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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 09:32

Au bain maure

 

http://img100.imageshack.us/img100/995/lemouilinvilloisgb4.jpg

Par Vivi Il Diabolo

 

 

 

Le 2ème épisode des aventures de Vivi le diablotin, raconté par lui-même.  

Chaque fois qu’elle va au Hammam, le bain maure, maman m’emmène avec elle, ainsi que mon frangin Herzl. Elle est toujours accompagnée par ses voisines Latifa et Fatouma. Le fils de cette dernière, Raouf est dans le bain aussi.

Comme nous avons une petite taille, on ne nous accorde pas d’importance, et pourtant nous sommes âgés de sept ans Raouf et moi. Il se peut que nos mères aussi nous prennent pour des gosses, va savoir. Les mamans nous lavent, nous passent un shampoing  et tout cela sans payer l'entrée, les marmots bénéficient de ce privilège  d’un accès gratuit, offert gracieusement par la direction du hammam.

Mes yeux s’ouvrent tout grands devant les trésors pornographiques étalés devant moi. Je ne perds pas une miette, et je veux regarder les belles rondeurs appétissantes de plus prêt, le plus prêt possible. Comme mes lunettes de myopie ne sont pas sur mon nez, et n’offrent pas un surplus de ce beau spectacle à ma vue curieuse, je trouve un stratagème pour m’approcher : je fais le service des laveuses et j’apporte du savon a ces belles dames, du tfol (le shampoing de l’époque), de l’eau dans des casseroles trop lourdes pour mes bras, je tends les serviettes et propose divers menus services gratuits en plus, comme savonner le dos par exemple, aider ces belles dames à s'habiller etc.

Les dames du hammam me trouvent charmant, et discutent avec moi, tout en souriant a belles dents blanches, Colgate dirais-je.

—Quel âge as-tu mon beau jeune homme ?

— Quatre  ans et demi, dis-je, mentant effrontément.

— Comme il est dégourdir pour son âgé, il a l’intelligence d’un garçon de dix ans, j’entends dire.

Raouf, mon ami utilise les mêmes trucs que moi, ayant la face innocente d’un bambin.

C’est avec regret que nous nous habillons pour partir, laissant derrière nous tous ces fruits alléchants que le Seigneur a créés, pour nous gâter. La séance ne se termine pas, car a la maison mes frères Simon et Freddy veulent avoir des détails de notre randonne. Simon qui avait fait les mêmes bains que moi, sait très bien de quoi il s’agit. Etant de petite taille et de grande  curiosité il allait seul au hammam, se collant à un groupe de dames pour passer pour le fils de l'une d'elles. Il s'est fait vider du bain maure le jour où il les poils ont eu la mauvaise idée de pousser çà et là, en plus d'un duvet de moustaches au dessus de ses lèvres.   

— Raconte, frère, nous sommes tout oreille, alors dévoile ton oseille.

Je ne me fais pas prier. Je leur raconte plein d’enthousiasme et ils meurent d’envie d’écouter.

— Mes frères, c’est si beau ! Les jeunes sont élancées, leur beau derrière bien balancé et bien ferme avec des galbes à vous faire rêver. Leurs tétons sont en forme de poire épanouie, avec des jolis boutons bruns au bout. Et elles ont la taille fine, et un petit triangle isolé dans un petit coin paradisiaque. Des gouttes d’eau ruissèlent sur leurs corps de nymphes. J'aurais voulu avoir dix-huit ans pour les relancer, mais si j’étais plus âgé, je ne serai pas entré dans leur beau palais.

Simon et Freddy écoutent et boivent mes paroles. Simon me prenant a part me dit :

— Ne raconte rien de tout cela a personne, seulement à moi et Freddy, sinon tout ce beau spectacle disparaitra comme de la fumée.

Je promet, et nous joignons nos mains, tous les trois, signant ainsi un pacte, jurant de garder le secret durant quarante ans..

