Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 11:44

http://www.ushmm.org/lcmedia/photo/lc/image/80/80644.jpg

Membres de la garde Hlinka défilant en Slovaquie, un Etat satellite nazi. Date incertaine.

— Czechoslovak News Agency

La collaboration des populations européennes fut un élément crucial dans la Solution finale. Guidés par l'antisémitisme, le nationalisme, les haines ethniques, l'anti-communisme ou simplement l'opportunisme, des milliers de citoyens des nations occupées par l'Allemagne collaborèrent avec les Nazis dans le génocide des Juifs d'Europe (Solution finale). Les collaborateurs commirent quelque-unes des pires atrocités de la Shoah.

http://www.ushmm.org/lcmedia/photo/wlc/image/18/18297.jpgLes gouvernements alliés de l'Allemagne (les pays de l'Axe) coopérèrent avec les Nazis en promulguant et en appliquant une législation anti-juive, et en participant à la déportation des Juifs vers les camps d'extermination. Dans les pays alliés du Reich, des organisations paramilitaires fascistes terrorisaient, volaient et assassinaient les Juifs, sous la conduite de l'Allemagne ou de leur propre initiative. La Garde de Hlinka en Slovaquie, la Garde de fer en Roumanie, les Oustachis en Croatie, et les Croix fléchées en Hongrie furent responsables de la mort de milliers de Juifs sur leurs territoires respectifs.

Le gouvernement oustachi pro-nazi de Croatie construisit ses propres camps de concentration. A la fin de l'année 1941, les deux tiers des Juifs de Croatie (plus de 25 000) avaient été déportés dans ces camps. Nombreux furent ceux qui furent assassinés à leur arrivée. Les Croates tuèrent aussi au moins 250 000 Serbes.

L'Italie et la Hongrie, bien qu'alliés fidèles du Reich, n'autorisèrent pas de déportations de Juifs, avant leur occupation directe par l'Allemagne. La Bulgarie coopéra avec les Nazis en déportant les Juifs étrangers, mais ne voulut pas déporter ceux qui avaient la citoyenneté bulgare. Des unités militaires et la police roumaines assassinèrent à la fois des Juifs roumains déportés et des Juifs ukrainiens en Ukraine sous occupation roumaine, mais refusèrent de déporter les Juifs se trouvant dans la Roumanie centrale historique.

En plus des nations de l'Axe, des milliers d'habitants des pays occupés collaborèrent avec les Nazis. Les collaborateurs baltes et ukrainiens jouèrent un rôle particulièrement significatif dans les massacres de Juifs dans toute l'Europe de l'Est. Beaucoup d'entre eux firent office de gardes dans les camps de concentration et furent impliqués dans le gazage de centaines de milliers de Juifs. Des Lituaniens, des Lettons, des Estoniens, des Biélorusses et des Ukrainiens formèrent spontanément des groupes qui furent ensuite organisés par la police et par les SS allemands ; ces unités devinrent des auxiliaires de polices brutaux et fiables qui aidèrent les SS et la police allemande à perpétrer le massacre de centaines de milliers de Juifs en Union soviétique occupée.

Le gouvernement de la France de Vichy coopéra avec les Nazis en adoptant deux "Statuts des Juifs",http://www.ushmm.org/lcmedia/film/wlc/image/dap0225s.jpg qui définissaient les Juifs comme constituant une race et limitaient leurs droits. Les autorités de Vichy collaborèrent aussi activement en créant des camps d'internement dans le sud de la France, en arrêtant les Juifs étrangers et en aidant à la déportation (essentiellement des Juifs étrangers résidant en France) vers les camps d'extermination de Pologne.

Après l'invasion de la Norvège par le Reich en avril 1940, Vidkun Quisling, chef du mouvement fasciste norvégien, s'auto-proclama Premier ministre. Il déçut rapidement les Allemands qui mirent en place leur propre administration, mais utilisèrent parfois Quisling comme homme de paille. Des formations paramilitaires et la police norvégiennes aidèrent les unités de la police allemande et des SS à déporter des Juifs vers Auschwitz-Birkenau.

La collaboration des pays de l'Axe et des gouvernements pro-allemands fut essentielle pour la mise en oeuvre de la Solution finale. Les polices et les gouvernements collaborateurs apportèrent leur aide à l'arrestation et à la déportation des Juifs dans les camps d'extermination, participèrent activement aux assassinats, parfois de leurs concitoyens

Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DC
Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France

 L'Encyclopédie multimédia de La Shoa

 

Repost 0
Published by Camus - dans La Shoa
commenter cet article
12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 00:58
Publié le 10 nov 2013 dans : http://lemondejuif.info/wp-content/uploads/2013/01/logoOKIDOKI1.png

Les supporters du Bayern de Munich ont commémoré le 75e anniversaire de la “Nuit de Cristal” en déployant une banderole lors du match contre Augsbourg. “75 ans après les pogroms, personne n’a oublié”, pouvait-on lire sur la banderole.

C’est la première fois que le souvenir de la “Nuit de Cristal” est commémoré dans une enceinte sportive allemande.

Lors des années sombres du Troisième Reich, le Bayern de Munich était considéré comme un  ”club juif”, une “tare” aux yeux du régime nazi, qui entreprit une profonde aryanisation du club.

