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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 17:57

Les confessions de Michka

Therese.jpgThérèse Zrihène-Dvir

Auteur Thérèse Zrihen-Dvir
Editeur Tatamis/du Journalisme Continu
Date de parution 01/01/2014
ISBN 2917617845
EAN 978-2917617847
 

Nouveauté à paraître, indisponible à ce jour.  

Date de sortie : 1 janvier 2014

En résumé
Les confessions de Michka, rescapé de la machine meurtrière nazie, nous entraînent dans le maelström de la fuite ahurissante d’un jeune garçon juif, âgé d’une dizaine d’années qui s’échappe du ghetto de Bialystok et échoue dans la forêt. Là, il...
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Le Mot de l'éditeur : Les confessions de Michka

http://media.cultura.com/media/catalog/product/cache/1/image/500x500/0dc2d03fe217f8c83829496872af24a0/l/e/les-confessions-de-michka-9782917617847_0.gif?t=1384331998Les confessions de Michka, rescapé de la machine meurtrière nazie, nous entraînent dans le maelström de la fuite ahurissante d’un jeune garçon juif, âgé d’une dizaine d’années qui s’échappe du ghetto de Bialystok et échoue dans la forêt. Là, il connaît la faim, le froid, la douleur et surtout la solitude. Dans cet univers glacé, il se heurte soudain à une horde de loups…  « Quelques-uns me jetèrent un regard triste, sans manifester d’hostilité particulière. Je sentis mon corps se figer et mon cœur battre à tout rompre dans l’attente d’une attaque soudaine, qui ne vint jamais… »
Cela nous ramène inévitablement à l’échafaudage imaginaire de Misha Defonseca et à sa condamnation à l’oubli d’autres innocents parmi les loups qui se retrouvaient plus seuls et plus abandonnés que jamais.
Comment ne pas être sceptique après cette scandaleuse invention de Defonseca ? Comment vérifier si les confessions de Michka sont fiables ? Il suffit pour cela d’écouter les rescapés de la Shoah qui ont vécu un certain temps dans la forêt pour comprendre qu’une attitude pareille des loups a été réellement vécue. La radio militaire israélienne Galei Tsahal en a recueilli quelques témoignages lors des entrevues avec des rescapés… ou les découvrir simplement sur internet.

Auteur
Thérèse Zrihen-Dvir, née à Marrakech, Maroc, est la petite-fille du président de la communauté juive de Marrakech, feu Rabbi Moshé Zrihen, Rabbin-juge. Après la guerre des Six Jours, elle quitte le Maroc et s'installe en Israël avec sa famille. Elle suit son époux au Canada en 1981 où elle y réside jusqu'en 1985. Elle ne reprendra l’écriture de ses poèmes et œuvres littéraires qu’à l’âge de cinquante-cinq ans lors de sa retraite de son poste de directrice de compagnies Hi-Tech. Depuis, elle publie ses œuvres en trois langues, Anglais-Français et Hébreu.


Posez des questions concernant ce livre à Thérèse Zrihen-Dvir notre collègue dans OverBlog : http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/ 

 

  

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 17:14
Passerelle, carnet de mer
 Erwann Rougé

Passerelle, carnet de mer


Prix : (12,00 €)  11,40 €
EAN : 9782915120929
Format 14,5 x 20 centimètres
80 pages
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Poésie ”
ISSN : 2117-5470
Dépôt légal 4ème trimestre 2013
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

http://poesie.evous.fr/IMG/gif/amourier_logo_9cm.gifÀ bord d’un navire, au jour le jour et dans la solitude de la passerelle, l’auteur écrit son journal de veille où se mêlent écrits intimes et poésie.
Le récit, journal de bord, fait passerelle entre les départs et les retours, entre les doutes, les désirs et les manques. Il souligne la tendresse qui s’amarre en lui de l’être aimée, ce qui débarque en même temps à l’intérieur : une tension qui danse avec les extrêmes.
Le navire fatigue et le corps aussi. Dans le noir de la passerelle, il épaule la vague, les lignes tremblantes… Les coups de ballasts réduisent l’allure. L’état de mer le contraint à renoncer à l’accostage. Navire et corps n’en finissent pas de se confondre au silence muet qui s’écrit dans la marge et qui tente de préserver ce qui reste de tendresse.


