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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 14:13

SANDAK II La suite du reportage raconté par Breitou.


C'est parce qu'elle sont sorties du cœur
UNE JOURNÉE BIEN PARTICULIÈRE.
SANDAK II



La syna est prête à nous accueillir.

Une centaine de convives, hommes et femmes prennent possession des chaises alors que le Moel est fin prêt. Il discute avec le rabbin.
Je prends ma place au premier range en compagnie de mon ami Meyer, mon photographe attitré.
Sans lui ces images ne seraient pas là.

Le rabbin commence sa litanie sous les yeux de l’assistance qui écoute les prières.
Il conclut son oraison par des refrains de son crû, bien de chez nous toute et forts sympathiques. Certains des convives accompagnent sa mélopée alors qu’il tambourine sur la téba.

Le bébé est dans la salle, sans son landau. Sa maman est prés de lui.
Le Moel fait enfin signe de présenter le bébé. Son papa l’amène et le remet à mon beau frère,

alors que je suis déjà assis sur le Trône. Vêtu de mon taleth. J’attends la passation.

Mon bof me remet le futur circoncis.


  http://nsa14.casimages.com/img/2010/03/10/mini_100310085653263930.jpg

Le Moel place un petit tabouret sous mes pieds afin que la hauteur, avant la Milah, lui soit favorable.
Il cale le bébé entre mes bras tout en m’ordonnant de serrer les genoux.

Il ajuste le bébé sur son coussin et le voilà préparer les instruments.

Le bébé est donc dans mes bras. J’écarte légèrement ses petites jambes tandis que le Moel lui soulève son tulle blanc.
A cet instant précis, je suis coupé du monde.
Je suis concentré. Je suis avec lui.

Je n’entends plus rien. Aucune rumeur ne vient perturber mes oreilles.

Je suis rentré dans un autre univers. Il se produit comme une alchimie en moi, un surplus d’adrénaline qui monte.

Les rabbanims parlent d’une alliance entre D ieu, moi et le bébé à ce moment d’avant quelques minutes de la Milah.


http://nsa15.casimages.com/img/2010/03/10/100310095349640513.jpg


Son papa souffle le prénom du petit bébé sans prénom pendant 8 jours, pour annoncer GABRIEL-DAVID au rabbin qui lui va le dévoiler à l’assistance. Ceux qui sont passés par là ont eu surement la même impression. La même émotion.

Une communion d’esprit qui va crescendo. Mon regard est sur le bébé, et le sien est sur moi.

Nous sommes tous les deux associés dans ce même regard. Le moment est très important et par instinct le bébé regarde vers le Moel. Le Moel marmonne ses prières alors que ses mains habiles vont trifouiller en profondeur la chaire du petit. Le prépuce est visible alors que le petit gland est retenu par une pince à l’intérieur de la verge.

D’un coup sec, net et tranchant, il coupe le surplus, le prépuce et là apparait le gland du petit. Une giclée de sang presque violette vient salir ses doigts.

http://nsa14.casimages.com/img/2010/03/10/mini_100310095545665217.jpg

L’ultime opération est la succion du gland. Le Moel, toujours avec une grande maitrise va, en qqs secondes, happer ce dernier pour le désinfecter par sa bouche remplie de Boukha.

Il rejettera cette gorgée d’eau de vie polluée de sang dans un sceau d’eau. Le prépuce sera enterré au moment même dans un petit bac à sable, jusqu’à pourrissement.

Un bout de tissu imbibé d’eau de fleur d’oranger apaisera tant soit peu sa douleur durant toute l’opération.

Je détourne ma tête pour voir au fond de la salle sa maman. Je hoche la tête et par ce signe, je lui fais comprendre, alors qu’elle pleure, que c’est fait. Son fils est circoncis selon la loi de Moise.
La Milah vient de s’achever sous les youyous d’usage se font entendre dans la salle sous les pleurs du petit.

Qqs minutes plus tard, Gabriel-David sera donné à sa maman toute émue.

Je suis encore assis sur la haute chaise pour bénir qqs convives qui se présentent à moi. Je les bénis de bon coeur. Le premier qui se présente devant moi, à ma grande surprise est Vivi Il Diabolo. Je lui souhaite une bonne santé.
Je me sens pendant ces minutes de réconfort comme un SAINT à qui on vient demander une grâce.

Car parait t’il d’après nos rabbanims, je suis devenu blanc comme mes noirs, vierge de tous péchés.

Jusqu’à quand… ?

Photos MeYeR


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commentaires

schwaibold 04/09/2011 03:43



vous etes fou



Camus 12/09/2011 09:54



fschwaibold@freesurf.ch


IP 81.221.71.70


Ce n'est pas beau d'insulter...



albert 14/03/2010 17:04



Il faut savoir que remettre le rôle de SANDAK envers un proche de la famille est d'un grand respect. C'est un des plus grands priviléges de la loi de Moise.
En génèral, ce rôle est attibué au papa du garçon mais ce dernier peut l'offrir comme je l'ai dis en signe de respect au beau pére, ou à son papa. D'ailleurs la passation du bébè se fait de
pére au grand-pére ou vice versa je crois. Il arrive qu'entre les deux, un jeune homme célibataires serve  de trait d'union entre la remise de l'enfant et le SANDAK et celà afin qu'il trouve
dans l'année courant une KALAH, une fiancèe.

Merci les amis. Camus tu peux envoyer la suite SANDAK 3.
Le final, un brin d'humour et d'émotion avec maman.

Merci.
Asslama lââziz. 



Camus 15/03/2010 21:44


En véritré c'est un grand honneur !

Bravo Albert Superstar !


tulsi ram 12/03/2010 16:28


tres touchant , biber tu nous a eu une fois de plus !


Camus 14/03/2010 15:36


Biber est un conteur sensible.

Qui le connait mieux que toi ?


martine milazzo 12/03/2010 15:57


Quelle émotion j'ai eu en lisant ce récit !!! la communion d'esprit de ce grand-père et son petit fils est poignante.

La description de la circonsition aussi, j'en avais entendu parler mais décrite ainsi jamais, on apprend à tout age disait mon papa.


lbert sait raconter 14/03/2010 15:34


Albert sait raconter.
Dans son magasin, entre un client et un autre, il écrit des contes, de la poésie, des nouvelles.
En plus un grand ami de La Goulette.