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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 15:42

 

 

 

Le Rêve de Jacob

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Que celui à qui la fortune sourit, sache aussi  que la vie est une roue qui tourne et que rien n´est jamais acquis si l´on ne sait partager avec les plus démunis; les possessions matérielles ne sont-elles pas éphémères ? Et à l´instant de quitter notre enveloppe corporelle, quel est le bien que nous emportons dans le monde de la Vérité et qui cependant perdure sur terre au delà de notre existence?

 

La Tradition énonce que ce sont nos bonnes actions qui s’inscrivent dans les gênes spirituels de nos  enfants mais aussi des âmes que nous éveillons à la transcendance; nous sommes, dit-elle, redevables de nos intentions et de nos actions, du bien et du mal et de la manière dont nous avons témoigné du message de l´Unité divine auprès de nos semblables.

 

Les anges montent et descendent…

 

Chaque nation bénéficie d´un ange gardien tutélaire qui  protège son peuple et  plaide en sa faveur car aucun peuple ne démérite au point de ne pouvoir avoir un défenseur;  Mais ensuite chaque ange gardien doit redescendre sur terre pour exécuter les décrets du ciel.

 

Jacob va donc partir en exil pour de nombreuses années et de la même manière, sa postérité sera en exil au milieu des nations hostiles pour deux mille ans. Mais qu'aucune de ces nations n’oublie jamais que si le Nom de Dieu qui préside du haut de l´échelle est le Tétragramme (soit selon la kabbale, l´attribut de la clémence divine), il n´en demeure pas moins que le mal retourne au mal quand leurs auteurs se complaisent à semer la mort et à faire vibrer la haine meurtrière dans le cœur des hommes. 

 

Car dit encore la Tradition juive, Israël doit devenir une lumière pour les nations, en ce sens que l’exil a pour fonction de révéler la lumière Une de l´Eternel et que le peuple juif a pour mission de porter témoignage de sa fidélité à Son unicité… et ce en dépit des tempêtes  de l´histoire, les conversions forcées,  les bûchers, les pogroms, l´inquisition et la shoah. 

 

Est-ce à dire qu’Israël est toujours une lumière pour les nations ? La question est légitime et elle s´impose. Je sais bien que nombreux sont les antisémites qui m’ attendent au tournant.  Et je ne crains pas de répondre.

 

Nous sommes un peuple comme un autre, qui se perd dans l’accessoire et le futile, qui chute en chemin et aspire parfois à la normalité qui pour certains consiste à gommer les différences, voire à se retourner contre ses frères. Il y a parmi nous, comme ailleurs, des héros et des lâches, des justes et des criminels. Il y a parmi nous des juifs qui vendent leurs frères pour se débarrasser de leurs propres difficultés à assumer leur judéité.

 

Mais  Israël en tant que  peuple dans son ensemble devient une lumière pour les nations quand les nations cristallisent leurs haines et leurs ressentiments et tentent par la force de nous jeter dans les poubelles de l’histoire. Quels que soient alors nos mérites, cette haine réveille en nous le sentiment que nous sommes le peuple d’Abraham et que pour rien au monde nous renoncerons à en porter témoignage. 

 

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L’obsession anti-juive quelque soit les formes modernes qu´elle prenne aujourd'hui, réveille en nous le sentiment que nous sommes un peuple particulier et qui sait devenir Un et alors nous retrouvons cette solidarité si chère aux yeux du Ciel; c’est la haine qui se porte sur Israël  qui a le pouvoir de nous construire tous ensemble pour assurer notre fidélité au projet d´homme que nous portons en nous; ce sont leurs armes de mort qui nous font aimer la vie;  ce sont leurs obscurités qui font de nous une lumière pour les nations.

 

    A Jacob, notre père sera confirmée la promesse de la possession de la terre sur laquelle il dort et qui n’est pas moins que  le cœur secret qui fait vivre le monde, puisque c’est le lieu du Temple de Jérusalem. A Jacob, sera aussi confirmée  la promesse selon laquelle les familles de la terre seront bénies à travers lui et à travers sa postérité.

 

Cette promesse que je lis dans le texte hébreu et qui accompagne le peuple d´Israël depuis 2000 ans, résonne étrangement aujourd'hui où Ismaël , qui symbolise les nations arabes  dénie au peuple juif le droit de vivre sur cette terre, condition pour être le réceptacle de la bénédiction universelle; elle résonne étrangement puisqu' Israël est effectivement devenu le rempart de la lutte contre les forces obscures du terrorisme islamique international;  alors faut-il entendre ainsi la promesse de la bénédiction pour les familles de la terre par la postérité de Jacob ?

 

Si le projet génocidaire de l’Iran venait à se concrétiser et si  Israël devait être rayé de la carte du monde, les démocraties occidentales ne seraient-elles pas alors la prochaine et dernière cible ? Si Israël ne prenait pas les mesures qui s’imposent contre la bombe nucléaire du petit chef de l’Iran,  qui peut imaginer quel sera demain le sort de l´Europe ? Qui fera le travail qui consiste à défendre la liberté et les hommes contre l’obscurantisme islamiste ?