Extrait 


Remis sur roues la remorque renversée. Temps couvert et boucailleux, visibilité médiocre, roulis et tangage accentués par grosse houle.

Je continue le carnet.
Sur le mur de côté, il y a toujours des livres. Des livres de poésie pour revenir au monde, continuer le voyage. Lire pour marcher, rouler sur mer, errer. Et personne, personne à dire le blanc, à dire le pourquoi et le comment du blanc dans le poème. Un blanc présent entre les mots, un blanc qui garde les distances et appartient à cette fin d’après-midi, à cette formidable immédiateté. Les mots crissent dans le cerveau, collent aux yeux, durcissent sur la peau. Ils veulent se serrer les uns contre les autres. Ils arrivent dans le corps d’une enfance qui rêve de dérober quelques secrets du monde où se font toutes les métamorphoses, les mutations, où tout un infini remonte à la surface comme les bulles que l’on souffle dans un cercle de savon. Comme des fourmis dans une prairie au soleil.

***

Mer houleuse. Tangage et roulis modérés. Ciel nuageux.

Lire un livre débute toujours par un vertige.

Lire écrire, c’est habiter les contraires, vivre une traque, aux aguets, mais sans rien attendre. Opiniâtrement, marcher au plus près, au plus juste de la blancheur du papier qui se recouvre de signes. Vivre une avidité, une obstination, une soif… presque une rage primitive de s’approprier, jamais assouvie. On va par-delà l’envol d’oiseau sur le marais, même sans comprendre clairement, dans l’énergie d’une palpitation, un vieux rêve d’apesanteur. On espère voir venir les mots, comment les mots viennent voir, parlent, remuent, retournent la terre meuble, d’une présence animale, d’une odeur qui la nourrit et libère. Lire avant que le silence ou le blanc ne retombe ou se dire “ pourquoi font-ils tout ce bruit”. Seulement cela.


Lire un autre extrait

Lire la revue de presse

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 10:51
La Fille sauvage de Songy 
 Anne Cayre
http://www.amourier.com/pub/ftp/templates/images/bandeau_amourier.gif
Prix : (20,00 €)  19,00 €

http://www.amourier.com/pub/mod_products/images/maxi/559.jpg
EAN : 9782915120936
Format 14,5 x 20 centimètres
288 pages.
Couverture quadrichomie.
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Prose ”
ISSN : 2259-6976
Dépôt légal 4° trimestre 2013
 

Biographie et bibliographie de l'auteur 

 

Propos du livre

 

La fille sauvage de Songy – sujet de ce beau roman –  a vécu au XVIIIe siècle, capturée en forêt champenoise par des villageois de Songy.
Des documents officiels, des livres, attestent de quelques événements de sa vie, son baptême, sa mort, mais en laissant de côté, toujours, le ressenti de cette jeune fille. Anne Cayre choisit de combler ce manque, de redonner à celle qui deviendra plus tard Marie-Angélique Le Blanc, une réalité physique et morale dont la privent tous les écrits de cette époque.
En s’appuyant sur les archives, l’auteure imagine avec beaucoup de délicatesse les difficultés et les souffrances éprouvées par cette enfant que l’on voit combattre et résister pour sa survie, puis, petit à petit se familiariser avec le langage et l’écriture, se sociabiliser jusqu’à parvenir, adulte, à une autonomie et à une réflexion qui la sauveront. Ou pas.

 

Extrait  
Sans doute, délaissant les ronces et les prunelliers aux fruits desséchés, les eaux basses de la rivière, rodait-elle depuis plusieurs jours autour du village de Songy, observant de loin les miséreux postés au bord des champs, qui gardaient pour deux sous la journée les maigres récoltes rescapées d’une sécheresse, dont personne ne se souvenait en avoir connu de pareille. Sans doute était-ce elle que quelques jours auparavant, le berger du vicomte d’Épinoy avait aperçue un matin, accroupie dans les vignes, écorchant fébrilement des grenouilles, les dévorant enveloppées de feuilles. Elle s’était enfuie aussitôt, une noire créature cachée sous une broussaille de cheveux, le diable en personne, avait raconté le berger à son maître, à sa femme, à qui voulait l’entendre.