— Parle aussi à Raouf, me conseille Freddy.

Je cherche Raouf, mais ne le trouve pas. Je l’attend mais en vain. Je repousse à une autre occasion, mon désir de le conseiller.

Le soir papa et notre voisin Salem sont assis sur un tapis (une hassira), et sirotent leur thé à la menthe,  garni de cacahuètes épluches. Papa préparé le thé comme d’habitude. Il a acheté en route "tlet ou mia". C’est à dire un tiers d’once de the et cent grammes de sucre. Cela se vend ainsi, tout prêt a Sfax dans tous les étalages. Cette ration suffit a passer une veillée agréable, tout en préparant quatre tournées de the fort et doux. Un vrai délice.

Fatouma et Latifa sont assises près de maman et elles bavardent de tout et de rien, les papotages féminins de tous les temps. C’est alors que Salem a une idée.

 — Clément tu veux rire ? Appelons Raouf, il sait raconter des histoires drôles. (Drôles d'histoire, il aurait du dire).

— Raouf ! Viens ordonne-t-il.

— Oui papa (enâam ya baba).

— Ou étais tu aujourd’hui (fen kent el youm) ?

— Au hammam papa (fel hamman ya baba).

— Et qu’as tu fais au hamman ? demanda-t-il (ech a’melt fel hammam) ?

— Ô papa comme d’habitude je me suis baigné (oumt ya baba).

— Avec qui  (Emâa chkoun ) ?

— Avec maman et tata et d’autres femmes (mâa oumi ouâmti, ouensha akhren).  

Papa étant occupé à verser le the dans un petit verre, levant le bered (la théière) très haut afin de produire une belle mousse, s’arrête, ses yeux vifs sont plantes sur Raouf, il sait d’avance qu’il va entendre des belles...

— Papa, raconte Raouf, Nathan (pour les amis : Vivi) a prit l’aile des jeunes filles, et moi l’aile des femmes. Nous les avons aidé à se savonner, à laver leurs chevelures. J’ai vu ya baba, des culs grands comme des étagères, de seins ressemblant à des gargoulettes, ou gat’om ya baba (et leurs chatons, papa) étaient tout ébouriffés.

Papa regarde son ami Salem et lui dit :

 — Nous devons parler, mon frère.

— Tu as raison Clément. Partez-vous amuser ! Nous demande-t-il.

Nous nous cachons et écoutons la conversation. Elle fut très courte.

— Ecoutez chères femmes, vos enfants ont grandit. Épargnez-leur les petites corvées du bain maure. C’est Salem qui s’adresse ainsi à sa femme et à sa belle sœur.

— Très juste, approuve papa.

Et de ce mot, il me prive de tant de délicatesses.  J’aurai du écouter mes frères, j’aurai pu offrir mes services encore un an ou deux. 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3f/Jean-L%C3%A9on_G%C3%A9r%C3%B4me_013_Moorish_bath.jpg/456px-Jean-L%C3%A9on_G%C3%A9r%C3%B4me_013_Moorish_bath.jpg

Artiste : Jean-Léon Jérôme


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commentaires

duranton 03/12/2011 13:48


surtout qu'à l'époque,yaveh pas de cassettes ni de tv spécialisées

Camus 03/12/2011 16:10



C'étaient les conteurs comme Vivi qui pouvaient nous renseigner? Quel nigaud ce gosse !



duranton 02/12/2011 20:15


il était un peu con l'copin d'Vivi

Camus 03/12/2011 08:55



l'copin d'Vivi : il aurait du se retenir. la parole est d'argent, mais le silence est d'or...



Vivi 02/12/2011 16:05


En effet j'étais un charmant bambin

Camus 02/12/2011 16:44



Tu t'es bien amusé ?






Nina Padilha 02/12/2011 10:25


Les charmes d'orient...
Bisous !

Camus 02/12/2011 10:30



Et les charmants bambins.