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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 19:28

 La peur de ma vie


Vous souvenez vous d'une grande peur, d'une frayeur qui vous a laissés angoissés, crispés, prêts à jouer le tout pour le tout afin de vous débarrasser de la cause de cet effroi ?
Moi j'ai connu
la peur de ma vie à l'âge de quinze ans. Lors de mon voyage à Tunis je me suis souvenu de cette nuit d'effroi.


J'étais en colonie de vacances à Aïn-Draham. Le directeur du camp, Meyer m'a envoyé à Tunis pour faire quelques commissions :
* Accompagner un jeune Sfaxien à la gare de Tunis et le mettre dans le train de Sfax.
* Acheter un appareil photographique.
* Louer deux tentes pour dix personnes chacune.

J'avais terminé ma mission vendredi vers midi et devais me rendre au campement le lendemain en prenant le bus de 5 heures trente à l'aube.

Je n'avais pas de montre. Je dormais dans le local du mouvement Dror tout près du marché, du coté de l'avenue de Paris. J'ai demandé un réveil à une amie Nadine, mais son père ayant refusé, j'ai du dormir sans savoir l'heure exacte.

Après une heure de sommeil, je me suis réveillé, levé  et sorti, relevant le rideau de fer roulant avec un bruit fracassant, je l'ai refermé et tourné la clef dans le cadenas. Je devais me rendre compte de l'heure qu'il était.

Arrivé au marché, j'ai vu le café encore ouvert, mais je ne savais pas s'il n'avait pas encore  été fermé ou s'il était déjà ouvert. Donc l'heure devait être entre minuit et cinq heures. Pour en avoir le coeur net j'ai fait une petite marche jusqu'à l'Avenue de Paris, là j'ai vu l'heure à la devanture d'un horloger : l'heure exacte était minuit trente.

J'ai dormi encore un certain temps et je me suis reveillé de nouveau. Je me suis  levé et sorti, relevant le rideau de fer roulant avec un bruit fracassant, je l'ai refermé et tourné la clef dans le cadenas.

Au marché le café était fermé, donc il n'était pas encore cinq heures. Pour en avoir le coeur net et savoir l'heure exacte je devais...


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Aïn-Draham


Mais voila qu'on m'a interpellé. Ce sont deux gars de vingt ans, l'un des deux était un véritable géant.
-- Tu as un peu d'argent sur toi ? Nous avons faim, me dit le moins grand des deux.
-- Non !
En réalité j'avais un peu de fric, mais je le gardais pour l'autobus.
-- Emmène nous chez toi, Nous trouverons bien quelque chose à manger. Mon ami est sorti cet après midi de prison et à part un melon crevé nous n'avons rien mis dans la bouche.
-- Je n'habite pas Tunis, je suis chez des amis, fut ma réponse.
-- Bon ! allons chez eux ! m'ordonna le géant en m'empoignant par le col de ma chemise.

J'avais peur, mes jambes tremblaient, mon ventre était crispé mais ma cervelle travaillait rapidement. La transpiration ruisselant le long de mon dos mouillait mes fesses tendues. Pour gagner du temps j'ai dit :
-- Pas question de les déranger !
-- C'est un ordre ! s'exclama l'impatient en me poussant.

Faisant mine d'accepter, j'ai fait quelques pas en avant et je me suis retourné d'un seul coup, poussant violemment Le Goliath qui perdit l'équilibre, vue sa grande taille. J'ai décoché un coup de pied dans le genoux du second et j'ai pris la fuite, courant à toute vitesse, ayant la peur au cul. J'entendais les pas de ces deux crétins me poursuivant, mais le son se faisait de plus en plus faible.

Je n'ai pas oublié dans ma retraite de jeter un coup d'oeil à la façade de l'horloger et de la j'ai appris qu'il était 2 heures et démi.
A un certain moment j'ai tourné à gauche, puis à droite, m'engoufrant dans un immeuble, fermant la porte derrière moi. J'ai escaladé quelques marches, prêt à frapper à une porte s'il le fallait et demander du secours...

J'ai entendu les pas des deux coureurs de garçon, j'ai attendu encore un quart d'heure et puis je me rendis au local du Dror afin de dormir encore un coup.

Après mon troisième reveil j'ai quitté  mon " auberge ", laissant la clef à un endroit convenu. Nadine Lelouche, une membre du mouvement devait venir la prendre pendant la journée.
Je suis arrivé à la station des bus à 4 heures trente et je m'y suis installé. Un homme de petite taille vint s'asseoir près de moi.


-- Je suis Yudah B. de Sfax, se présentât-il.
-- Enchanté ! Je suis Camus Bouhnik de Moulinville.
-- Camus ? Mon frère se nomme Camus.
-- Oui, je sais. Il tient un commerce dans la Rue du Bey. Je connais ta famille et ton fils. J'ai été chez vous faire une quête pour le K.K.L.
-- Je vais de ce pas me rendre à Aïn-Draham voir mon fils.
-- Alors nous monterons le même bus et je t'accompagnerai jusqu'à la tente de ton fils qui est dans le camp voisin du notre, celui de L'Anoar Atsioni. C'est à cinq cent mètres de notre campement.



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Aïn-Draham

Le dit Yudah B. a remercié Le Ciel cent fois de m'avoir rencontré, une fois pour l'avoir dirigé, une seconde pour lui avoir redonné de l'assurance, une troisième pour l'avoir réveillé sitôt arrivés, une quatrième pour l'avoir conduit dans la montagne dans des sentiers par moi connus et où il n'aurazit pas trouvé sa route, un cinquième parce que je lui ai promis de ne dire a personne à Sfax qu'il a entrepris ce voyage un samedi. Et une quantité de fois encore pour la simple raison d'après lui, que ceux qui me rencontreraient auraient un Mazel Tov.

Moi j'ai fais mes grâces à D-ieu, pour le simple fait que je n'étais plus seul, la nuit de frayeur etait passée.


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