Dans ce village de Songy perdu dans la plaine à quatre lieues de Châlons-en-Champagne, l’histoire avait suscité un mélange de fascination et d’incrédulité.
Mais en ce 8 septembre 1731, dans le soir qui tombait, ils la voyaient de leurs propres yeux. Le berger n’avait ni rêvé ni perdu la raison : elle était là, devant eux, blottie au creux de l’arbre, les genoux repliés sous le menton, les mains crispées sur le tronc. Elle était à demi-nue, ses hanches entourées de peaux de bêtes. Sa peau était sombre, d’une noirceur qu’il n’avait jamais vue chez aucun des leurs. “ Une nègre, pour sûr, c’est une nègre ”, répétait le garçon de ferme.
Elle les regardait à travers le feuillage, terrorisée par cette poignée d’hommes qui juraient et frappaient le sol de leur fourche, par ces chiens qui se jetaient contre le tronc en aboyant, ces femmes qui accouraient, des enfants accrochés à leurs jupes.
Les gens du vicomte d’Épinoy, le seigneur de Songy, l’avaient surprise sur les terres de leur maître dans un pommier chargé de fruits d’où, effrayée, elle avait sauté sur un autre pommier, sur un autre encore, avant de se laisser glisser sur le sol pour courir vers la rivière.
Dans sa course éperdue, c’est en vain qu’ils avaient tenté de la rattraper, et lorsqu’elle eût grimpé très haut dans l’un des arbres qui longeaient l’eau derrière le château, en vain qu’ils avaient tenté de l’en faire descendre.
En attendant que le seigneur fût prévenu et donnât ses ordres, ils l’observaient. Parfois, s’agrippant des pieds et des mains, à quatre pattes elle commençait d’avancer vers l’extrémité d’une branche pour s’échapper sur un arbre voisin. Leurs petits serrés contre elles, les femmes reculaient en se signant, les hommes s’approchaient, prêts à bondir. Mais la créature renonçait et revenait à reculons se recroqueviller dans la fourche de l’arbre.
Le corps agité de soubresauts, de petits mouvements incessants, elle roulait des yeux apeurés, tournait par saccades sa tête de tous les côtés pour chercher par où s’échapper, la levait vers le haut de l’arbre, le cou tendu, la bouche grand ouverte comme pour aspirer le ciel. Puis elle regardait vers le sol, leur laissant entrevoir à travers les mèches de son épaisse toison noire un visage noir, un regard de bête traquée.
“ Descends ! Vas-tu descendre ! ” criaient les paysans, leur fourche pointée vers elle. Écumants de bave, montrant leurs crocs, les chiens se dressaient contre le tronc, griffaient l’écorce. Un homme dit que c’était elle, c’était elle, pour sûr, la diablesse que des gens du côté de Vitry-le-François avaient vu tuer un dogue lâché sur elle d’un seul coup de bâton.



Lire un autre extrait

Lire l'article de Marie Jo Freixe, paru dans le Basilic de décembre 2013

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 20:19

Lettre d’information n° 134 http://www.amourier.com

Des nouvelles de l'AMOURIER 

Nouvelle parution
(roman)


La Fille sauvage de Songy

d'Anne Cayre

http://amourier.raynette.net/pub/ftp/Images/Nioulettres/Portrait150AnneCayre.jpg

 



