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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 10:13

 

Il était une fois ... par Albert Simeoni
‘…Je vous parle d’un temps…Que nos jeunes n’ont pas connu.

Je m’en souviens encore.
De sa charrette (qorita) à bras pour les mieux lotis, ou de la brouette (baruita) pour les vendeurs d’occasion.
Des vendeurs ambulants au même faciès, presque toujours les même qui changeaient de métier au grès des saisons.

Automne/hiver, ces charretiers patentes proposaient pommes, poires, mandarines, oranges, dattes le plus souvent.
Cependant un coin de leur fond de commerce était réservé aux légumes en tout genre mais en petites quantités, faute de place.

A l’approche du printemps, la belle saison, les fruits rouges s’amoncelaient. Prunes rouges et jaunes, (a’ouina) cerises, fraises, ainsi que nèfles (Boussâa yatic boussâa ye Cacouboulou) , amandes (louz yeram fi…..Ye Cacouboulou) , abricots (mèches-mèches), mûres (toutes), citrons doux (lim ahlou).

Je cite les plus connus bien sur. Point de fruits exotiques par contre.

Bizarre, il n’y avait pas de bananes non plus. Elles sont arrivées sur le marché, beaucoup plus tard.

En été pastèques et melons occupaient les places vacantes.

Le vendeur de Hindi sillonnaient nos ruelles avec son bien connu ‘…HARRA BDOUROU’
Les quatre à 5 millimes.
La bouffe des ânes n’était pas chère. A cette époque.

Dés qu’il se pointait au coin de la rue Maman me chargeait d’en acheter une bonne douzaine épluchée surtout à cause des petites épines sournoises et invisibles qui venaient se coller bien souvent entre les doigts.

Je le voyais choisir sa marchandise, une à une en prenant bien soin de me fourguer ce qu’il lui plaisait, c'est-à-dire les plus menues.

Au rythme des années, j’imposais mon choix. Enfin.

Il coupait ma friandise avec son canif bien aiguisé, en commençant en premier lieu, par entailler finement le centre de la peau, sans toucher à la matière. Ensuite, les deux extrémités. Sans que l’une des deux parties en soient décollées. Il y méttait beaucoup de professionnalisme dans sa découpe.

Une fois débarrassé de sa pelure en un seul morceau, les deux extrémités étant pendantes, il soulevait avec habilité et délicatement le fruit pour le décoller et qu’il posait dans mon assiette.

La carcasse flétrie et ridée allait rejoindre un coin de sa charrette.

J’avais une prédilection pour les figues de couleur sanguine.

Une fois la commande terminée, il comptait les pelures et m’annonçait le prix.

Mises au frigo, nous attendions l’après sieste pour nous en régaler.
Un petit hic cependant. Il ne fallait pas trop en abuser sinon la constipation faisait son œuvre.

 

http://www.harissa.com/discus/messages/97/13142.jpg

Breitou (Albert) dans le temps photo prise devant la plage de Kherredine.

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