Yossi Abuksis – © Le Monde Juif .info

Rejoignez-nous sur Facebook et Twitter

Source : http://www.lemondejuif.info/les-supporters-du-bayern-munich-commemorent-nuit-cristal/
© Le Monde Juif .info

http://www.lemondejuif.info/wp-content/uploads/2013/11/BYo0CLzIEAEC8yY.jpg

Repost 0
Published by Camus - dans La Shoa
commenter cet article
25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 10:29

http://www.memoire-du-cyclisme.eu/images/coureurs/bartali_gino.jpgLe champion italien Gino Bartali, un des héros de l'épopée cycliste du XXe siècle, a reçu lundi à titre posthume la distinction la plus forte sans doute, qu'il ait décrochée. Le champion italien, mort en 2000 à l'âge de 85 ans, a en effet été fait "Juste parmi les nations", lundi, par Israël. Il s'agit de la plus haute distinction décernée par l'Etat hébreux à ceux qui ont sauvé au péril de leur vie des Juifs pendant la Shoah.

"Pendant l'occupation allemande de l'Italie (à partir de septembre 1943), Bartali, un fervent catholique, faisait partie d'un réseau de sauvetage conduit par le rabbin de Florence Nathan Cassuto conjointement avec l'archevêque de Florence le cardinal Elia Angelo Dalla Costa", a expliqué dans un communiqué Yad Vachem, mémorial consacré au souvenir et à l'étude de la Shoah. "Gino Bartali servait de messager au réseau, dissimulant des documents falsifiés dans sa bicyclette et les transportant entre les villes, sous le couvert de son entraînement."

Cette reconnaissance couronne la mobilisation de la communauté juive d'Italie, en particulier de sa ville de Florence, qui a permis de recueillir des témoignages directs manquant jusqu'alors pour faire avancer le dossier. Bartali, surnommé "Gino le pieux" en raison de sa foi, fut l'un des plus grands champions des années 1930 et 1940. Il remporta deux Tours d'Italie d'affilée, en 1936 et 1937, avant d'inscrire son nom au palmarès du Tour de France l'année suivante, en 1938.

Ce succès de prestige sur la Grande Boucle fut instrumentalisé par la dictature italienne de Benito Mussolini, alors que le coureur, brillant également dans les classiques (vainqueur quatre fois de Milan-San Remo et trois fois du Tour de Lombardie au cours de sa carrière), n'avait jamais caché son aversion pour le fascisme.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Bartali quittait régulièrement son domicile florentin sous couvert de sorties d'entraînement pour se rendre à Assise, dans l'Ombrie, mais aussi à Gênes et dans les Abruzzes, des trajets de plus de 350 kilomètres aller-retour. Il faisait le tour des couvents, dissimulant dans la selle et le cadre de son vélo des photos et autres documents pour établir de faux papiers. Bartali fut arrêté à deux reprises pendant la Seconde guerre mondiale, la première fois pour avoir cherché à trouver refuge au Vatican, la seconde après avoir participé à des envois de vivres.

A l'issue du conflit, Bartali reprit la compétition et remporta un deuxième Tour de France, dix ans après le premier, en 1948. Désormais concurrencé par son compatriote Fausto Coppi, qui le devança sur la Grande Boucle 1949, Bartali remporta un dernier grand titre en 1952, avec un quatrième maillot de champion d'Italie. Victime d'un grave accident en 1953, il mit un terme à sa carrière en 1955. Cinquante-huit plus tard, son nom va désormais être gravé sur un mur dans la forêt de Jérusalem, aux abords de Yad Vachem, mur qui recense les 24.000 personnes considérées comme "Justes parmi les nations".

Par Nicolas Rouyer avec AFP

http://www.reopen911.info/News/wp-content/uploads/logo-lemonde.jpghttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/0/02/Afp_2012_%28logo%29.png

http://s1.lemde.fr/image/2013/09/24/534x267/3483718_3_408c_gino-bartali-dans-le-stade-de-pont-jumeaux_d527e3157749f36df15d20538afdeefe.jpg

Gino Bartali félicité après une victoire du Tour en 1948

Repost 0
Published by Camus - dans La Shoa
commenter cet article
30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 10:38

 

 Serge Klarsfeld 4 juillet 2013 :

  « La Corse est bien une île des Justes » 

 

http://www.ndf.fr/files/Serge-Klarsfeld.jpg

L’avocat de la cause des déportés juifs et chasseur de nazis sera aujourd’hui à l’assemblée territoriale où sera projeté le film d’André et Clémentine Campana sur ces Corses, héros ordinaires de l’Occupation


Des Corses ont été les héros ordinaires de la Seconde Guerre mondiale en protégeant des familles juives traquées par le régime de Vichy. À 18 heures, une séance exceptionnelle de l’assemblée de Corse sera consacrée à la diffusion du documentaire d’André et Clémentine Campana Corse, île des Justes tourné pour France 5.

 

La projection se déroulera en présence des réalisateurs mais également de Serge Klarsfeld, écrivain, historien qui est, avec son épouse Béate, un redoutable chasseur de nazis. Le couple a été à l’initiative des procès de Klaus Barbie, Paul Touvier, Maurice Papon, et bien d’autres qui, sans son obstination, n’auraient jamais rendu de comptes pour leurs abominations et leur inhumanité. À la veille de sa venue à Ajaccio, Serge Klarsfeld, sentinelle vigilante de la mémoire, nous confie ses sentiments…

 

Comment avez-vous trouvé le documentaire d’André et de Clémentine Campana ?
Très sympathique et tout à fait objectif sur le problème de la présence des juifs en Corse. Ce n’est ni exagéré ni fantaisiste. Au-delà de témoignages souvent bouleversants qui le traversent, le documentaire établit des faits et met en lumière une vérité qui mérite d’être connue et reconnue du plus grand nombre.

