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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 10:34

 

Au chevet des blessés Syriens

Les blessés Syriens redoutent des représailles pour leurs proches. Les autorités israéliennes ne fournissent aucun chiffre global. Tous les blessés traités sur un pied d'égalité, assure-t-on.

A une centaine de kilomètres de Damas, un rebelle syrien repose sur un lit d'hôpital, une sentinelle israélienne à la porte ; non loin, une mère syrienne veille au chevet de sa fille, qui a reçu une balle dans le dos venant d'un tireur embusqué.

Rares au début de l'année, les combattants et civils syriens hospitalisés dans un pays qui est toujours sur le papier en guerre avec Damas sont désormais plusieurs dizaines.

Ces "blessés de l'ombre" sont transportés dans la plus grande discrétion en Israël à travers la ligne de front passant par le plateau du Golan.

L'Etat hébreu refuse d'accepter des réfugiés venant d'un pays avec lequel il est, depuis la guerre du Kippour en 1973, techniquement en état de belligérance.

Mais il soigne des blessés de la guerre civile syrienne et, toujours soucieux d'améliorer son image négative dans les opinions publiques arabes, les Israéliens n'en font pas mystère.

Certes, les blessés bénéficient dans les hôpitaux israéliens d'excellents soins médicaux mais le voyage à travers la frontière n'est pas de tout repos pour ceux qui redoutent par dessus tout que leur entourage subisse les foudres des partisans du président Bachar al Assad.

"Un homme de mon village était soigné en Israël. Les forces du régime ont tué ses trois frères", raconte la mère de l'adolescente hospitalisée. "S'ils savaient où nous sommes actuellement, ils tueraient mes fils et mon mari."

Par crainte de représailles contre leurs proches, les Syriens soignés en Israël et qui ont accepté de témoigner ont demandé à ne pas être identifiés nommément.

Soins gratuits

La mère de la jeune fille de 16 ans, paralysée des deux jambes à la suite de ses blessures, est depuis un mois à l'hôpital de Galilée occidentale de Nahariya, sur la côte méditerranéenne, non loin du Sud-Liban et à environ 80 km à l'ouest de la ligne de cessez-le-feu supervisée par l'Onu sur les hauteurs du Golan.

Il y a quelques semaines, des combats ont fait rage dans son village entre rebelles et forces loyales à Bachar al Assad. Profitant d'une accalmie, la jeune fille a, contre l'avis de sa tante qui redoutait la présence d'un tireur embusqué en face, ouvert la porte. Plusieurs balles l'ont atteinte.

La jeune fille, en sang, a été transportée d'urgence sur un hôpital de campagne installé par la rébellion où l'on a retiré une balle logée dans un poumon. Mais les médecins, impuissants face à la gravité de ses blessures, ont conseillé à la mère de franchir la frontière pour aller en Jordanie ou en Israël.

"On captait la télévision israélienne dans notre village et je savais que ce pays est très avancé du point de vue médical", explique la mère. "En Jordanie, il m'aurait fallu payer et je n'avais pas l'argent nécessaire. Ici, les soins sont gratuits."

Elle n'a pas voulu s'étendre sur la façon dont elle et sa fille ont passé la frontière et ont été récupérés par des soldats israéliens qui les ont amenées à Nahariya. Mais elle a reconnu que des insurgés les avaient aidées à gagner le secteur de la ligne de front de 1973.

Sur un pied d'égalité

L'hôpital de Nahariya a accueilli plus de 80 patients syriens depuis le mois de mars, date à laquelle Tsahal a commencé à accepter des blessés parvenant à franchir la frontière.

L'armée israélienne reste, elle aussi, muette sur la manière précise dont sont acheminés et pris en charge les blessés. Elle ne dit pas davantage s'il existe une sorte de coordination avec la rébellion syrienne sur le sujet.

"La question est, vous le comprendrez aisément, ultrasensible et met en jeu la vie de personnes", explique une porte-parole de Tsahal.

Même silence chez les observateurs militaires des Nations unies cantonnés le long de la ligne de cessez-le-feu qui court sur 75 km.

Israël a conquis les hauteurs du Golan syrien lors de la Guerre des Six-Jours de 1967. La population, majoritairement druze, s'est installée pour une bonne partie du côté syrien de la ligne de démarcation.

Tsahal a installé un hôpital de campagne sur une crête qui domine un groupe de villages syriens. On y entend fréquemment des coups de feu et des explosions venus du territoire syrien.

Certains blessés syriens viennent s'y faire soigner avant d'être renvoyés. D'autres sont orientés sur des hôpitaux situés en Israël.

"On ne sait pas comment ils sont arrivés, nos confrères de Tsahal se contentent de nous informer de leur arrivée", témoigne le Dr Choukri Kassis, du Centre médical Ziv de Safed, une ville située à 40 km de la ligne de front avec la Syrie.

Il raconte que son dispensaire a soigné plus de 90 Syriens depuis février. Les autorités israéliennes se gardent quant à elles de divulguer le chiffre global des blessés syriens soignés dans tous ses hôpitaux.


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Source : http://www.juif.org/go-news-188875.php


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Published by Camus - dans Revue de presse
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