’en ai ramassé des boutades de maman, elle ne s’est pas tu. Après nous leur annonçons la nouvelle que le premier bus partira à 21 heures. Des guichets seront dressés dans des petites baraques sur la plate bande à côté. Nous y allons. Il nous faudra attendre encore trois heures, mais nous savons au moins où nous en sommes.

 

En route nous trouvons des amis tous un peu perdus. Nous leur expliquons ce qui en est et nous restons groupés.

C’est  alors que j’aperçois Al Sandro et son épouse Rachel. Is pleurent tos les deux. Quand ils nous voient, ils poussent un grand cri :

 –    Voila Gisèle et Camus. Nous sommes sauvés. Avec eux, pas de problème.

Nous les avons tranquillisés, bien sûr.

 

Je garde un bon souvenir de ce voyage, mouvementé. J’ai aimé être là pour dans Jérusalem en fête. Je retiens est le côté comique de cette excursion. C’était en 1968.  Depuis les défilés seront annulés le 5 du mois d’Year et le 28 Year est proclamé Jour de Jérusalem, Yom Yérushalaïm.Bonne fête Jérusalem !


 http://www.alexandroni.org/images/index/flag.gif



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Published by Camus - dans Israël
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commentaires

Marcel (Fafouin) 13/05/2010 13:59



Bon Matin Honorable tout Camus,


Grands mercis pour ce Voyage à Yéroushalayim !


De ce Voyage, merveilleux, a-t-on retrouvé Gisèle ?


On nous dit qu'Elle s'en vient ... chalom !


Ouf !    - 13 mai 2010 / 29 iyar 5770 -



Camus 13/05/2010 19:39



Mon cher et Honorable tout Marcel,


Gisèle est avec moi et elle rit de ce qui s'est passé.


Il y avait tant de monde ! Nous sommes arrivés chez nous le même soir.


Gisèle a dormi debout en tenant le tueau de soutient.


D'autres personnes ne sont arrivées que le lendemain.


Amitiés et solidarités.



Therese 13/05/2010 11:14



J'y etais aussi avec les gars de l'oulpan de Givat Brenner... j'ai decrit cette aventure moins burlesque dans mes memoires. Ah au Fait j'ai recu un contrat de l'Harmattan pour mes memoires.
J'hesite, enfin on verra.


Hag Sameach Jerusalem



Camus 13/05/2010 12:35



Mazel Tov Thérçse pour le contrat.


Concernant les Juifs de Roumanie déportés,  as-tu parlé avec Edith Shaked ?


Hag saméah Jérusalem



Vivi Il DiavoloTrès amusantes blagues 13/05/2010 10:48



Tien j'avais presque oublié cette aventure



Camus 13/05/2010 12:36



Tu as oublié ?


Tu es sénile Vivi ?