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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 20:19

Lettre d’information n° 134 http://www.amourier.com

Des nouvelles de l'AMOURIER 

Nouvelle parution
(roman)


La Fille sauvage de Songy

d'Anne Cayre

http://amourier.raynette.net/pub/ftp/Images/Nioulettres/Portrait150AnneCayre.jpg

 



Pour en savoir plus, un simple clic sur les images…

Ami(e)s qui aimez lire,

La Fille sauvage de Songy, roman que nous vous proposons en cette fin d'année est inspiré par la vie réelle d'une jeune fille capturée en forêt champenoise par des villageois de Songy en 1731.
Entre réalité et fiction, l'auteure, Anne Cayre, se fraye une voie dans les brèches entrouvertes par les documents officiels, pour combler ce qui leur manque avec une densité de vie, affective et émotionnelle, imaginée ou interprétée, avec la même force, le même désir que son héroïne a d'abord pour survivre, puis pour vivre.
L'érudition et la sensibilité d'Anne Cayre nous conduisent au cœur d'une époque découvrant l'esprit des Lumières (ici, la nécessité éducative et les prémices de l'anthropologie) mais aussi d'un peuple victime de la misère. Cette jeune fille, fuyant l'esclavage pour une vie sauvage, et à nouveau faite prisonnière, sera "instruite" (dirions-nous aujourd'hui endoctrinée ?) à l'initiative du vicomte de Songy par une congrégation religieuse.
Ce récit, d'une grande humanité, interroge encore nos valeurs. Le rapport entre éducation et liberté, qui apparaît en filigrane au long des pages, est sans doute la motivation première de l'auteure qui a passé trois années de sa vie sur les traces de la fille de Songy. 
Lecture achevée, si l'on ne peut être assuré qu'elle fut "sauvée", au moins peut-on la reconnaître et l'aimer comme notre semblable…
Vous pouvez découvrir des extraits de ce livre sur notre site en cliquant ici, ainsi que la bibliographie de l'auteure en cliquant .
En cette saison propice au désir d'offrir,
recevez… nos amitiés,
Bernadette Griot
amourier.com

 

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 17:26

 

Saïd SayaghSaïed Sayegh

Le soleil fleurit dans l'arbre

Le soleil fleurit dans l’arbre

en dépit de la nuit qui file les instants

la fleur d’amande sourit

confiante dans le fruit

 

le ciel infini

le dix juin laisse les lames lumineuses noyer

la terre dans son torrent de flammes

l’enfant qui est comme l’ange qui est

comme Dieu libère enfin son souffle

 

le laurier de l’aube rose sa fleur

caresse le bois vert

le ressuscite

au souffle muet du parfum

le matin se couvre d’or

pour mieux évoquer le jour premier

le bois mort se dissimule sous la feuille pour cacher sa limite

la rose flambe l’arôme chante en silence

et le jour triomphe sur le fumier de la nuit

 

une colombe se pose une colombe s’envole

le clapotis chasse l’obscurité

la brise s’éprend du tilleul

le jour éblouit où meurt l’ombre

la ténèbre immobile se libère de la lumière

qui l'achève

 

pourrons-nous un jour nous dire

tu es mon frère je t’aime comme je m’aime

mettre chacun sa tête sur le cœur du frère

et l’écouter vivre

 

pourrons-nous nous regarderhttp://ecx.images-amazon.com/images/I/41cEw4%2BbfNL._SY445_.jpg

œil plein dans œil plein

non d’un quart d’œil

du regard en coin

 

alors je m’endormirai dans mon œil

et mon œil dormira dans la pupille de ma mère

toute une nuit

une nuit pleine

et plus qu’une nuit

où la mort n’est plus

ni la ténèbre ni l’oubli

 

Saïd Sayagh a publié chez L’Amourier un roman :

Et à l’eau tu retourneras en mai 2013

 

Pdf : http://amourier.raynette.net/pub/ftp/pdf/Basilic/Basilic46.pdf

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 11:16

De grande beauté

© Maurice Darmon / 202 productions, Op. 91, 9 novembre 2013 (19' 37). Voix de Jean-Luc Godard lisant "Le portrait ovale" d'Edgar Poe, dans "Vivre sa vie" (19...