 

Je ne sais si je m´éloigne;  je prends de bien grandes libertés avec le Texte. N´y voyez aucune prétention de ma part; c’est Le livre lui-même qui nous invite à chercher l’esprit dans la lettre; à la différence des musulmans qui lisent le Coran, les juifs ont le droit et même le devoir d´interpréter le texte, car le sens ne saurait être figé une fois pour toutes, ni enclos dans un écrin inviolable;  je n´ai donc fait que répondre à l´invitation du Livre  et mon regard n’est qu´un parmi tant d’autres possibles.

 

Le Lieu qui m´interroge n´est-il pas l’interrogation essentielle qui habite le cœur des juifs ? Quel est notre lieu sur terre ? Tout nous est contesté ! Que ce soit la réalité des chambres à gaz où plus de six millions des nôtres sont partis en fumée; que ce soit notre terre Israël baptisé Palestine pour mieux nous déposséder du lien insécable qui nous attache à elle; que ce soit la tombe de Rachel, notre mère; que ce soit le mur occidental du Temple de Jérusalem; que ce soit Hébron ou que ce soit même notre propre existence puisque selon un « historien de pacotille »  israélien, en mal de notoriété occidentale, le peuple juif n´existe pas. Il serait une illusion de  l´esprit mais à ce point préoccupante  pour le monde arabe, l’Onu et autres qu’il fait l’objet de la quasi-totalité des condamnations internationales ! Le peuple juif n´existe pas mais on programme sa liquidation planétaire ! Alors, lorsque tout nous est contesté, que nous reste-t-il si ce n´est la force de l´unité et la foi en une promesse spirituelle faite à nos pères ?

    

Me suis-je de nouveau éloignée ? Je n´en suis pas sûre.

 

Le Lieu, « Makom » a pour valeur guematrique 186 mais étant aussi le nom de Dieu, se pourrait il que le Nom-tétragramme qui figure au dessus de l´échelle ait un rapport avec ce nombre ? La réponse est positive car si vous élevez au carré chacune des lettres du tétragramme, vous obtiendrez très exactement 186 (soit 10- 5- 6- 5).

 

Le mot échelle tel qu´il est orthographié dans le récit du rêve de Jacob vaut 130, qui est aussi la valeur du mot Sinaï. Or Moise a dû graver la montagne du Sinaï pour recevoir les tables de la Loi.

 

La ville s´appelait Louz avant qu´elle ne soit la porte du ciel; Louz est un petit os presque cubique qui se trouve à l´intérieur du crâne,  au sommet de la colonne vertébrale et dont la Tradition orale dit qu´il est l’os indestructible à partir duquel les ossements se remembreront. Il s´agit donc d´un os d’éternité et d´un os d’espoir. Il est le lien par excellence du spirituel et du matériel puisque de lui, la vie est censée refleurir.

 

Comment la ville de Louz ne serait-elle pas alors l’échelle de lumière de Jacob qui permet d´ouvrir la porte des cieux et d´unir le ciel et la terre ? Comment Le Lieu ne serait-il pas lié au Nom de l´Eternité puisque Louz est également un os d´éternité ?

 

Quant aux noms divins El et Elokim  repris par Jacob, ils renvoient à une autre dimension du divin que je ne puis développer ici sous peine d’allonger encore bien davantage la longueur du présent texte.

 

Il me faut conclure.

 

L´échelle de Jacob est une échelle intérieure qui se trouve en chacun de nous et qu´il nous faut gravir pour espérer voir un jour s’ouvrir la porte de l’éternité. Ce que représente « gravir son échelle intérieure »  dépend bien entendu, des faiblesses de chacun mais l´échelle vient nous signifier tout au moins le chemin du Possible pour nous connecter à la transcendance et revenir dans le monde des hommes pour le parfaire.

 

Rachel Franco, Jérusalem

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commentaires

Philoplume 07/12/2010 00:06



L'histoire est intéressante. Comme c'est vrai, l'échelle de Jacob est une échelle intérieure en chacun de nous. Jacob a mis sa tête sur une pierre, en hébreu cela s'écrit : 'a-ben', d'où la
particule 'ben' qui veut dire fils. Jacob ayant vaincu avec l'ange a bien été appelé "Israël". A travers la guématria et  l'alphabet on trouve beaucoup de choses. J'ai appris cela, je
devrais m'y remettre.


Vraiment encore désolée de cet incendie. Il faut reprendre confiance, tout s'arrange. Bises et à bientôt



Camus 07/12/2010 09:29



Bonjour Philoplume.


Quand on s'y met on découvre plein de sens cachés dans les écrits saints. Et beaucoup d'interprétations. J'aime. Comme toi, je voudrais m'y mettre.


Pour l'incendie, nous avons été émus par la solidarité des peuples européens et aussi de La Turquie et de la régence Palestinienne.


Bisous Philoplume...



therese 02/12/2010 18:56



Comme d'habitude Rachel nous emerveille avec sa plume qui ne cesse de nous enchanter...


Tes mots sont comme des gouttes d'eau qui tombe sur une terre assoiffee... elles sont absorbees instantanement... continue je te prie d'ecrire pour nous octroyer ce rayon de joie qui tend a nous
echapper...


Hag Ourim Sameach a Camus et sa famille, a Rachel et ses siens...


Therese.



Camus 03/12/2010 13:37



Rachel est inégalable. je l'adore.


Hag Saméah et Shabbat Shalom Thérèse.


Aîe depuis hier je suis tellement triste, cet épouvantable incendie m'a mis en pièces.


Courge, relevons nous de cesw cendres.