 

« Corse, île des Justes? » Vous auriez tendance à enlever au titre son point d’interrogation ?
Moi, oui. Il y a la force des témoignages et les recherches archivistiques effectuées en Corse, à Paris et en Italie par le jeune professeur d’histoire Louis Luciani qui a contribué de manière minutieuse à révéler des éléments essentiels du dossier corse pendant les années noires de la déportation. Mais pour donner davantage de poids encore à ce pan remarquable de l’histoire contemporaine de la Corse, je suis prêt à entreprendre moi-même les recherches de vérification.

 

Elles porteraient sur quoi ?
Il s’agit de déterminer le plus précisément possible le nombre de juifs étrangers qui étaient arrêtables au moment de la rafle du 26 août 1942 lancée dans les quarante départements de la zone libre. Des Juifs issus de pays occupés qui n’existaient plus, Autriche, Pologne, Tchécoslovaquie, etc., des juifs allemands et des juifs apatrides, sans nationalités ni passeports. En Corse, on sait qu’ils ont été protégés par les autorités et par la population.

 

Il y a eu malgré tout un déporté, un seul, un peu comme l’exception qui vient confirmer la règle…
C’est vrai, Ignace Schreter, un juif allemand réfugié dans l’île a été arrêté le 30 septembre 1942 et déporté à Sobibor où il a péri, mais c’était en quelque sorte accidentel. Il a été arrêté sur ordre du secrétaire général de la préfecture d’Ajaccio qui a profité de l’absence du préfet, retenu ce jour-là à une conférence interrégionale à Marseille, et qui, lui, avait eu le cran de désobéir aux circulaires du pouvoir.

 

Vous faites référence au préfet Paul-Louis Balley qui, avec les sous-préfets Pierre-Henri Rix à Bastia et Jacques Ravail à Sartène, a dissimulé la présence des juifs étrangers dans l’île…
Avec l’assentiment des services de police et de gendarmerie, ils ont prétexté un afflux de « touristes » et ils ont même délivré de vrais-faux passeports turcs. Les archives sont éloquentes sur cette attitude tout à fait inédite en France au niveau des préfets puisque dans tous les autres départements, il y a eu des déportés en nombre. D’ailleurs, après la diffusion du documentaire, j’ai demandé au comité Yad Vashem d’accorder au préfet Balley, diplômé en langues orientales, qui parlait l’hébreu et dont la fille a été fiancée au fils d’un commerçant juif de Bastia, la Médaille des Justes.

 

Justement, on se souvient de la polémique avec Yad Vashem qui n’attribue sa reconnaissance de Juste des Nations qu’à titre individuel. Est-ce qu’une exception est possible pour la Corse?
Il s’agit d’un titre ancestral dans la tradition juive, et je ne crois pas que Yad Vashem en change la réglementation. C’est bien trop compliqué. Mais on peut toujours imaginer de sa part une déclaration officielle pour saluer cette solidarité collective dans les villes et villages de Corse.

 

Il y a eu aussi ce camp de regroupement à Asco, et ça laisse planer malgré tout une certaine ambiguïté…
Ce n’est pas ambigu du tout. 80 adultes avaient été placés en résidence forcée, mais il s’agissait d’une volonté de protection de la part des militaires et des diplomates italiens qui ne partageaient pas la vision antisémite de Mussolini. Ces juifs français bénéficiaient aussi du soutien de la population et du maire. Lorsque la Wehrmacht a envahi les zones d’occupation italiennes, dont l’île, elle a été confrontée à la Résistance corse - dont on connaît les actes d’héroïsme -  mais aussi à quelques régiments italiens.

 

Les manuels d’histoire ont mis 60 ans à dire que la Corse a été le premier département de France à se libérer…
C’est vrai, on a été trop discret sur cet épisode. Comme on a trop souvent ignoré qu’au Siècle des Lumières, Pascal Paoli avait octroyé aux juifs le statut de citoyen à part entière assorti de la liberté de culte. Mais chaque région a sa propre histoire avec les communautés juives.

 

Ce qui frappe dans le film, c’est que les protagonistes ne parlent ni de courage ni d’héroïsme, mais d’une hospitalité « normale »…
Et pourtant, il n’y avait rien de normal car les risques encourus étaient réels même si dans le rural les sanctions étaient peut-être un peu moins connues. Les familles corses avaient affaire à des gens innocents qui n’étaient pas différents d’eux. Au-delà de l’élan d’humanité, leur sens de l’hospitalité montre qu’elles étaient imperméables à la propagande antisémite.

 

Donc, vous êtes heureux de venir en Corse…
D’autant plus que tout au long de ma vie, mes déplacements m’ont conduit forcément dans des terres qui ont vécu les événements tragiques de la Shoah. Pour me sortir singulièrement de mes habitudes, je lui suis déjà très reconnaissant…
 

 

Source : http://www.corsematin.com/article/corse/serge-klarsfeld-la-corse-est-bien-une-ile-des-justes.1055520.html

 

http://www.corsematin.com/sites/all/themes/ghmnicematin/ghmcorsematin/logo.png

Coupure de journal envoyée par mon ami Gazou que je remercie
 

 

Repost 0
Published by Camus - dans La Shoa
commenter cet article
28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 09:36

Réflexions sur le Judenrat à Tunis pendant l'occupation nazie

Par le Dr. Reuven (Roger) Cohen


enfant-shoah1Soixante cinq ans se sont écoulés depuis la première édition du livre de Robert Borgel Etoile jaune et croix gammée, édité à Tunis, en Janvier 1944.
Il peut faire donc figure de document d’archives. Il a été réédité dans la Collection Témoignages de la Shoa, aux Editions Le Manuscrit en 2007. Serge Klasferld siège comme Président du Comité de lecture de la collection.
C’est dire qu’il a fallu près de cinquante ans avant que la Fondation pour la Mémoire de la Shoa décide d’évoquer, de première main, les affres que les nazis ont fait subir aux juifs de Tunisie pendant l’occupation de ce pays par leurs troupes. C’est dire aussi l’importance nouvelle que les historiens de la Shoa attachent à cette période de six mois pendant laquelle les Juifs de Tunisie ont souffert directement de l’occupation nazie, période que cette génération tend à taire, à occulter ou à minimiser, mais que l’histoire se refuse à effacer.

