Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 18:55

Chers Amis,


Un texte, très émouvant, écrit de la main de Mme Chalit et qui m’a été adressé aujourd’hui par mon ami Samy Amar. J’ai pris le temps de le traduire afin qu’il soit intelligible par le plus grand nombre. Si vous le souhaitez, vous pouvez le diffuser à vos correspondants.

Bonne semaine à tous.



Daniel Ohnona

 

Envoyé par Arrik Delouya


C’est mon enfant !!!  

 

Traduit par Daniel Ohnona (Paris) 

C’est mon enfant, le premier souffle auquel j’aie donné vie, que mon corps ait engendré, que j’aie respiré et aimé.

Le son de sa voix ne m’a jamais quittée de ces vingt dernières années, depuis l’instant précis où il est venu au monde et jusqu’à notre dernière conversation téléphonique : « Maman, je rentre à la maison, tu entends ? » Et comment que je t’entends, mon enfant, et très clairement, comme ton tout premier cri.

J’entends encore tes lamentations la nuit quand tu étais bébé… Tu ne me laissais aucun répit. Je m’allongeais à tes côtés et te réconfortais. Lorsque tu as été malade pour la première fois, j’étais effrayée comme une petite fille, alors qu’il ne s’agissait que d’une simple grippe.

Le jour de la rentrée des classes, je t’ai accompagné au cours préparatoire, et ce jour-là tu m’as fait promettre que je serais là pour venir te récupérer après la classe. Je me suis exécutée et pendant toutes les années qui ont suivi, jamais je n’ai manqué à ma promesse.

J’ai placardé tes dessins d’enfant sur le réfrigérateur, et jusque sur les murs de la cuisine, juste pour que tu saches qu’ici c’est ta maison. Ici, avec moi, parmi ces vieux dessins. Sans parler des souvenirs encore plus anciens…

Tu as grandi trop vite, devant mes yeux vieillissants et fatigués. Le jour de ta Bar-Mitsva, j’ai brusquement réalisé à quelle allure insensée tu avais poussé, et à cet instant précis, j’étais la maman la plus fière du monde.

Puis tu es devenu un jeune homme modèle, charmant et intelligent. « C’est mon enfant », me disais-je alors avec fierté. « Oui, c’est mon enfant. »

Lorsque tu as commencé à sortir avec les copains, tu emportais avec toi à chaque virée une partie de moi-même. Je t’embrassais chaudement et te recommandais d’être prudent. « Ne t’inquiète pas, Maman, disais-tu, je suis un grand garçon. »

Mais rien n’y faisait. Si je m’éveillais la nuit, je dirigeais instinctivement mon regard vers la montre. « Où peut-il bien être ? » Je restais alors là à attendre ton retour. Pourvu simplement que tu me reviennes sain et sauf. Et ce n’est qu’au moment où me parvenait ce bruit caractéristique de ton corps s’affalant de tout son long sur le lit que je savais que tu étais rentré à la maison, auprès de moi. Je pouvais enfin fermer l’œil sereinement.

Le jour où tu as décroché ton permis de conduire, que tu as commencé à emprunter la voiture, je priais systématiquement pour qu’il ne t’arrives rien, que le véhicule n’aille pas dans le ravin, qu’on ne te percute pas et que tu évites de prendre le volant à chaque fois que cela n’était pas indispensable. Et sur ce plan-là, tu ne m’as jamais déçu : tu es à chaque fois revenu sain, entier et heureux de vivre. Je m’enivrais de ton sourire, même si j’en payais le prix fort par l’éternelle anxiété et les nuits sans sommeil. Au moins j’avais la certitude que tu ne manquais de rien.

Les battements de mon cœur se sont accélérés le jour où, à 17 ans,  tu as répondu à ton premier appel militaire. Tu en es revenu épanoui, gratifié d’un potentiel physique élevé : la fierté illuminait ton visage. La nuit qui a suivi, je n’ai pas fermé l’œil. Je priais pour que tu ne t’engages pas dans une unité combattante, que tu ne serves pas dans une zone dangereuse. Je t’ai imploré, mais tu n’as pas écouté mes prières. Tu disais vouloir protéger ta patrie. Mais ce n’est pas la patrie qui t’a élevé. C’est moi qui t’ai élevé ! Moi seule !

