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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 22:16

Les Sfaxiens


Mais qu’est-ce donc un Sfaxien ? Un trait de caractère fait que Le Sfaxien est joyeux, blagueur et parfois gouailleur. Ce qui le rend redoutable dans l’humour !

(Impromptu humoristique écrit à l’occasion du Rassemblement Sfaxien de Beer-shev’a le 12 août 2008).


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Par  le Dr' Reuven (Roger) Cohen

 

Je n’ai jamais entendu quelqu’un poser cette question au sujet d’un Soussien, d’un Bizertin ou d’un Nabeulien. Un Soussien est un Tunisien comme les autres, voilà tout.

La chose va de soit et point n’est besoin de décomposer son identité entre la forme et le fond, l’essence et la substance, l’être et l’avoir.

Il est Soussien ou Bizertin ou Nabeulien tunisien, comme on est Stéphanois, Lyonnais français, ou Florentin italien. Il n’y a pas lieu là de chercher midi à quatorze heures.

Or, voilà que la chose est autre lorsqu’il s’agit d’un Sfaxien. Un Sfaxien est avant tout un Sfaxien. Avant tout et même, soutiendraient les extrémistes, il n’est que Sfaxien !

Mais qu’est-ce à dire ? Qu’est-ce donc un Sfaxien ?

Un Sfaxien prendrait-il la forme du vase qui le contient ? Serait-il influencé par l’atmosphère qui règne à Bab Jébli, comme l’est un TiTi parisien par celui de La Butte ? Ou bien un Marseillais par le Vieux Port ? Ressemblerait-il à ce Napolitain criard qui se conduit comme s’il était toujours sur la jetée ? A ce Londonien rigide et froid qui se prend pour la Tour de Londres ?

 

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L’Hôtel de Ville


Un Sfaxien ne ressemble à rien d’autre et à personne d’autre qu’à un autre Sfaxien. C’est la raison pour laquelle, que l’on soit curieux ou flegmatique, à entendre parler d’un Sfaxien on ne peut s’empêcher, puisqu’il en est ainsi, de poser cette question clé : "Un Sfaxien ? Mais qu’est-ce donc alors un Sfaxien ?"

Certains vous répondront par un soulèvement d’épaules, gonflant les joues et émettant ce son qui en dit long sur leur ignorance. D’autres, plus doctes, hocheront la tête d’un air entendu, genre de vous signifier : "Sais pas exactement moi, mais c’est quelqu’un de particulier, un pas comme tout le monde !"

S’il en est ainsi, sur quoi repose donc sa particularité ?

Tout d’abord, sur son histoire. Le fait que les Tunisois lui aient volé son "Droit d’aînesse" l’a profondément marqué. C’est vrai qu’en 1946, d’après l’historien Paul Sébag, qui quoique Tunisois est un homme de science fiable, les Juifs de Sfax, que je prends comme exemple représentatif de tous les Sfaxiens, ne comptaient que 4223 habitants, alors que ceux de Tunis en comptaient 41025. Donc dix fois plus. Et comme en Histoire, comme en Démocratie, c’est le nombre qui compte, on a transmis aux Tunisois ce Droit d’Aînesse qui lui appartenait depuis le grand corsaire Draggut.

Et sa ville, qui comptait 21 millions d’oliviers dans ses fameuses oliveraies qui ont fait la richesse de la Tunisie et celui du "Savon de Marseille", est passée au second rang. Cette injustice l’a si profondément marqué, que le Sfaxien n’aura de répit que si ce Droit lui est rendu ! Afin de reprendre son Droit d’aînesse, il fera donc tout pour se distinguer, partout et dans tous les domaines, et pour n’être égal qu’à soi-même. Depuis celui de la méloukhia et du couscous au poisson, jusqu’à celui de la réussite économique et académique.

Un autre trait de caractère sur lequel repose sa particularité et qui fait que le Sfaxien "est ce qu’il est", est ce que je nommerai, à la suite de Brassens, "Les copains d’abord !"

Ce Rassemblement auquel vous participez en dit long sur ce point. Oui, je sais que les mauvaises langues nous ont accusés d’avarice et d’égoïsme, et que l’on raconte qu’un Sfaxien qui attend sur le quai de la gare de Sfax la micheline de Tunis, pose à son hôte comme première question "Quand retournes-tu à Tunis ?". Comme il n’y a pas de fumée sans feu, la chose doit être un peu vraie.

Cependant, j’ajouterai qu’il devait s’agir là certainement d’un cas limite, d’une exception qui confirme la règle. Car à voir comment Gisèle, Camus et Vivi reçoivent, nul doute que le Sfaxien aime les copains, et prend plaisir à les recevoir ! A moins que se soient eux qui sont l’exception qui confirme la règle !

Peu importe !

 

Le nouveau théatre - 27.2 ko

 

                                                    Le  théatre

Un autre trait de caractère que l’on ne peut refuser au Sfaxien, est que Le Sfaxien est joyeux, blagueur et parfois gouailleur. Pour cela il aime fonctionner dans ce domaine parmi ses compatriotes. Ce qui le rend redoutable dans l’humour ! Malheureux le Tunisois guindé qui tombe entre les mains d’un Sfaxien, ou de Sfaxiens, dans les joutes d’humour. Ils en font une véritable chakchouka.

Et puis, connaissez-vous un autre Réunion de collectivité urbaine autre que le "Rassemblement Sfaxien ? Il y a-t-il un "Rassemblement" Soussien, Bizertin ou Meknessien ? Vous n’en trouverez aucun autre qui ressemble à celui de Sfax ? Et pourquoi ? Et pourquoi ? Mais parce que le Sfaxien est imbu de sa particularité et qu’il se targue de la souligner et de la divulguer. Et avec raison, car n’est pas Sfaxien qui le veut ! Il faut pour pouvoir l’être, être reconnu comme tel par ses pairs et par ses copains !

 

 

 

Et un dernier trait, quoique je sache pertinemment qu’il y en a d’autres que vous aurez la gentillesse de rappeler : avez-vous jamais entendu un Sfaxien se plaindre ? Cela fait partie de l’éthique que ses parents lui ont insufflée dans son enfance ! Un Sfaxien ne se plaint pas !

 

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Les Sfaxiens


Il se débrouille ! Et puis il y a ce fameux "Les copains d’abord" auquel il peut toujours avoir recours en dernière instance, et en silence. Mais se plaindre ? Jamais !

Bien, j’ai été assez long et je m’arrête là, pour vous souhaiter un bon Rassemblement avec beaucoup de Sfaxienéité et de boukha !

Et en tant que Sfaxiens Israéliens qui se sont ignorés depuis si longtemps, n’oubliez pas, vous qui participez à ce grand "Rassemblement" à Beer-shev’a, au domicile même de Gisèle, Camus et Vivi, de les remercier chaleureusement de leur hospitalité ! Cet oubli de le faire est symptomatique chez un Sfaxien ! Car il sent qu’il est tout à fait naturel qu’on le reçoive comme il faut, puisqu’on aime sa compagnie à tel point qu’on est prêt à se mettre en quatre pour en jouir !

Mais pardonnons-lui ce manque de savoir vivre. Car vous savez bien, qu’au fond de lui-même, il est plein de gratitude, à en exploser, à l’égard de son hôte. Mais par timidité et réserve, il n’ose pas mettre à nu son cœur. Car pour lui aussi, "mettre au grand jour son cœur ou son ..., c’est pareil", comme le chante ce même Brassens, que j’ai évoqué plus haut.


Réouven Cohen, Sdot Yam, le 12 août 2008.

 


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Published by Camus - dans Bienvenue
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