Pour en savoir plus, un simple clic sur les images…

Ami(e)s qui aimez lire,

La Fille sauvage de Songy, roman que nous vous proposons en cette fin d'année est inspiré par la vie réelle d'une jeune fille capturée en forêt champenoise par des villageois de Songy en 1731.
Entre réalité et fiction, l'auteure, Anne Cayre, se fraye une voie dans les brèches entrouvertes par les documents officiels, pour combler ce qui leur manque avec une densité de vie, affective et émotionnelle, imaginée ou interprétée, avec la même force, le même désir que son héroïne a d'abord pour survivre, puis pour vivre.
L'érudition et la sensibilité d'Anne Cayre nous conduisent au cœur d'une époque découvrant l'esprit des Lumières (ici, la nécessité éducative et les prémices de l'anthropologie) mais aussi d'un peuple victime de la misère. Cette jeune fille, fuyant l'esclavage pour une vie sauvage, et à nouveau faite prisonnière, sera "instruite" (dirions-nous aujourd'hui endoctrinée ?) à l'initiative du vicomte de Songy par une congrégation religieuse.
Ce récit, d'une grande humanité, interroge encore nos valeurs. Le rapport entre éducation et liberté, qui apparaît en filigrane au long des pages, est sans doute la motivation première de l'auteure qui a passé trois années de sa vie sur les traces de la fille de Songy. 
Lecture achevée, si l'on ne peut être assuré qu'elle fut "sauvée", au moins peut-on la reconnaître et l'aimer comme notre semblable…
Vous pouvez découvrir des extraits de ce livre sur notre site en cliquant ici, ainsi que la bibliographie de l'auteure en cliquant .
En cette saison propice au désir d'offrir,
recevez… nos amitiés,
Bernadette Griot
amourier.com

 

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 03:50

http://img.youtube.com/vi/LUJ3DrTf3aU/0.jpg

Ahmed Foued Najm, le poète égyptien bien connu est décédé hier dans la matinée du mardi 3 décembre à l’âge de 84 ans.

Voici un de ses poème, composé dans les années 1970, devenu célèbre dans le monde arabe et mis en musique par Cheikh Imam.

« Quand le soleil se noie dans une mer de brume,
Quand une vague de nuit déferle sur le monde,
Quand la vue s'est éteinte dans les yeux et les cœurs,
Quand ton chemin se perd comme dans un labyrinthe,
Toi qui erres et qui cherches et qui comprends,
Tu n'as plus d'autre guide que les yeux des mots. »

Ce qui résume le talent, la créativité et le sens artistique du poète.
Connu pour ses poèmes révolutionnaires, surtout après la guerre des Six jours en juin 1967, Ahmed Foued Najm s’est distingué par ses critiques virulentes envers les Chefs d’Etat égyptiens. Des critiques qui lui ont coûté 18 ans de prison. Mais même les barreaux n’ont pas pu empêcher Najm d’écrire des poèmes en faveur des démunis. Nommé « ambassadeur des pauvres » par les Nations Unies en 2007, Ahmed Foued Najm a beaucoup travaillé avec son ami Cheikh Imam, chanteur des pauvres.
Les poèmes de Najm et la musique de Cheikh Imam ont toujours constitué un symbole pour les opprimés. Ses textes sont toujours chantés par les étudiants arabes assoiffés de libertés et de démocratie.

Voici quelques vers de son célèbre poème célèbre « Elève tes châteaux » : unre poèsie résumant la virulence de Ahmed Foued Najm contre la dictature.

« Tu peux élever tes palais sur nos champs
avec notre labeur et le travail de nos mains,
tu peux installer tes tripots près des usines
et des prisons à la place des jardins,
tu peux lâcher tes chiens dans les rues
et refermer sur nous tes prisons,
tu peux nous voler notre sommeil
nous avons dormi trop longtemps,
tu peux nous accabler de douleurs
nous avons été au bout de la souffrance.
A présent nous savons qui cause nos blessures,
nous nous sommes reconnus et nous sommes rassemblés,
ouvriers, paysans et étudiants ;
notre heure a sonné et nous nous sommes engagés
sur un chemin sans retour.
La victoire est à la portée de nos mains,
la victoire point à l’horizon de nos yeux ».

Paix à son âme.