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 16:28

Souvenirs de la manufacture Kaftane

http://www.clipart-fr.com/data/clipart/transports/image_transport_012.jpgNous étions tous des jeunes de 18 à 22 ans à l'époque à part les cadres engagés par la direction. Sortaient de l'ordinaire deux hommes,  Eliezer et Baruch qui nous en imposaient du haut de leur âge mûr, une trentaine d'années de plus que nous au moins.

Les deux, responsables du réfectoire le tenaient merveilleusement bien et nous les avons beaucoup regretté quand ils ont du prendre leur retraite. Si le réfectoire était bien tenu, nous l'étions aussi rompus à la discipline qu'ils nous imposaient  : entrée de huit heures précises à dix heures pour le petit déjeuner et de 1230 heures à 14 heures pour le déjeuner ; pas de grabuge, pas de disputes, manger proprement; c'est normal non ? et ainsi de suite.

Baruch était trapu et Eliezer plus élancé,  l'un silencieux le second orateur, le premier l'œil lançant des flammes lors d'un pépin le suivant d'un geste, nous prescrivait le silence.

Eliezer a expliqué à l'un des habitués la fonction du chlore dans la propreté du lave-mains et à un autre la raison pour laquelle le réfectoire était clos à certaines heures : le nettoyage bien sûr.   

Mais ce que j'ai aimé écouter, c'est le récit  de l'examen du permis de conduire reçu par Eliezer en 1920 :

- Je voulais être postillon, celui qui voyage de ville en ville en diligence pour  transporter les lettres et les colis, la poste quoi ?  et offrir mes services aux personnes en sus. Vous savez ce que c'est la diligence ? Oui ? Je continue.  Pas la dirigence Sebah ! Safi ! Je sais que tu as obtenu à Oran tes deux parties de bac et que tu sais ce que c'est, alors tiens toi reglo. Rires.

Ainsi après avoir pris pas mal de cours bien sûr, j'arrive au test prêt, frais et dispos. Je monte sur le siège du cocher Rue de La Poste,  le moniteur expert  s'assoit près de moi : il est chargé d'examiner ma conduite et c'est lui qui décidera de mon aptititude. Je conduis selon ses ordres tout droit vers la rue du Marché, la Rue Pierre Simonet, tourne à gauche vers le Boulevard Foch, là je maintiens mes chevaux à une allure modérée de petit trot,  ainsi vers son prolongement Boulevard Joffre  et le Boulevard des régiments coloniaux et le Boulevard Leclerc. Je ne veux pas me tromper dans ces boulevards fréquentés il est bienséant de conduire modérato, si tu perds patience, finito. Au Boulevard  Jean Courtin il y a une descente vers le Boulevard Denfert Rochereau, il s'agit de bien la prendre, je presse sur le frein de mon pied droit et tire la bride, ma moustache en guidon de bicyclette frémit de plaisir quand l'examinateur me demande d'arrêter mes chevaux Rue de l'Horloge, je gare la diligence à droite près du trottoir juste près de l'enseigne indiquant Parking.  L'expert conducteur  me dit :

- Monsieur Eliezer S. j'ai eu du plaisir à vous voir conduire avec diligence. Veuillez vous garer maintenant Rue de La Poste. Vous êtes postillon. 

Ma moustache tremble encore en évoquant çà.

Et nous quel plaisir  nous nous avons eu en écoutant ce récit avec la  verve d'Eliezer.

Eliezer n'est plus de ce monde. A un moment sa fille a été ma voisine je lui ai raconté ce récit qu'elle ne connaissait pas, elle a goûté en m'écoutant un moment de bonheur.

Baruch n'est plus depuis très longtemps. Il repose près de mon papa, côte à côte à Dimona et quand je me recueille devant mon père, j'ai l'occasion de me souvenir de mon aîné de la manufacture Kaftane.   

http://notrehistoire.ch.s3-eu-west-1.amazonaws.com/photos/2013/01/218e6f971c5114ca_jpg_530x530_q85.jpg

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 10:40

Mis en ligne le Mercredi 11 Décembre 2013

Question : Je suis vendeur dans un magasin. Durant les moments où aucun client ne se présente, je joue aux mots croisés pour me « faire la main ». Dois-je le dire à mon patron ?