Il va de soit, et on ne saurait le répéter assez, que les responsables directs de tous ces maux dont ont souffert les Juifs de Tunisie pendant l’occupation nazie, furent ces individus gagnés au démoniaque : les officiers et les soldats nazis. Ils furent animés d’un zèle mauvais et mus par une politique criminelle qui avait fait du Juif le bouc émissaire qu’il fallait traiter comme un danger mortel pour la race aryenne et la civilisation occidentale. Un troupeau de bêtes pernicieuses à exploiter comme des sous esclaves et à faire disparaître par la faim, la vermine, les gaz ou les armes.

Cependant, je ne partage pas le sentiment de Claude Nataf, qui a préfacé et annoté la présente édition du livre de Robert Borgel, que ce silence, après ces « Six mois sous la botte » qu’a évoqués Paul Guez dans son livre édité de suite après la libération de la Tunisie du joug nazi, en juin 1943, est dû au fait que « comparés aux souffrances subies par les Communautés juives d’Europe, celles de la Communauté juive de Tunisie sont apparues insignifiantes, et les Juifs originaires de Tunisie eux-mêmes ont jugé que la pudeur leur commandait de ravaler leur douleur au rang des mauvais souvenirs qu’on n’évoque pas ».
Je ne partage pas son sentiment car un viol est un viol.
Et les Juifs de Tunisie ont souffert des sévices qui ont compris le travail forcé dans les camps, les réquisitions, les amendes collectives, les assassinats, les viols et les déportations, comme d’ailleurs le reconnaît Claude Nataf lui-même.


Non, je crois plutôt que la raison est autre. Pendant cette période de souffrances, la colère des Juifs contre la direction de la Communauté, particulièrement à Tunis, était telle que de suite après le départ des Nazis, personne n’était intéressé à recueillir leurs témoignages, témoignages qui auraient aiguisé les dissensions et libéré les manifestations de haine, comme cela se fit avec les rescapés des camps en Europe. Comme on s’en souvient, ceux qui retournèrent de « l’indicible » critiquèrent amèrement la conduite des Judenrats des différents ghettos, jusqu’à les accuser de collaboration avec le bourreau nazi. Il semble que Robert Borgel ait écrit son livre pour éviter que cette critique virulente que les Juifs de Tunis ont portée contre la Direction de la Communauté pendant et après l’occupation, ne prenne des dimensions incontrôlables. Son père en avait été le chef.


Dans son livre, il insiste sur les sévices dont a souffert, en tant que responsable de la communauté, ce « vieillard de 70 ans » pendant cette période. Tout lecteur attentif ressentira un certain malaise face au ton pathétique qu’utilise Robert Borgel afin de décharger son père de la responsabilité de ces listes infâmes établies par la communauté. Ces listes désignaient ceux qui devaient se présenter aux Bureaux de la Communauté pour être enrôlés dans les Camps de Travail.
Le nombre des « enrôlés » dans ces camps était imposé par la Kommandantur. Mais leurs noms l’étaient par les chefs de la Communauté. Ce sont ces listes de noms qui ont provoqué parmi les membres de la communauté une amertume profonde qui se transforma rapidement en colère puis en accusations.


Paul Ghez et son équipe les avait établies. Mais sous la présidence de Moïse Borgel. Ces listes avaient soulevé alors une lourde polémique et avaient agité profondément les membres de la communauté quant à la loyauté de ses dirigeants.

Cette polémique reposait sur le fait que les fils et les proches des dirigeants de la communauté avaient été assignés à un travail « d’auxiliaires » dans les bureaux de la communauté, ou tout simplement libérés pour raison de santé. Tandis que les autres, incompétents ou pas, avaient été envoyés dans ces Camps, qui n’avaient de camp que le nom et qui le plus souvent consistaient en un espace en plein air entouré de barbelés. On était alors en Hiver, période des pluies diluviennes dans le nord de la Tunisie où les nazis avaient installés ces Camps de Travail.


Michel Abitbol dans son livre « Le Passé d’une discorde Juifs et Arabes depuis le VIIe siècle (Paris 1999) », souligne les sentiments de « haine des familles des travailleurs mobilisés à l’encontre de Paul Ghez […] De graves soupçons de « favoritisme » pèsent dès le départ sur l’action du Comité (il s’agit du Comité d’administration de la Communauté et son remplacement par un Judenrat de neuf membres, ainsi que le souligne l’auteur) qui aurait fait porter tout le poids de la mobilisation sur les épaules des classes les plus démunies de la population juive : une division de classe très nette sépare en effet les « recruteurs » – notables et intellectuels appartenant aux milieux aisés peuplant les différents services créés par le Comité de la main-d’œuvre – des « recrutés », provenant dans leur écrasante majorité des couches populaires du ghetto. » (p.394). Mais ce qui était plus grave encore, ce fut la création par Paul Ghez d’une « unité de rafleurs dont la tâche est de débusquer les planqués et les évadés des camps. Cette unité aux fonctions particulièrement difficiles suscite de violents remous au sein de la communauté » (ibidem).