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 17:05
2013-11-14
         
 

Hédi Bouraoui et l’écriture pluriculturelle

Hedi.jpg

 

Après «Hédi Bouraoui : Hommages au poète» (1998) et «Témoignages sur 40 ans d’écriture» (2007), un autre ouvrage consacré exclusivement  à notre compatriote vient de paraître. C’est un numéro spécial de la revue CELAAN (Centre d’Etudes des Littératures et des Arts d’Afrique du Nord), un périodique publié aux USA, dirigé par un autre compatriote, Hédi Abdeljaouad, professeur à Skidmore College (Saratoga Springs).
Intitulé «Hédi Bouraoui et l’écriture pluriculturelle», ce numéro de CELAAN réunit une douzaine d’essais, des témoignages  ainsi que des inédits de Hédi Bouraoui. Le directeur de ce numéro spécial, Abderrahman Beggar, est un jeune professeur marocain établi au Canada, enseignant à l’université Wilfrid Laurier, auteur de deux ouvrages sur Hédi Bouraoui :  « L’Epreuve de la béance : l’écriture nomade chez Hédi Bouraoui » (2009) et « Ethique et rupture bouraouïennes » (2012).
Dans une préface lumineuse, Abderrahman Beggar évoque tout d’abord le témoignage émouvant d’Albert Memmi qui voit en son compatriote Hédi Bouraoui, un « chevalier de l’esprit », «son frère dans le combat spirituel», combattant contre « les préjugés, la sottise et l’injustice »(p.119). Et c’est  précisément  sur ce tempérament combatif qui caractérise l’écriture de Hédi Bouraoui que Abderrahman Beggar a choisi d’insister avant de résumer les diverses contributions.
Qualifiant notre poète d’« emblème d’une force révolutionnaire, contrant un « ordre » socio-économique  et culturel voué à détruire ce qui fait l’humain : sa tendance à se renouveler » (p.6), il souligne, pour illustration, les « mots-concepts » que Hédi Bouraoui a lui-même créés, qui ont fait sa célébrité  et qui ont toujours constitué sa propre doxa, comme « la nomaditude », « créaculture », « transculture » ou encore « faisance ». Autant de preuves de sa créativité artistique mais aussi de ses prises de position qui brillamment, réfutent parfois les théories d’intellectuels de renom comme Francis Fukuyama qui prône « la fin de l’histoire », occultant en particulier ce besoin de « nomaditude » qui taraude  l’homme, ce « droit d’errance » susceptible « de lui redonner une chance de renaître libre » (p.7) des contingences et autres entraves de la mondialisation.
Beggar  reprend cette revendication, ce « droit à l’errance », dans sa longue et riche contribution intitulée « Hannibal et l’ignescence bouraouïenne », Hannibal Ben Omar étant le personnage central de la trilogie de Hédi Bouraoui: « Cap Nord » (2008), « Les Aléas d’une odyssée » ((2009) et « Méditerranée à voile toute » (2010). Après avoir expliqué le mot-concept « ignescence », titre d’une œuvre de notre compatriote publiée en 1982, et composée de prosèmes, Abderrahman Beggar  prend pour exemple, Hannibal Ben Omar, personnage emblématique, à la fois Ulysse et Hannibal, mais aussi « prototype du penseur ignescent » (p.112). Toutes les errances de ce personnage en Méditerranée, du Sud au Nord et de l’Est à l’Ouest, conclut Abderrahman Beggar, « sont un éloge au souci de renouvellement et de renaissance » (p.116).