Le Moussar : Éthique de travail

Réponse : Votre question est très courante. Tandis que plusieurs personnes ont une attitude 100 % travail, nombreuses sont celles qui ne voient rien de mal à s’occuper de leurs affaires personnelles pendant les « temps morts ». Certains employeurs tolèrent cette conduite ; c’est le cas en ce qui concerne l’utilisation d’internet. Quand les sociétés eurent besoin d’ouvrir l’accès à internet dans les ordinateurs de leurs employés, les politiques adoptées étaient généralement très strictes. Mais avec le temps, plusieurs firmes optèrent pour des règles plus souples, en réalisant que le monde n’allait pas s’arrêter de tourner si les membres de leur personnel suivaient de temps en temps l’actualité sportive ou effectuaient un virement bancaire urgent.

Cela dit, les patrons ont de bonnes raisons de se méfier de ce genre de comportement. Voici les causes principales :

  1. Les employés sont peut-être vigilants de faire des mots croisés, lire des romans, etc. uniquement durant les « temps morts », mais ces passe-temps ont tendance à allonger la durée des temps morts perçue par les salariés. Il se peut que lorsqu’il n’y a pas de clients, votre patron souhaite que vous vous occupiez des tâches administratives.
  2. Les divertissements peuvent être très prenants ; lorsqu’une personne entre, vous pouvez être au milieu d’une définition difficile (de mots croisés) et ne pas vous adresser à elle tout de suite. C’est une attitude très peu commerçante qui risque de faire fuir la clientèle. Même si vous posez immédiatement votre grille de mots croisés, l’acheteur va probablement avoir l’impression que votre attention n’est pas suffisamment portée sur votre travail.
  3. Le fait de faire d’autres choses durant les heures de travail peut entraîner une attitude négative. De la même façon que les patrons exigent une certaine tenue de travail, ils demandent généralement une certaine ambiance de travail.

    Il n’y a rien de nouveau dans ces remarques, et les rabbins de l’époque du Talmud évoquent le sujet. Nous apprenons dans la Tossefta (recueil d’adages ordonnancés parallèlement à la Michna) : « Si quelqu’un qui emploie son prochain dans un magasin en lui allouant la moitié des bénéfices ; s’il [le commerçant employé] est un artisan, il ne doit pas exercer sa profession, car cela détournerait son attention du commerce ; or s’il [le propriétaire] est dans le magasin avec lui, c’est permis. Si quelqu’un emploie son prochain dans un magasin en lui allouant la moitié des bénéfices, ce dernier ne peut pas acheter ou vendre d’autres produits, et s’il l’a fait, le bénéfice doit être partagé [1]. »

La Tossefta parle d’un employé qui est un réel partenaire, car il reçoit une partie des bénéfices et qui est donc intéressé à ce que l’affaire réussisse et est motivé à la faire fructifier. Pourtant, les rabbins nous informent que le partenaire est en droit d’exiger que l’on ne s’engage pas dans d’autres activités qui pourraient être distrayantes.

Maïmonide écrit : « De la même manière que les employés ont l’interdiction de voler le salaire du pauvre [travailleur] ou [même] de retarder son paiement, le pauvre [travailleur] a aussi le devoir de ne pas voler le travail [l’effort dû au] patron, en paressant par ci et par là et [finalement] en passant toute la journée à l’escroquer. Il doit plutôt être rigoureux d’exploiter au mieux son temps. » [2]

Source : http://www.torah-box.com/etudes-ethique-juive/moussar/temps-morts-au-travail-dois-je-le-dire-a-mon-patron_2686.html

http://media.torah-box.com/660x360/ethique-jugement-balance-1651.jpg

Il est vrai que vous ne « paressez » pas, mais le fait de tuer le temps reste une preuve d’oisiveté. Et même si ce passe-temps n’est pas bien méchant, vous devez obtenir la permission de votre employeur si vous désirez continuer.

 


[1] Tossefta Baba Metsia, chapitre 4:7.

[2] Code de Maïmonide, lois de la location et de l’embauche 13:7.

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 18:24

Souvenirs de Dimona 1961 : tissage à la manufacture Kaftane

11 décembre 2013, 18:31

Jacob Bingoo était un jeune contremaître  de métiers à tisser, ce qu'on appelle en Suisse la fabricante de nos machines Sulzer-Rüti un mäester.  Un mäester jeune mais compétent, c'est le cas de le dire.