C’est cette polémique qu’il m’a semblé important de retracer, en m’appuyant sur le livre de Borgel et sur d’autres ouvrages. Je regrette de ne pouvoir recourir pour l’instant aux archives existantes, et aux témoignages que les metteurs en scène du documentaire filmé « Matter of Time », où j’ai rempli le rôle de conseiller historique, n’ont pas jugé bon d’intégrer à leur film, par crainte sans doute d’éveiller cette polémique occultée.
Or, en histoire, ce sont les polémiques rejetées dans le silence, qui, une fois replacées au grand jour font avancer la connaissance de la réalité passée.

Robert Borgel, torturé dans son intégrité, relate néanmoins en quelques lignes la brutalité morale de cette polémique : « De toutes les servitudes de l’occupation, le travail forcé, et son complément le recrutement des travailleurs, par les Juifs eux-mêmes, est sans conteste la plus pénible, la plus odieuse. »


Cependant, il me semble que dans ces conditions de servitude, il aurait été plus moral que les chefs de la Communauté fassent régner une certaine égalité dans le recrutement des travailleurs forcés, sans autre discrimination que leur état de santé et les compétences qui les rendaient réellement indispensables à la bonne marche de la Communauté sous le joug nazi.
Malheureusement, nous devons reconnaître que, selon le cours habituel des choses, les fils et les proches des notables n’ont pas été envoyés dans les camps.

C’est ce qui a décidé l’écrivain Albert Memmi à renoncer, par sentiment moral, à sa dispense pour état de santé et de quitter la place dont on l’avait gratifié, de droit, dans les bureaux de la communauté. Il la quitta pour s’enrôler dans les Camps : « Comment puis-je y rester alors que tous les jeunes Juifs sont battus, humiliés, assassinés dans les camps ! A la grande stupeur des directeurs de notre bureau, et à l’étonnement de mes camarades qui se moquent de moi et me portent tout à la fois du respect, je demande que l’on me joigne aux travailleurs. Je ne recherche même pas une once de fierté par cette décision, et il est fort possible que je me conduise comme un imbécile. [… ] Puisque ma chance m’a doté d’un certain niveau de culture, j’irai dans le camp aider les autres.  »


Robert Borgel, dans son livre, ne parle que d’une manière vague des « imperfections » du service de recrutement qu’avait mis en place Paul Ghez. Mais il corrige de suite l’impression que pourrait créer dans l’esprit du lecteur cette remarque en soulignant que « tel quel, avec ses imperfections mêmes, ce rôle ingrat devait être assumé. Certains seraient tentés de puiser, dans des griefs particuliers, un ressentiment à l’encontre du service; d’autres, s’écartant de la réalité, oublient de reconnaître l’état de nécessité » . Argument fumeux.
Albert Memmi, dans son livre ‘La statue de Sel’, est plus précis que Borgel et nous rappelle qu’un des notables insista sur le fait que les chefs de la Communauté avaient décidé sciemment de cette discrimination : « J’ai voulu sauver l’élite de la communauté, avait expliqué sans rire un des notables » écrit Memmi.


Il est bien entendu que ce rôle ingrat, imposé aux Chefs de la Communauté par les nazis, devait être exécuté afin d’éviter le chaos qu’auraient créé les représailles nazies s’il n’avait pas été accompli.
Mais ce que nous soutenons, c’est que justement dans cet état de choses et afin d’éviter les haines au sein de la communauté dans ces moments difficiles, les notables auraient dû aiguiser plus en encore leur sens moral et éviter les inégalités basées sur les hiérarchies sociales. Le renforcement de la solidarité communautaire était un élément vital pour celle-ci afin de survivre décemment aux affres nazies. Au moment où les agents du Protectorat français, sous l’ordre de Vichy, avaient retiré leur responsabilité sur les agissements nazis contre les Juifs, et où certains courants au sein de la société tunisienne poussaient le petit peuple à collaborer avec les nazis, les responsables de la Communauté auraient dû exprimer plus encore, et au grand jour, leur sens moral et oublier leurs privilèges de notables.


Or, ce manquement impardonnable a été tu.
Le mettre à jour, après 67 ans, me semble impératif, afin que notre « mémoire » soit plus proche de la réalité passée et que les musées Historiques qui nous la relatent ne demeurent vaines entreprises.
N’oublions pas que les dangers encourus par les « enrôlés » étaient mortels, qu’ils étaient soumis chaque jour à des bombardements. Paul Sébag les évoque dans son livre « Histoire des Juifs de Tunisie Des origines à nos jours, Paris, 1991. « Ce sont surtout les bombardements incessants auxquels ils étaient exposés qui faisaient de leur vie un enfer et amenèrent nombre d’entre eux à s’évader. » Et Robert Borgel souligne, à la page 333 de son livre : « Bombardements, des travailleurs tombent. C’est à chaque fois la plaie qui s’ouvre, saigne devant la douleur, d’autant plus émouvante qu’elle est parfois muette et contractée, d’une pauvre mère à qui on rapporte, atrocement mutilés, les restes de son fils ».

