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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 16:40

Kiko et moi durant le Grand Pardon

 

  Nous devons faire une marche de 10 kilomètres à pied de notre base à un campement près du Carmel. L’officier nous dirigeant lit mal la carte et nous fait faire un grand détour de 20 km, nous arrivons fatigués et affamés au camp.

   Le caporal Dror m’appelle et m’envoie à la cuisine où je travaille sans arrêt jusqu’à 21 heures. C’est alors que le sergent Tzipor me commande de tenir la garde de 21 heures à 22 heures. Je n’ai pas eu le temps d’aller sous ma tente chercher des balles et ainsi j’ai pris mon tour de garde sans cartouches dans la culasse du fusil. Vient à passer Le Capitaine je l’arrête et, pour lui montrer mon zèle lui demande de me dire le mot de passe. Lui, veut me  montrer de quel bois il se chauffe : prenant  mon fusil en mains et l’examine.
— Il n’est pas chargé !!! À Yom Kipour tu resteras à la base : pas de permission pour toi.

Mon premier Yom Kippour en Israël à la caserne, quelle baisade !

 

  Je n’ai aucune envie de rester seul dans cette base de jeudi matin jusqu’à mardi à midi. J’appelle Nataf et lui demande de rester avec moi. Il me promet de réfléchir à la question. Le dimanche matin il m’appelle téléphoniquement au bureau du secrétariat et me dit que mon ami Kiko est en route, à sa place. Ors Kiko n’est pas connu dans cette caserne. Pour lui procurer un laisser passer je dis à l’officier de service que mon ami va venir, qu’il est " Hazan ", meneur de prières et que nous en aurons besoin pour Le Grand Pardon.


Sitôt mon ami arrivé, la sentinelle à l'entrée lui demande s’il est le Hazan et fait la remarque qu’elle n’a jamais vu de Hazan à la calotte si petite et aux culottes si courtes.

   KIko me demande las signification de son état de Hazan et je lui explique le subterfuge.
— Je ne me rappelle rien des prières me dit mon ami de sa voix flegmatique si connue. Comment m’en tirer ? Je pense qu’il se moque de moi, car je ne connais aucun Marocain qui ne sait pas ses prières par cœur.
— Je suis sur que la synagogue sera vide. Tous les militaires sont en permission. Tu n’auras pas de gros problèmes.


   Le soir nous nous rendons au Temple qui est bondé, au moins cent personnes sont là, venues voir le meneur de prières et l’entendre. Kiko ouvre son livre de quatre cent pages au chapitre déjà lu à 14 heures. Ne savant pas où débuter, il chante :
 

   — Vous êtes le Bienfaisant et nous sommes tous penauds, la tête basse ! Les fidèles répètent après lui, ne comprenant pas pourquoi il commence par ce couplet. L’un d’eux se dirige vers Kiko et lui fait la remarque. Mon ami tourne une centaine de pages et arrive à la prière du lendemain matin. A ce moment les prieurs comprennent qu’ils ont affaire à un Hazan sorti " des Pieds Nickelés ".

 


 

   Un barbu prend la direction des affaires et lit à haute voix " Kol Nidrei, Tous mes serments ". Il n’a pas la voix du célèbre Hazan Fisher, mais ça peut aller. Les fidèles l’accompagnent afin de l’encourager, pendant que Kiko et moi prenons la poudre d’escampette.


   La journée du lendemain toute entière, je prie au Bon D-ieu et lui demande à ma façon de me pardonner ce mensonge qui a mit mon ami dans une situation délicate. Je prie sans cesse, nous sommes dans de beaux draps, Seigneur aidez nous, pardonnez votre humble pécheur, votre fidèle qui est menteur. Par la même occasion je demande pardon à mon ami accouru comme à son habitude à mon appel.
— Laisse-moi dormir ! grogne Kiko. Si tu fais la prière de bonne foi, même une seule fois dans ton existence, le Bon D-ieu te viendra en aide.


   L’après midi nous nous rendons à la synagogue pour l’épilogue " El Nora "qui est aussi important que le prologue " Tous mes serments ". A la fin de la cérémonie le meneur de prières improvisé demande si quelqu’un sait sonner du Cor, le Schofar qui termine cette longue journée de prières et de jeune. Le Son du Schofar est le cri que Notre Bienfaiteur Le Seigneur Tout Puissant entendra, et alors il nous absoudra. Personne ne répond, personne ne sait.


   C’est alors que mon ami Kiko s’avance et s’écrie :
— Moi ! Moi je sais ! Il prend en main le Schofar et il sonne exactement comme il se doit : " Troua’a, Shevarim, Tkia’a " et ainsi de suite dans l’ordre convenable, sans ouvrir le livre et pour terminer, un long son rituel. Sans Kiko nos prières n’avaient aucune valeur. Kiko est entouré et félicité. Nous nous embrassons entre fidèles et chacun demande pardon aux autres.


      Dans notre chambre Kiko me dit :
—  Tu vois ? Si tu fais la prière de bonne foi, même une seule fois dans ton existence, Le Bon D-ieu te viendra en aide.

—  Comment sais-tu le maniement du Cor ? Tu n’as même pas regardé le livre ! Explique-moi.
— Mon grand père sonnait du Schofar le Jour du Grand Pardon A Mogador. Je l’ai entendu tant de fois faire des répétitions que j’ai appris les sons par cœur et que je l’imitais quand il était absent.

   A tous mes amis Israélites, bonne fête de Kippour et je vous souhaite d’être inscrits dans le Grand Livre de La Vie, ceux des autres confessions aussi. 

 

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commentaires

Marcel (Fafouin) 10/10/2011 14:45



Bon Matin Chalom Soleil tout Camus !


Grands mercis pour ce Grand Pardon de L'Armée ainsi que cette Vidéo superbe !


Pardonner fait du bien, surtout lorsqu'on prend une Douche !


Chalom !  - 10 oct 2011 / 12 tichri 5772 -



Camus 10/10/2011 16:19



Chalom Fafouin Soleil de Québec


La musique c'est comme la vie et la Douche est toujours bénie !


  - 10 oct 2011 / 12 tichri 5772 -






duranton (durdan) 09/10/2011 21:24



bon yom



Camus 10/10/2011 08:55



Merci