Jacob nouvel émigrant venant des Indes regardait Mercédès avec des yeux pleins d'envie.

- Bingoo tu es marié je lui fais la remarque. Tu ne devrais pas regarder ailleurs.

- Ah ! Tu sais mon ami, je n'ai jamais eu une blanche dans mes bras. Et celle-là ! Un assez grand derrière et un tout petit chaton, elle me met en désir et me donne le délire. Je rêve d'elle. Je donnerai cinq lires pour passer un moment avec elle.

- L'Amour c'est pour rien, on ne parle pas d’argent si on aime, mais tu es marié... 

Samson qui a écouté la discussion intervient :

- Cinq lires ? Je t'arrangerai çà.

Sur ce, Samson va trouver Mercédès à cinq pas, occupée à placer des bobines de fil dans un métiers etl lui dit en parlant avec force gestes, - dans la salle de tissage le bruit est tel que l'on s'aide de ses mains pour parler.

- Tu sais la mäester a dit que es formidable et que tu vaux à toi seule cinq autres ouvrières…  et il montra la paume de sa main ouverte sur ses cinq doigts.

Mercédès rougit en entendant le compliment et répondit du tac au tac dans la langue muette des tisserands, en joignant ses doigts à ses lèvres elle envoya un baiser et ouvrant les paumes des ses deux mains fit le geste de dire :

- Et toi  gentil mäester tu en  vaux bien dix autres.

Se méprenant Jacob Bingoo baissa la tête et me dit :

- Elle exagère : dix lires qu'elle demande. C'est trop ! 

 

  

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 09:24

Je venais quitter le kibboutz le 20 mars 1961 et je me suis dirigé vers Beer Sheva en route pour Dimona plus au Sud. 

Souvenirs qui remontent à la surface

cireurC’était une journée de pluie diluvienne, j’aurais été mouillé jusqu’aux os, ne serait-ce ma canadienne  toute neuve, imperméable à l’eau. Mais les pieds, c'était une autre histoire. Les rues de Beer Sheva en ce temps-là étaient mal canalisées et l’eau de pluie s’accumulait avec le sable envoyé par le vent du désert, dans une belle boue, une vraie bouillabaisse. Mes chaussures sales et dégoutantes me mettaient mal à l’aise : comment voyager à Dimona dans cet état ?

La ville était compacte, un pâté de maisons séparées par des voies rectilignes, un mélange de constructions allemandes et turques. L’avenue principale la rue KKL,  Keren Kayémet LéIsraël groupait les magasins, desservant la ville et les localités voisines, des cafés, restaurants, les dernières modes, des kiosks à journaux, des chausseurs, deux banques,  trois coiffeurs, des tailleurs et des bijoutiers.

Sur les trottoirs des étalages de vendeurs de beignets, de gâteaux, de casse-croutes exhibaient leurs marchandises. Ceux qui ont attiré mon attention étaient : « Lalou, spécialités de sandwiches tunisiens, fricassés et limonades » et « Casse-croutes au thon, chez Gaston ». Je m’arrêtais pour me restaurer, heureux de briser mon jeun.

Plus loin, sur l’aile droite les cireurs de souliers, avec leurs caissons, invitaient les passants à venir  débarrasser  leurs chaussures de la poussière du jour. Or dans mon cas, mes bottines  étaient si boueuses que je n’aurais pas osé demander le service à l’un des cireurs.    

J’en étais  là dans mes pensées quand un très jeune homme assis derrière sa boite m’invita à m’assoir :

-       Approche et assied-toi devant moi, pose ton pied, je suis cireur et à ton service, jeune homme.

-        Non, elles sont sales, je ne permettrais pas...

-        Viens !

Je m’exécute timidement. Le garçon me dit :

-        La boue n’est pas de ta faute et c’est  ma spécialité de la nettoyer. Si le maire de la ville était plus dégourdi, j’aurais eu moins de travail, mon ami. Edroub (à l’attaque) !

Le cireur prend une éponge et en tour de main nettoie le cuir. Une lame en acier lui sert à enlever la boue des semelles. Encore un coup de chiffon énergique et mon allure commence à être passable. Prenant en main une brosse le gars la lance en l’air et la rattrape. Il en donne un coup ou deux sur la caisse « toc, toc » et il se met en devoir de cirer. En même temps il me pose des questions :

-        Tu n’es pas d’ici ? On voit çà à ton allure hésitante. Où vas-tu ? A Dimona ? La station est ici, à vingt pas de moi. Le prochain bus passera dans trente minutes. Tu as quelqu’un là-bas ?  