 

Source : Blog Terredisrael.com

Ecrit en azoût 2009

Repost 0
Published by Camus - dans La Shoa
commenter cet article
8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 12:03

Pourquoi je suis juif

 

http://www.dreuz.info/wp-content/uploads/images8.jpeg

 

Chers amis lecteurs, 

A l’approche du jour de mémoire consacré aux six millions des sœurs et frères de mon peuple, assassinés par les nazis, dans le silence et la lâcheté des nations, aujourd’hui si prompts à condamner Israël pour chaque caravane qui s’installe dans une colline de Judée et Samarie, 

Alors que la haine contre mon peuple se pare d’un antisionisme qui cache fort mal son visage antisémite et qu’elle gangrène de nouveau l’Europe qui ne sait pas, ne sait plus ou ne veut pas, protéger ses juifs contre un islamisme ravageur qui fait de la haine des juifs, son pain quotidien, 

Puisque la bête immonde s’est relevée de la honte si vite effacée, se fortifie et avec encore davantage de vigueur, s’agite afin de  rayer Israël de la carte du monde, 

Alors que les menaces de l’Hitler Iranien ne font sérieusement réagir personne et que les dirigeants planétaires font mine de croire à l’efficacité de sanctions diverses, tout en persistant à lui  tendre la main, 

Puisque ce faisant, ils ferment leurs yeux et leurs oreilles et qu’ils bouchent leurs cœurs en acceptant le risque qu’il soit à nouveau trop tard pour agir en faveur d’Israël et du peuple Juif,

Je réveille la voix d’Edmond Fleg, qui a su avec tant d’authenticité dire pourquoi nous sommes juifs, envers et contre tout, envers et contre tous, et pourquoi rien, absolument rien ne peut briser la foi qui nous habite.

 

Rachel Franco, Jérusalem


Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Rachel Franco pour www.Dreuz.info

Vous aimez cet article ? Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir les nouveaux articles de Dreuz, une fois par jour en fin d’après-midi.

 

Pourquoi je suis juif – Par Edmond Fleg

(Vers le monde qui vient)


Je suis juif, parce que, né d’Israël, et l’ayant perdu, je l’ai senti revivre en moi, plus vivant que moi-même.

Je suis juif, parce que, né d’Israël, et l’ayant retrouvé, je veux qu’il vive après moi, plus vivant qu’en moi-même.

Je suis juif, parce que, la foi d’Israël réclame, de mon cœur, toutes les abnégations.

Je suis juif, parce qu’en tous lieux où pleure une souffrance, le Juif pleure.

Je suis juif, parce qu’en tout temps où crie une désespérance, le Juif espère.

Je suis juif, parce que la parole d’Israël est la plus ancienne et la plus nouvelle.

Je suis juif, parce que la promesse d’Israël est la promesse universelle.

Je suis juif, parce que, pour Israël, le monde n’est pas achevé : les hommes l’achèvent.

Je suis juif, parce que, pour Israël, l’homme n’est pas créé : les hommes le créent.

Je suis juif, parce qu’au-dessus des nations et d’Israël, Israël place l’Homme et son Unité.

Je suis juif, parce qu’au-dessus de l’Homme, image de la divine Unité, Israël place l’Unité divine, et sa divinité.


Edmond Fleg

Repost 0
Published by Camus - dans La Shoa
commenter cet article
8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 11:43

Dix ans avant la Shoah

 

En direct de Jérusalem : le blog de Katy Bisraor Ayache

 

http://www.israel-flash.com/wp-content/uploads/2013/04/SOUVENIR.jpg


Les archives du mémorial du “Beit Lohamé Hagetaot” du kibboutz Lohamé Hagetaot mettent en ligne à l’occasion de ce Yom Hashoah 2013, un document inédit, de quelques deux cent pages écrit par un groupe de jeunes filles en 1929 à Varsovie. Des adolescentes de 15, 16 ans, membres du mouvement de jeunes sionistes de l’Hashomer Hastair, qui rêvent d’immigrer en “Palestina” et s’entrainent à parler l’hébreu et décrétent même des soirées où dire un mot en polonais est strictement interdit. Elles racontent dans ce carnet intime,  leurs préoccupations, leur quotidien, leurs craintes aussi de ne pas réussir à concrétiser leur rêve de vivre sur la “Terre des Juifs.”


Bracha a 15 ans. On la voit sur la photo, allongée, la seconde sur la droite. Elle écrit quelques pages. Puis une autre amie, puis encore une autre. Le tout est un témoignage unique d’une époque, où l’orage commençe à peine à gronder sans que personne ne réussisse à prévoir la tempête dévastatrice.  Toutes les amies de Bracha ont disparu dans la tourmente et les camps de la mort. Seule rescapée, Bracha, fait revivre aujoud’hui cette époque. Pour les jeunes israéliens et les jeunes juifs du monde entier, pour que rien ne soit oublié.

A lire certaines de ces pages, de ce quotidien d’adolescentes insouciantes, on pourrait presque croire, parfois, que les mots ont été écrits hier. L’identification est inévitable.  Et c’est là la force de ce journal. 

 

http://endirectdejerusalem.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/10-ans-avant-la-Shoah.jpg

 

Source : http://www.juif.org/go-blogs-49027.php

Repost 0
Published by Camus - dans La Shoa
commenter cet article
27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 13:48

                                     Une question de temps : A  Matter of Time

En ce jour international commémorant La Shoa, je me joins au Président Shimon Pérez à la lecture du Kaddish. J'allume une chandelle en souvenir de six millions de Juifs tués durant la seconde guerre mondiale.

Je revois  en ce moment le film : "A Matter of Time", une question de temps. Car c'était une question de temps, l'extermination du Judaïsme Nord Africain était en route, nous savons été ratés de peu. 
Désarmante a été l'attitude du Résident Général Français à Tunis qui aurait pu empêcher l'invasion allemande vu la supériorité numérique de l'armée française en Tunisie et sa prédominance en engins de guerre;  attitude comparable seulement à celle du Bey  Tunisien qui n'a pas levé un pouce afin de protéger ces sujets Juifs Tunisiens.

