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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 16:56
El Hammam

Les mémoires d'un diablotin

Chaque fois quelle va au Hammam, le bain maure, maman m’emmene avec elle, ainsi que mon frangin Herzl. Elle est toujours accompagnée de ses voisines Latifa et Fatouma, et le fils de cette dernière, Raouf.

Comme nous avons une petite taille, on ne nous accorde pas d’importance, et pourtant nous sommes âgés de sept ans Raouf et moi. Il se peut que nos mères aussi nous prennent pour des gosses. Les mamans nous lavent, nous passent un shampoing sur la tète, et tout cela sans payer le tiquet pour les marmots qui bénéficient d’une entrée gratuite, offerte gracieusement par la direction du hammam.

Mes yeux s’ouvrent touts grands devant les trésors pornographiques étalés devant moi. Je ne perds pas une miette, et je veux regarder les belles rondeurs appétissantes de plus prêt, le plus prêt possible. Comme mes lunettes de myopie ne sont pas sur mon nez, et n’offrent pas un surplus de ce beau spectacle à ma vue curieuse, je trouve un stratagème pour m’approcher : je fais le service des laveuses et j’apporte du savon à ces belles dames, du tfol (le shampoing de l’époque), de l’eau dans des casseroles trop lourdes pour mes bras, je tends les serviettes et propose divers menus services gratuits en plus.


Les dames du hammam me trouvent charmant, et discutent avec moi, tout en souriant à belles dents blanches, Colgate si j’ose dire.
— Quel âge as-tu mon beau jeune homme ?
— 4 ans et demi, dis je, mentant effrontément.
— Comme il est dégourdi pour son âge, il a l’intelligence d’un garçon de dix ans, j’entend dire. Raouf, mon ami utilise les mêmes trucs que moi, ayant lui même la face innocente d’un bambin.

C’est avec regret que nous nous habillons pour partir, laissant derrière nous tous ces fruits alléchants que le Seigneur a créé pour nous gâter. La séance ne se termine pas, car à la maison mes frères Simon et Freddy veulent avoir des détails de notre randonnée. Simon qui avait fait les mêmes bains que moi, sait très bien de quoi il s’agit. Raconte, frère, nous sommes tout oreille, alors dévoile ton oseille. Je ne me fais pas prier. Je leur raconte, plein d’enthousiasme et ils meurent d’envie d’écouter...
 
-Mes frère, c’est si beau ! Les jeunes sont élancées, leur beau derrière bien balancé et bien ferme avec des galbes qui font rêver. Leurs tétons sont en forme de poire épanouie, avec des jolis boutons bruns au bout. Et elles ont la taille fine, et un petit triangle poilu, la où se termine le bas ventre et où les jambes commencent à se détacher. Des gouttes d’eau ruissellent sur leurs corps de nymphes. Je voudrais avoir dix-huit ans pour les relancer, mais si j’étais plus âgé, je ne serai pas entré dans  ce beau palais. Simon et Freddy écoutent et boivent mes paroles. Simon me prenant à part me dit :


— Ne raconte rien de tout cela à personne, seulement à moi et Freddy, sinon tout ce beau spectacle disparaîtra comme de la fumée. Je promet, et nous joignons nos mains, tous les trois, signant ainsi un pacte, jurant de garder le secret durant quarante ans..
— Parle aussi à Raouf, me conseille Freddy.

Je cherche Raouf, mais ne le trouve pas. Je l’attend mais en vain. Je repousse à une autre occasion, mon désir de le conseiller.

Le soir papa et notre voisin Salem sont assis sur un tapis (une hassira), et sirotent leur thé à la menthe et garni de cacahuètes épluchées. Papa prépare le thé comme d’habitude. Il a acheté en route "tlet ou mia". C’est a dire un tiers d’once de thé et cent grammes de sucre. Cela se vend ainsi, tout prêt à Sfax dans tous les étalages. Cette ration suffit à passer une veillée agréable, tout en préparant quatre tournées de thé fort et sucré. Un vrai délice.

Fatouma et Latifa sont assises prêt de maman et elles bavardent de tout et de rien, les papotages féminins de tous les temps. C’est alors que Salem a une idée.
— Clément tu veux rire ? Appelons Raouf, il sait raconter des histoires drôles.
— Raouf ! Viens ordonne-t-il.
— Oui papa (enaam ya baba).
— Ou étais tu aujourd’hui ? (fen kent el youm ?)
— Au hammam papa (fel hamman ya baba).
— Et qu’as tu fais au hamman ? demanda-t-il (ech a’melt fel hammam).
— Oh ! papa comme d’habitude je me suis baigne. (oumt ya baba.)
— Avec qui ? (Ema’a chkoun ?)
— Avec maman et tata et d’autres femmes. (ma’a oumi oua’mti, ouensha akhren). Papa étant occupé  à verser le thé dans un petit verre, levant le bered (la théière) très haut afin de produire une belle mousse. Il s’arrête, ses yeux vifs sont plantés sur Raouf, il sait d’avance qu’il va en entendre des belles...
— Papa, raconte Raouf, Vivi (Nathan, pour les amis : Vivi) a prit l’aile des jeunes filles, et moi l’aile des femmes. Nous les avons aidées à se savonner, à laver leurs chevelures. J’ai vu ya baba, des culs grands comme des étagères, de seins ressemblant à des gargoulettes, ou gat’om ya baba, (et leurs chats papa) étaient tout ébouriffés. Papa regarde son ami Salem et lui dit :

-- Nous devons parler, mon frère.
— Tu as raison Clément. Partez vous amuser ! Nous demande-t-il. Nous nous cachons et écoutons la conversation. Elle fut très courte.
— Écoutez chères femmes, vos enfants ont grandit. Épargnez leur les petites corvées du bain maure. C’est Salem qui s’adresse ainsi à sa femme et à sa belle soeur.
— Très juste, approuve papa. Et de ce mot, il me prive de tant de richesses .
J’aurai du écouter mes frères, j’aurai pu offrir mes services encore un an ou deux...


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commentaires

Morgane 18/10/2009 13:08


A je ris, comment il s'est fait avoir le Diablotin.....
Reprenons notre Sérieux.... c'est dur, mais
il a du en passer des moments dans ce hammam Vivi je l'imagine bien......
Bisous tout plein p'tit Camus


Camus 18/10/2009 15:19


Il a passé des moments.
Il y a eu un film sur le même sujet tourné à La Gioulette.
Je vais demander le nom du film à Vivi.
Tu sais moi, je n'ai pas eu cette chance d'entrer au bain maure, paraissant plus grand que mon âge, on ne me laissait même pas entrer dans le jardin où les enfants s'amusaient à Sfax. Il y avait
une pancarte : interdit aux hommes de 15 à 60 ans. J'avais douze ans et j'ai dû attendre 50 ans pour y entrer.
Grosses bises.


Vivi Il diavolo 17/10/2009 11:02


Tous ce qui est porté est strictement vrais,c'est moi même qui le confirme.
Je crois que même de nos jours si maman m'aurait emmené ? je passerais inaperçu. Mdr


Camus 17/10/2009 23:22


Petit diablotin !