-         Mon oncle et sa famille.

A la fin du cirage, il fait briller les souliers à l’aide d’une deuxième brosse qu’il lance en l’air, la rattrape, en donne encore un coup ou deux sur la caisse « toc, toc » et il se met en devoir d’astiquer. Il continue son opération à l’aide d’un chiffon tenu des deux mains et tiré dans un mouvement de va et vient, de droite à gauche. Le résultat est satisfaisant et je fais le geste de me lever, mais il me retient :

-        Attend, je vais donner le coup final. Il n’y a pas de meilleur brosseur que moi dans toute la contrée…

Sur ce il ouvre un flacon, en verse une petite quantité sur mes chaussures, les enduisant de ce liquide et brossant de nouveau. Mes souliers brillent, scintillent, rayonnent d’un tel éclat que j’en suis étonné. Même neufs  ils étaient moins beaux, moins élégants.

Quarante-cinq minutes plus tard, en faisant bien attention de marcher seulement sur les trottoirs, j’arrive chez mon oncle Meyer qui en me voyant me complimente sur ma tenue et se tournant vers mes cousines leur dit :

-        Il est toujours bien mis mon neveu. Regardez-le, même en un jour de pluie, il se présente net, avec des chaussures… voyez ce brillant ! On ne voit pas çà dans notre patelin.

Le cireur m’avait demandé vingt agourot pour son travail, je lui ai en donné  trente.  Il a bien mérité le surplus.  

 

cireur-2.jpg

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 18:09

Ca.jpgEt oui, on ne peut pas vivre longtemps sans vieillir d'un an chaque fois ce qui fait que de ma part çà va. Il y en a qui préfèrent être le gentil lycéen de quatorze ans, le beau brun de vingt ans ou le  sportif de trente. J'ai été tout cela et même toutes les autres phases de la vie, personne n'arrive à mon âge par un raccourci.


C'est mon anniversaire : j'ai 75 ans

Ben, 75 ans c'est le beau moment :

En montant dans le bus, on me refuse le ticket sénior réservé au retraités, ce qui me fait rire, le convoyeur me prend pour un jeune homme ma parole.

- Je vous paierai avec plaisir le montant  du billet complet, pourquoi pas ? Vous m'avez fait plaisir, dis-je en montrant ma carte…

Les grands-pères assis sur les bancs publics donnant des graines aux pigeons ne sont pas mon genre. Je fais le jogging autour du quartier en cinquante minutes pour dégourdir mes jambes, ou vingt-cinq piscines à la  file en été pour me rafraîchir, çà c'est du mouvement !   

Les jeunes aiment me parler : je ne leur raconte pas mes prouesses d'antan, ô non. Je les écoute, je ris de leurs blagues, corrige leur raisonnement  au moment opportun, encourage une bonne initiative, félicite les bons élèves, incite d'autres à faire un effort...   

Je connais beaucoup de gens de tous les âges, de tous les milieux, des instruits et d'autres qui ne le sont pas, tous sont mes amis. Je m'arrange avec les enfants de douze ans à qui je donne des cours de natation et avec des aînés octogénaires de qui j'aime écouter leur expérience de la vie. 

Je parle aussi aisément avec l'employé municipal qui balaie mon trottoir tous les jours - et que j'estime - qu'avec le docteur en philosophie ou le professeur en littérature qui m'offrent leur amitié.

J'ai 75 ans révolus, vite passés, on me respecte, ceux qui veulent me disent bonjour en passant,  j'aime ce que je suis, j'aime la vie,  je me porte bien et salut à tous.    

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 10:53

http://static.jssnews.com/wp-content/uploads/2013/12/PillCam-SB-2-Capsule.jpgUne société irlandaise vient d’acquérir Given Imaging Ltd, une société israélienne qui a développé une caméra à avaler pour diagnostiquer les problèmes dans le tube digestif.

Covidien Plc a convenu d’acquérir Given Imaging pour environ 860.000.000 $. Given Imaging est l’inventeur de la PillCam, une technologie d’endoscopie optique par ingestion.