 

Révoltante a été la conduite du Judenrath, Comité Israélite ayant fourni aux Allemands les listes de "volontaires" aux travaux forcés, listes qui ne comprenaient pas les riches et les intellectuels.
L'écrivain Albert Memmi (La statue de sel) étant contre cette politique s'est engagé aux camps de travaux de son propre gré.  Lire aussi le livre  : "La villa Jasmin" de Serge Moati, http://www.akadem.org/photos/contextuels/4223_Villa_Jasmin_3.pdf

 

http://img242.imageshack.us/img242/9069/shoa1mx6.jpg

 

Ce film produit par Alain Jacubovicz et Tsvika Sheffy comprend deux parties : la première " From Tripoli to Bergen-Belsen ", mise en scène par Marco Carmel, et la seconde " Invasion at Tunisia", mise en scène par Serge Ankri.  Le conseiller historique du film est le Docteur Réouven (Roger) Cohen.

La tension qui en général divise les metteurs en scène et les conseillers historiques, - les premiers, parlant cinéma et le conseiller à cheval  sur le principe de la  fidélité aux faits historiques, - a donné naissance cette fois à un documentaire intéressant, où l'empreinte du conseiller historique semble avoir été déterminante.
En effet, la réalité historique que ce film retrace, explique nombre de questions qui avaient été laissées, jusqu'à ce jour, en suspens pendant la période du régime de Vichy et de l'invasion nazie en Afrique du Nord.


J'ai vu trois fois ce film en deux jours, sans doute pour mieux comprendre notre histoire de Juifs Nord-Africains, ou peut être, afin de calmer ma conscience du fait que j'ai toujours rejeté ce sujet dans le fin fond de ma mémoire.

Tout commence avec les décrets du gouvernement de Vichy, dont l'un est la suppression de la nationalité française aux Juifs Algériens. La France sous le régime de Vichy traite de l'histoire de la France entre 1940 et 1944, lorsque le pays est sous domination allemande après la défaite militaire de juin 1940.
Les Allemands qui occupent d'abord la partie nord, et à partir de novembre 1942 le pays tout entier, laissent en place l'administration française sous l'autorité d'un gouvernement français dirigé par le maréchal Pétain et installé à Vichy.
Le régime de Vichy est le nom généralement donné au régime qui s'est substitué à la Troisième République, sous le nom d' "État français " et qui détiendra le pouvoir jusqu'à la Libération, en août 1944, avant d'être remplacé par le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) dirigé par le général de Gaulle. 

 

Dès juin 1940, Pétain met en œuvre une Collaboration avec les Nazis, et celle-ci prendra plusieurs formes au cours de la guerre, dont les rafles de Juifs organisées par la police française.

" A matter of time " soutient que ce que programmaient les autorités Nazies, était la réalisation de leur plan d'extermination du peuple Juif  en Afrique du Nord et en Libye aussi. Le temps leur manqua, fort heureusement.
Une opinion erronée était que seuls les Juifs Européens avaient souffert sous "La botte Nazie".  Le film " Une question de temps " nous prouve le contraire, les Juifs de Libye et de Tunisie amassés dans des camps de travaux forcés ont subi eux aussi, à une échelle plus réduite, vu leur nombre, les sévices dont avaient souffert, au début de leur emprisonnement, les Juifs d'Europe.
Ils furent obligés de travailler depuis l'aube jusqu'à la nuit tombante. Ils reçurent un seul repas par jour fourni par la Communauté Juive, qu'ils mangèrent dans une gamelle leur servant aussi de tasse et… aux besoins urinaux nocturnes. Nombre de témoignages sont donnés par ceux qui ont vécu cet enfer.
Une partie des Juifs Libyens fut  transportée à Bergen-Belsen, jusqu'à leur massacre.  Certains ont eu la chance de survivre et grâce à eux nous savons ce qui s'est passé.

 

enfant-shoah1.jpg


Quand l'Iran proclame que l'holocauste n'est qu'une fiction, ces témoignages sont là pour prouver le contraire.

 

J'ai appris en contemplant cette production destinée à la télévision, que le leader choisi par les Juifs Libyens avait refusé de fournir des listes d'hommes âgés de 18 à 65 ans pour les travaux forcés. Avec diplomatie il a trouvé pas mal d'excuses ("C'est compliqué", " le recensement prendra un temps infini"…)  D'autres cependant, parmi les notables ont accepté de faire cette triste besogne,  pensant ainsi sauver leur peau. La chose se répète en Tunisie.


Les Juifs Tunisiens eux aussi en ont vu de toutes les couleurs : camps de travaux forcés (mon père en a fait partie), spoliations (ma famille aussi a subi cette dépossession), bombardements par les alliées (ma sœur en est encore traumatisée, la maison de mon oncle a été détruite et sa fille a trouvé la mort sous les décombres) et la suppression de la nationalité française pour les Algériens... 

En voyant ce film j'ai bien cerné les procédés utilisés par les nazis tels que nous les expliquent les personnages qui témoignent… Notamment j'ai écouté le témoignage important de Moïse Bouhnik, une connaissance sfaxienne, j'ai écouté les affirmations d'Yvette Saâdoun que j'ai connue à Sfax et qui est la belle sœur du précédent. J'ai suivi les explications de l'historien, le professeur Haïm Saâdoun  rencontré à Sfax quand il était âgé de trois ans. J'ai été très impressionné par ce que j'ai vu et entendu, j'ai appris ce que je ne savais que vaguement.