Guilad-copie-1.JPG

Depuis ce jour où tu as refermé la porte derrière toi pour te rendre à la base de recrutement, tout à ton émotion de servir la patrie, j’ai commencé à compter les jours qui te sépareraient de moi avant que tu me reviennes. Chacun des chabbatot où tu es rentré, j’ai rendu grâce au Ciel, juré de fréquenter la synagogue et d’observer la totalité des 613 mitsvot, et de remercier l’Eternel de m’avoir rendu mon fils. Mais, à chaque fois, ces serments sont restés sans effet, happée que j’étais par l’urgence de laver et repasser tes uniformes et la préparation de tes repas…

Ce jour sombre où ont retenti trois coups secs frappés à la porte, j’ai tout de suite compris que quelque chose n’allait pas. J’ai ouvert la porte en implorant le Ciel de ne pas y trouver les personnes qui — précisément — se trouvaient là : deux hommes en uniforme flanqués d’un infirmier. L’un d’eux, ton commandant, m’a serré la main avec vigueur. Je n’ai pas eu besoin d’entendre ce qu’il avait à me dire. La nuit qui a instantanément envahi mes yeux et comme bloqué mes artères me faisait comprendre que quelque chose clochait. Quelque chose était arrivée…

Au journal télévisé on a montré des photos de toi.

Et moi j’étais là, prostrée, en pleurs. Je suis allée à la synagogue. J’ai prié. Jusque dans mon sommeil agité et confus, je prie pour que tu reviennes…

C’est mon enfant. Mon enfant, kidnappé à Gaza.

Mon enfant, qui peut-être ne reviendra pas…

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTwHpXqDOtdjocp0FNMvWjTHafN4gxLM9bY1pSG7KNjNFrEsFWm


Partager cet article

Repost 0
Published by Camus - dans Israël
commenter cet article

commentaires

Marcel (Fafouin) 07/02/2011 12:55



Bon Matin Neige Soleil Honorable tout Camus !


Grands mercis pour ce Cri du Lev de Maman de Gilad, son Fils et Fils-d'Israël enlevé par le Hamas, ce Hamas qui Lui refuse, toujours, Libération et Liberté.


De ce Cri du Lev, souhaitons, toutes et tous, le Retour de Gilad, un Retour tant et tant Espéré ... de Maman et de Papa, de la Famille, des AmiEs ... chalom* !


Amitiés et Solidarités québécoises accompagnent Gilad, Maman, et tout Camus !  - 7 fév 2011 / 3 adar1 5771 -


* : un peu de musique fait du bien chalom :


http://www.israelnationalnews.com/Radio/Player.htm#1#456 



Camus 07/02/2011 15:40



Bonne journée soleil pluie et neige Honorables Marcel et Myriam,


Le cri de la maman est le plus déchirant. Gilad Shalit enlevé depuis le 25 juin 2006.


Que le Seigneur qui est derrière le buisson nous aide dans cette lutte avec le hamas.


Amitiés et solidarités tout Marcel et Tout Québec.


- 7 fév 2011 / 3 adar1 5771 - 


 



Koëhl Denise 02/02/2011 10:06



Comme les parents de Gilad Shalit doivent souffrir. Prions afin que ce jeune soit libéré dans un proche avenir.



Camus 02/02/2011 16:36



Bonjour Denise, les parents de Gilad Shalit souffrent le martyre. Nous prions tous et de temps en temps je le rappelle au souvenir du monde.



duranton 25/01/2011 13:32



merci,


je comprends mieux



Camus 25/01/2011 17:46



Bonne soiré Duranton, bonne santé.



duranton 25/01/2011 09:56



il y a un passage qui ressemble à un reproche"c'est moi qui t'ai élevé,pas la Patrie" ...et pan pour la patrie.


Mais je ne comprend pas "kidnapper" :n'est-il pas un soldat qui se trouvait en territoire ennemi ? Cette affaire est déjà si ancienne que j'ai peut -être oublié !



Camus 25/01/2011 10:58



Bonjour Duranton,


Il y a vraiment un reproche à mon avis aussi. " C'est moi qui t'ai élevé, pas la Patrie" ...et par pour la patrie.


Il faudrait se mettre à sa place pour comprendre. Le gouvernement israélien n'arrive pas à conclure avec les déteneurs et les Français on dirait que çà ne les touche pas. D'habitude
on ne s'exprime pas de cette façon, mais on dirait que les parents ont perdu espoir de revoir leur fils...


Kidnapper : Gilad Shalit a été enlevé à Kérem Shalom par des soldats du Hamas, en plein territoire israélien, à vingt minutes de la ville Ofakim. Ils sont parvenus jusqu'à ce point
après avoir creusé un tunnel souterrain. D'après des témoignages du Hamas,  il s'est battu avant d'être immobilisé par plusieurs personnes.