Covidien a acquis trois autres entreprises de dispositifs médicaux israéliens en 2012.

Given Imaging s’attend à être approuvé par la US Federal Drug Administration l’année prochaine pour vendre la PillCam Colon aux Etats-Unis. 

Cette technologie avançée est complémentaire à la coloscopie traditionnelle et thérapeutique et peut être un examen approprié pour ces patients qui ne sont pas disposés à subir une coloscopie traditionnelle.

La capsule en plastique lisse contient une camera vidéo miniature et est équipé avec une source de lumière sur un côté, un transmetteur radio et une antenne.

Après l’avoir avalé, la capsule transmet environ 50.000 images au cours d’une période de 8 heures (2 images secondes) à un appareil d’enregistrement de données attaché à la taille du patient.

Les images de l’intestin grêle sont ensuite téléchargées sur l’ordinateur Given Workstation ou un médecin peut revoir les images dans l’ordre pour faire le diagnostic.

Une révolution israélienne de plus !

Par Dan Birenbaum – JSSNews : http://www.juif.org/go-news-190956.php

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 16:59

Vivi vous présente Monsieur U (Ubaldo) http://vivi.ildiavolo.over-blog.com/article-http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b0/PikiWiki_Israel_13318_Soroka_Hospital_in_Beersheba.jpg/800px-PikiWiki_Israel_13318_Soroka_Hospital_in_Beersheba.jpg24830163.html.

Monsieur Brouclou nous ayant quitté, son lit nettoyé, purifié et de nouveau prêt à recevoir le nouveau malade, il n'en fallait pas beaucoup pour faire connaissance avec lui.

Ce lit je le  rappelle est à ma gauche et un rideau ouvert nous sépare. Une fois au lit la sérénade commence,  je vous avais avertis il est plus sympa que Brouclou et s'appelle Monsieur Ubaldo la grande gueule.

Se trouvant au dernier lit de la chambre tout au fond, cela déplait à Mr qui ne cacha pas son mécontentement à très haute voie et en sept octaves.

Après 28 minutes de calvaire je décide de tirer le rideau, je me dis qu'au moins je ne verrais pas sa gueule. Ô quelle erreur, pourquoi n'étiez vous pas avec moi pour me faire comprendre ma faute ?

Sur le champ je deviens la cible principale de sa "modeste colère", encore 32 minutes,  voilà une heure de foutue à cause d'un mec de mes confiseries…

N'en pouvant plus je sonne aux infirmières. Miracle, c'est un infirmier qui arrive (j'allais oublier de le dire). Celui-ci m'écoute gentiment et encore plus gentiment me dit que ce Mr au fait ne devrait pas être dans cette chambre car son état  n'était pas si grave. (Cette chambre proche  des bureaux étant pour les urgences afin de raccourcir le trajet des infirmières/ers à chaque appel).  

- Que me proposez vous donc ? Alors transférez moi dans un autre chambre, (me voila contaminé et je  lève la voix autant qu'Ubaldo)

- Impossible vous êtes un cas urgent et vous devez êtres à coté du bureau.

- Oui mais, si vous ne trouvez pas une solution mon cas sera plus urgent et il vous devrez me transférez dans votre cabinet.

- Ecoutez tout ce que je peux faire c'est de vous  mettre dans le lit à coté de cette manière vous pourrez tirer au moins le rideau.

Cette idée me convient,  je ne voulais pas m'amuser à tirer et retirer Le rideau avec U, je passe un lit à coté et maintenant mon ancien lit me sépare  ainsi qu'un deuxième rideau

***.

Ce n'est pas çà qui fera peur à  Ubaldo il se met à crier de plus belle comme quoi je veux l'isoler complètement et le voilà qu'il fait venir d'urgence la famille pour remédier au tort que nous lui avons fait. Pas fainéante du tout la famille :  sur le place son fils va se plaindre à la direction qui de son coté connaissant le vrai coupable ne l'écoute pas du tout. Ouf si Camus n'existait pas ? Il fallait l'inventer. Les entendant discuter entre eux il compris qu'ils étaient d'origine Gabésienne, c'est ce qu'ils affirment en effet. Enfin une petite discussion commence. Camus raconte que mon oncle Meyer habitait aussi Gabès et il était de leurs connaissance, ils reconnurent encore quelques noms cités par lui.

