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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 11:51

Je publie ici l'opinion de mon ami Mohamed Aloulou, car comme lui, je trouve qu'il serait juste d'unir les syndicats afin de les convaincre de lutter et de se préoccuper de la gestion politique de La Tunisie quand il encore temps de le faire, afin de sauver sans plus de dégâts l’essentiel et ce qui reste à sauver.

Il est normalement légitime et même démocratiquement inévitable que les syndicats aient le droit sinon le devoir de se préoccuper activement et à tout moment de la gestion politique de leur pays. Le politique décide en effet des choix économiques et sociaux qui conditionnent la vie du citoyen, au cœur-même de leurs préoccupations premières et de leur raison d'être en tant que syndicats.

Par contre, il est anormal et anachronique, sinon injustifiable et illégal, que des Imams s’immiscent  aujourd’hui avec cette « hautaine autorité » dans la vie politique pour prôner ouvertement un pouvoir théocratique, dans une République civile (laïque) où rien ne menace ni ne risque de contester au citoyen sa liberté de croyance ou l'exercice sa foi.

Chez nous aujourd’hui sévit un double paradoxe, aussi péremptoire que choquant : 

  • D’un coté des Imams prétendent, sans retenue et au fi des principes de notre République, incarner la volonté divine en appelant sans détours à l’instauration d’une théocratie, un système où ils seraient bien entendu « les tuteurs désignés » et les incontournables contrôleurs (détenteurs) du pouvoir. Cela convient parfaitement à la coalition majoritaire (troïka) dominée par le parti Nahdha et omnipotente à l’ANC. Cette « autocratie de fait » a favorisé les abus de pouvoir du  gouvernement de transition et assis l’hégémonie islamiste qui rêve de perdurer.
  • D’un autre coté, les ténors de "l’absolutisme nouveau" accusent les syndicats de «se mêler de politique», considérant cela comme un débordement inconvenant du cadre syndical autorisé (?) et comme une intrusion non permise (??) dans ce qu’ils croient être leur chasse gardée. En fait, des «despotes naissants» reprochent à des Institutions Historiques aux traditions patriotiques de premier plan de s’inquiéter de la situation catastrophique où est mené leur pays et de réagir civiquement à une politique qui menace les droits et les intérêts légitimes de leurs affiliés, alors que par ailleurs ils n’aspirent nullement à prendre le pouvoir ou gouverner le pays.

Le plus choquant est que, dans une conjoncture de transition démocratique, de tels paradoxes aient pu être admis et banalisés d’autorité, couverts et même justifiés jusque dans leurs dérives violentes. Ainsi, pour avoir manifesté une velléité indépendance politique, l’UGTT s’est retrouvée sanctionnée, impunément assaillie par les « forces de dissuasion » pro-gouvernementales, entre milices musclées qui terrifient et bastonnent et Imams prêcheurs qui diabolisent et bâillonnent.

L’obsession absolutiste inhérente à certaines doctrines les empêche d’admettre qu’en Démocratie la Politique ne peut être perçue par personne comme un monopole de fait, même pas par ceux qui se croient investis de la mission (sacrée) de dominer et encore moins par des Imams qui croient devoir et pouvoir imposer ce concept hors sujet dans une vraie Démocratie.  

Il est temps que « l’amalgame abusivement exploité » entre Religion et Politique cesse effectivement et que les prêches ravageurs des quelques « Imams d’un autre âge » ne soient plus tolérés.

Le comble, c’est que certains Imams puissent continuer librement de semer la discorde et d’appeler à la diabolisation (potentiellement fatale) des "dignes citoyens" qui se font un devoir d’user sans crainte de leur droit d’opinion et de se préoccuper dûment du sort de leur pays, les syndicalistes entre autres et en particulier.

Le «juste destin» a voulu que ce soit l’UGTT, hier encore fustigée par les adeptes de l’autoritarisme agressif, qui contribue aujourd’hui volontairement à donner l’espoir d’une solution juste et loyale à la gravissime crise qui nous accable. Une fois encore depuis sa création elle est au rendez-vous de notre histoire nationaliste militante par son implication déterminante dans la lutte pour l’Indépendance et par sa contribution indiscutable à la réussite de l’Etat moderne, certes à parfaire mais hélas à ce jour sérieusement menacé.  

Ce qui conforte l’espoir, c’est qu’une initiative sage et impartiale, menée avec tact et mesure, puisse venir forcer les adversaires politiques à négocier en plaçant l’intérêt de la Nation au dessus de tout.   

Ce qui consolide l’espoir en cette initiative, c’est qu’elle soit "aussi et maintenant" celle d’autres éminents acteurs de la Société civile (UTICA, Ordre des Avocats et LTDH) et qu’elle soit à l’évidence soutenue avec autant de conviction et d’espoir par la quasi-totalité de l’opinion publique.

Les citoyens tunisiens dignes de ce nom, aussi fiers et jaloux de leur Culture que de leurs acquis modernistes, ont enfin compris la nécessité incontournable de s’unir sans calculs ni délais, pour sauver sans plus de dégâts l’essentiel et ce qui reste à sauver.

C’est la seule façon d’enrayer le retour certain de la dictature et de dissuader les adeptes de l’absolutisme intransigeant qui s’emploient à vouloir briser nos rêves et tuer nos espoirs.

Mohamed Aloulou

Tags : Mohamed Aloulou   UGTT  

Source : http://www.leaders.com.tn/article/syndicats-imams-et-politique-dans-la-republique-des-paradoxes-islamistes?id=12351&nuid=0&did=0http://www.leaders.com.tn/images/images-v2/logo_leaders.png

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