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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:14

Tou-Bichvat


Tou Bichvat également appelée « H’amishah Assar Bi’shvat » sera  fêtée le 8 février 2012. La fête des arbres ou Tou Bichvat est le lien entre l’homme et  la nature. Cette fête hivernale annonce les prémices du printemps : la sève qui commence à remonter dans les arbres donc le renouveau de nature.
Signification de la fête

 

Le fruit est un cadeau du Tout-Puissant, une création de Hashem dans l’une de ses formes les plus harmonieuses, ceci pour honorer le passage de la fin d’une année du monde végétal vers une nouvelle année :  on remercie Hashem en tant que Créateur de chacune des familles de fruits.
Une seconde signification se rapportant à la Genèse, place l’arbre au plan du glorieux : il faut préserver tout ce qu'Hashem a créé. Au-delà de cet aspect sacré, il est fait référence à la ressemblance entre l’homme et l’arbre, qui produisent l’un et l’autre branches et fruits et possèdent leurs racines, celles de l’arbre sous terre, celles de l’homme dans le ciel.

 

Tradition


Le  rituel est de planter un arbre à Tou-Bichvat. La saison étant propice à cet acte, les pluies à venir arroseront les nouveaux plants qui s'enracineront aisément. Ainsi il est de coutume que les élèves des écoles sortent à Tou-Bichvat planter un arbuste pour caque enfant, soit dans un coin de l'école désigné à ce but, soit dans un emplacement indiqué par la commune et  consacré au boisement. Dans les maisons privées dotées d'un jardin cette coutume y est courante.

Tradition à la maison

Il est d’usage de poser sur la table une bouteille de vin rouge et une bouteille de vin blanc. Le vin rouge figure la floraison et les suites du soleil sur la croissance du fruit. Le vin blanc est lié à  la chute des feuilles, à l'hibernation des arbres, à leur affaiblissement.
On fait une bénédiction à chaque sorte de fruits :
Les fruits dont on mange la peau et la pulpe ;
Les fruits dont on jette l’écorce dure ;
Les fruits dont on jette le noyau dur.

La tradition des Juifs Tunisiens


Les juifs Tunisiens préparent la bchicha pour la veille de Tou-Bichvat. C'est un mélange de blé, pois-chiches et févettes selon deux parties de blé pour une seule  des autres ingrédients. Sont ajoutés des épices : coriandre et anis soit  300 grammes pour chaque kg de chaque kg des précédents ingrédients. Des pelures d'oranges seront agréées. Chauffer au four et moudre.
La bchicha est servie enduite d'huile d'olive et d'eau (ou sans ajout d'eau). On y ajoute du sucre, des fruits secs, dattes, noix, amandes  selon le choix.
La bchicha est mélangée à l'aide d'une clef nettoyée au préalable. La clef est le symbole de la prospérité. Le maître de céans récite un souhait : " Comme cette clef  ouvre les portes, ouvre-nous Grand-Maître de la Prospérité les portes de tes biens  et garde nous en bonne santé. Offre-nous une année fertile et riche". Traduction libre.

Anecdote


En 1976 j'ai accompagné comme vigile et infirmier mes filles qui étaient au cours supérieur à une excursion de trois jours au Gilboa et autres sites, le Mont Tabor, le Kinnéreth, le Jourdain et la haute Galilée. Or Tou-Bichvat tombait au cours de cette randonnée, ma maman ayant trouvé insolite ce voyage a placé parmi nos aliments une petite boite de bchicha.   Les filles étaient départagées en groupe de quatre pour les repas, chacune apportant sa contribution. Je me joignis à mes filles et leurs amies. Lors du premier repas une de nos amies mettant la table, a trouvé la petite boite et l'a ouverte.
-    Une clef ? Il y a une clef dans cette poudre.
Il fallait alors expliquer notre coutume qui  lui était inconnue.
-    Alors mélangeons la bchicha, proposa la fille.
Des années plus tard, cette jeune fille venait chez nous à Tou-Bichvat et demandait de remuer la bchicha avec nous. 

La Séoudat Ytro, le Festin de Jethro


Unique aux Tunisiens, cette célébration  a lieu le jeudi de la semaine ou l'on lit la Paracha de Jethro ou Ytro (durant le mois de Chvat). Elle est absolument extraordinaire. Les garçons de la maison sont sacrés rois pour la journée. Une table miniature est dressée pour eux avec une vaisselle faite de petites assiettes, petits verres et petits couverts. Un pigeon est préparé pour chaque garçon de la maison ainsi que des mini-pâtisseries et mets (yoyos, manicottis, fèves bouillies  et briks), ce qui contribue à créer une ambiance unique pour cette célébration. Le tout pour donner une impression que le dîner est offert aux fils, les parents et les filles y participent bien sûr mais l'intention est dirigée vers les fils. Entre parenthèses je dirais que mon papa élevait des pigeons qui se multipliaient très vie, il n y avait donc pas de problèmes du côté pigeons.

 

Il y a plusieurs théories quand à l'origine de cette fête et celle qui a le plus de validité à ce jour est la suivante : il y a eu dans un passé assez éloigné au cours du 19ème siècle une épidémie de diphtérie très grave qui sévissait en Tunisie, faisant énormément de victimes chez les garçons. Comme par miracle, cette épidémie s'arrêta durant la semaine où l'on lit la Paracha Jethro d'où la célébration. Selon la tradition, après maintes prières.
Depuis chaque année les Juifs Tunisiens fêtent ce dîner destiné aux enfants le jeudi de la semaine de la lecture de la Paracha de Jerthro au mois de Chvat.                                                 

 

Y-a-t-il une autre explication à cette âda, ce mœurs ?  Selon une 2ème théorie, on fête au mois de Chvat la fête des garçons pour les encourager dans leurs études thoraniques. En fait Chvat est aussi le mois des garçons, tandis que le mois de Tévet à Hanouka est le mois des filles.


Cette année Tou-Bichvat tombe le 8 février 2012, tandis que le festin de Yétro sera célébré le jeudi 9 février. Les deux fêtes se suivent, mais le festin est toujours organisé un jeudi, deux jours avant la lecture de La Paracha. 

 

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Service pour le festin d'Ytro. Photo Miri Elkalay : Musée Amit, Nethanya

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