Un grand merci Camus, Monsieur U.  se calme grâce à lui. Pour me remettre de tout çà je me débranche de mon cipap, bipap et soupape pour m'assoir dans le couloir, là, je trouve la belle Hélène (responsable du nettoyage de la session  A),  en vive discussion avec une infirmière !

-  Alors ton "rendez-vous" s'est bien passé ?

- Mieux que çà, ce serait impossible.

- Raconte vite, ne nous laisse pas sur des charbons ardents !

- Figure toi que c'est un mec super intelligent, aimable instruit, (qui a fait même l'université),  très compréhensif envers son prochain. Là  je ne te raconterais pas la nuit que nous avons passés, un champion dans son  genre !

L'infirmière toute éblouie n'en crois pas ses oreilles aurait voulu prendre pour un instant la place d'Hélène demande !

- Le prochain rendez-vous c'est pour quand ?

- Non, non tu n'y es pas du tout, ce n'était pas pour lui qu'il était venu. Plutôt pour son ami timide qu'il voulait me tester avant, lui dit la novice.

***

Après une nuit plus ou moins bonne, autant que les infirmières le permettent (re-saturation, tension et température, décidément faut que je propose de donner ces jobs à une seule infirmière)

J'entends de nouveau les jérémiades de notre ami, cette fois il me semblait qu'il avait de bonne raisons d'appeler les infirmières.

Ne supportant plus ses cris je me lève et va chez les nurses pour attirer leur attention aux plaintes de mon voisin. Que croyez vous était leur réponse ? Il a une sonnette prêt de son lit il n'a qu'à sonner nous viendrons. Pourtant ils affirment l'avoir entendu, mais ils veulent lui apprendre à sonner. Ma parole, elles sont sonnées ! Je trouve cela plutôt  c...  Je retourne à la chambre et sonne. Enfin l'infirmière arrive pour voir ce que je voulais.

- Ce n'est pas pour moi, mais plutôt pour Monsieur Ubaldo qui a mal au ventre.

- Ah bon !  Je vais envoyer un infirmier pour l'aider à aller au WC.

Voilà que je trouve çà bien intelligent, mais c'est malheureusement trop tard.

Car quand ils sont  venus prendre ce malade je m'aperçois  qu'il venait de se dégager quelque chose de couleur  verte et puante aussi. Le meilleur est que l'infirmier trouve le toupet de l'accuser d'appeler trop tard, allez comprendre ce beau monde.

Les médecins  sont là pour leur visite,  les invités sont priés de quitter la chambre. Comme toujours le dernier lit est le premier à consulter.

Le professeur C (contreverse) s'adresse à Ubaldo qui ô miracle n'ouvre plus sa bouche.

- Je vois Mr Ubaldo selon votre dossier que tout va bien et que pourrez quitter aujourd'hui, j'attire l'attention du Prof. sur la mésaventure du malade qui décide de faire de nouvelles analyses pour illuminer tout doute suspect.

Ubaldo n'avait entendu qu'une chose son retour à la maison, il téléphone sur place à sa femme pour annoncer la bonne nouvelle. Hélas l'homme propose et D.ieu dispose, les résultats reçus ne portaient pas de bonnes nouvelles notre Ubaldo avait un violent virus et ne pouvait quitter l'hôpital. (Je crois bien lui avoir sauvé la vie).  Il n'avait plus envie de rien  et ne voulait rien savoir qu'une seule chose,  retourner chez lui quitte à en prendre tout les risques. Il alla jusqu'à signer un document libérant l'hôpital de toute responsabilité. Il nous faillait son fils, ma sœur et moi presque toute la nuit pour le persuader de rester jusqu'au lendemain pour les nouvelles analyses. En attendant moi je venais cette nuit tester mon nouvel appareil et si tout aller bien aves mes analyses je pourrais faire comme Ubaldo. Ironies du sort mes résultats sont bons et ceux d'Ubaldo donnaient des signes qu'il resteraient encore là. Donc ce week-end  aussi Ubaldo restera ici.

Le pauvre éclate de rage, j'en avais presque des remords quand je lui ai fait mes adieux.

Demain le récit de Luc dit Lulu le turlu lu

(À suivre… )

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