Mes félicitations à ceux qui ont tenu le flambeau et n'ont pas accepté qu'on falsifie l'histoire. Ce qui est fâcheux c'est que les émigrants d'Afrique du Nord, une fois arrivés en Israël ont été déroutés par un nouvel mode de vie. Un peu de tact et de compréhension de la part de la société israélienne de cette époque, aurait facilité leur intégration dans le pays.

Je trouve que tout a été bien expliqué. Historiquement je ne peux que donner mon avis bien humble. Je remercie mon ami Réouven (Roger) Cohen de m'avoir envoyé ce film. Vous pourrez le voir aussi en vous adressant au producteur,
Alain Jacobuvicz, téléphone :  972(0)528-3117911.

Camus Bouhnik, Beer Sheva.

Voir aussi : le régime de Vichy, cliquer sur les termes écrits ys en bleu pour en savoir plus, dans le texte de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gime_de_Vichy

 

http://img.over-blog.com/59x113/2/38/73/59/22.jpg

Repost 0
Published by Camus - dans La Shoa
commenter cet article
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 08:35

La neige tombe au seuil d'une synagogue 


Petit Papa c’est donc la mi-carême
Car te voilà déguisé en soldat
Petit Papa, dis-moi que c’est pour rire
Ou pour faire peur aux tout petits enfants (bis) »

Non, non ma fille je pars pour la patrie
C’est un devoir où tous les Papas s’en vont
Embrasse-moi petite fille chérie
Je rentrerai bien vite à la maison (bis)

Dis moi maman qu'elle est cette médaille
Et cette lettre que le facteur a apporté
Dis-moi maman tu pleures et tu défailles
Ils ont tué petit père adoré ? (bis)

Oui mon enfant ils ont tué ton père
Pleurons ensemble car nous la haïssons
Cette guerre atroce qui fait pleurer les mères
Et tue les pères des petits anges blonds (bis)

La neige tombe au seuil d'une synagogue
Là est assise un enfant d'Israël
Elle reste la malgré le froid la bise
Elle reste la malgré la fin du jour (bis)

Vint à passer une petite troupe
Elle reconnut l'uniforme allemand
Elle refusa l'aumône qu'on lui offre
A l'ennemie elle dit sévèrement (bis)

Gardez votre or je garde mes souffrances
Soldats prussiens passez votre chemin
Car moi je suis une enfant d'Israël
A l'ennemi je ne tends pas la main (bis)

Mon père et mort sur ce champ de bataille
Je n sais où se trouve l'endroit de son cercueil
Ce que je sais c'est qu'une de vos mitrailles
M'a fait porter cette robe de deuil (bis)

Ma mère et morte au seuil d'une synagogue
Tout en priant sous ces murs éboulés
Blessée à mort par une de vos balles
Blessée à mort par un de vos boulets (bis)

Vous avez eu l'Alsace et La Lorraine
Vous avez envahi des pays d'étrangers
Vous avez su germaniser la plaine
Mais Israël vous ne l'aurez jamais  (bis)


Nous irons tous en notre Terre Promise

Afin d'y être une majorité

Nous lutterons avec les halouzim

Pour que triomphe enfin la liberté  (bis)

 

Adaptée de : Vous avez eu L'Alsace et La Lorraine

 

Nous avons chanté ce chant le jour de La Shoah dans les mouvements de jeunesse, au pays du Yasmine. Le chant est adapté de La Strasbourgeoise, vous avez eu L'Alsace et La Lorraine.  Parfois le chant était mis en scène et son interprétation  faisait partie d'un ensemble de sketches dans le même sujet.

 

22.jpg

 

Repost 0
Published by Camus - dans La Shoa
commenter cet article
3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 17:53

 

Le Kaddish de Ravel, interprété le 8 juin 2010 à Jérusalem


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/84/Maurice_Ravel_1912.jpg/250px-Maurice_Ravel_1912.jpgMaurice Ravel fils de Joseph et Maria, né le 7 mars  1875 à Ciboure  et mort à Paris le 28 décembre 1937, était un compositeur français de l’époque moderne.

Avec son aîné Claude Debussy, Ravel fut la figure la plus influente de la musique française de son époque et le principal représentant du courant dit impressionniste au début du XXe siècle. Son œuvre, modeste en nombre d'opus (quatre-vingt-six œuvres originales, vingt-cinq œuvres orchestrées ou transcrites),  couleurs et rythmes du jazz et d'influences multiples dont celle de l'Espagne.


Caractérisée par une grande diversité de genres, la production musicale de Ravel respecte dans son ensemble la tradition classique et s'étale sur une période créatrice de plus de quarante années qui la rendent contemporaine de celles de Fauré et Debussy mais aussi de Stravinski, Bartók ou Gershwin. Maître de l’orchestration et artisan perfectionniste, cet homme à la personnalité complexe ne s'est jamais départi d'une sensibilité et d'une expressivité qui, selon Le Robert, lui firent évoquer dans son œuvre à la fois « les jeux les plus subtils de l’intelligence » et « les épanchements les plus secrets du cœur.


Voici le Kaddisch de  Maurice Ravel. Interprétation du ténor Azi Schwartz. Au piano : Fadi Deeb. Enregistré en direct à Jérusalem,  Music Center, le 8 juin 2010.

Je dédie ce Kaddish de Ravel aux déportés massacrés par le régime nazi, à la Shoa.    

 

 

 

 

           

Biographie : http://www.musicologie.org/Biographies/ravel_maurice.html


Merci à Chochana Boukhobza, facebook

Repost 0
Published by Camus - dans La Shoa
commenter cet article