Dans la première partie de cet ouvrage, qui en compte trois, consacrée à onze essais, le choix de Françoise Naudillon, de l’université Concordia, porte sur le beau roman Paris berbère (2011). Intitulée « Cahier d’un tricheur salutaire : Paris berbère de Hédi Bouraoui », elle identifie habilement, par le biais, entre autres, du mot-concept « faisance », le personnage principal, Théo, à l’auteur, dans la mesure où le texte lui-même n’est qu’un prétexte. Le choix, par exemple, de ce nom, Théo, n’est pas innocent, Theo, prénom issu du grec ‘theos’, le dieu, mais aussi du germanique ‘theud’, le peuple, une double origine, à l’image du narrateur de Paris berbère, dieu des ‘faisances’ et fascinant raconteur de l’histoire des peuples» (p.27)
Elizabeth Sabiston, professeur de littérature anglaise à l’université York, et directrice du Centre Canada-Méditerranée, présente un travail dense sur la création artistique de Hédi Bouraoui. Dans sa contribution en anglais, intitulée ‘« Islands in the Sun », The Island as Metaphor and Reality in Hédi Bouraoui’s Work’, elle se réfère, dès le début, à l’affection que Hédi Bouraoui a toujours portée aussi bien pour le désert que pour les îles.  Il suffit, pour s’en convaincre, de lire sa fameuse trilogie et ses descriptions de Djerba et des iles Kerkennah. Cette alliance de la Méditerranée et des îles, « cette métaphore vive » sous-tend toute la création artistique de Hédi Bouraoui. Synthèse du négatif et du positif, de l’ouverture et de l’enfermement, les îles méditerranéennes constituent bel et bien  « le microcosme de la culture globale.» (p.29) Et E. Sabiston de conclure :« Le voyage lyrique de Hédi Bouraoui parmi les ‘îles au soleil’  est une  invite au lecteur  à entreprendre sa propre odyssée afin de découvrir toute la diversité culturelle que recèle notre planète île» (ma traduction, p.38).
La contribution de Boussad  Berrichi, professeur à la Cité collégiale d’Ottawa, nous rappelle à bien des égards, les prises de position de l’auteur de « L’Etre et le Néant ». La création poétique est, de l’aveu de J.P.Sartre, un acte de synthèse qui assure la survivance, et qui œuvre à « la réalisation de l’humain dans une société sans race.» (Orphée noir (1948), Préface à l' « Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache » de L.C.Senghor). Or la « question principale »  qui taraude Berrichi et qui court en filigrane dans sa contribution, « La Trans-libération de l’individu dans l’œuvre poétique de Hédi Bouraoui » est la suivante :
« Que peut la poésie dans une  situation de crise généralisée ? » (p.101). C’est une question, écrit-il,  que « soulève l’analyse de la force de la poésie dans un contexte socio-politique donné (colonial ou post colonial) ». Or l’engagement de « l’écrivain-poète humaniste »,  (p.105), s’inscrit, précisément,  dans cette optique  dans la mesure où la« force » de Hédi Bouraoui réside dans : « sa propension à éveiller les consciences, à les sensibiliser et à les inciter à se soustraire aux dominations inhumaines.» (p.100).
Ce numéro spécial de CELAAN contient, par ailleurs, des inédits de Hédi Bouraoui, accompagnés d’une biblio-biographie complète ainsi qu’une série de témoignages, dont ceux d’Albert Memmi (cité plus haut) et de notre compatriote, le professeur Samir Marzouki. Faute d’espace, nous ne pouvons pas signaler en détail toutes les  études de cet ouvrage. Précisons toutefois qu’elles sont, pour la plupart, écrites d’une plume agréable et qu’elles frappent par leur diversité  et leur densité. Espérons qu’elles permettront non seulement à nos enseignants et chercheurs mais également aux passionnés de poésie et à tous ceux qui ne cessent de poursuivre ce long chemin des connaissances qu’est la littérature, de découvrir cet universitaire et homme de lettres, Hédi Bouraoui, si prolixe et pourtant, encore méconnu  dans son pays natal.

A paru dans : http://www.leaders.com.tn/article/un-nouvel-ouvrage-consacre-a-hedi-bouraoui?id=12618

http://www.leaders.com.tn/images/images-v2/logo_leaders.png

Rafik Darragi

colloque 4The Canada Meditarranean Centre

 

CELAAN, Revue du Centre d’Etudes des Littératures et des Arts d’Afrique du Nord, Volume XI, number1&2, Spring 2013.

Tags : Hédi Bouraoui   Hédi Abdeljaouad   Abderrahman Beggar   Canada   CELAAN  

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 09:53

8 nov 12013

Lettre d’information n° 132 http://www.amourier.com

http://www.amourier.com/pub/ftp/templates/images/bandeau_amourier.gifDes nouvelles de l’AMOURIER

Présence
des éditions L'Amourier
à Paris et à Grigny
15, 16 et 17 novembre 2013

et…
un prix du premier roman !

 

Couv100UniversVisibleAmi(e)s, une très bonne nouvelle : L'agence Epiceum qui organise chaque année le Prix (du métro) Goncourt pour récompenser un premier roman, vient de l'attribuer au livre de  Cyrille Latour,  De l'univers visible et invisible. Ce prix lui sera remis le 17 décembre, dans les locaux de l'agence, à Paris. Une belle invitation à le lire !


 Cyrille Latour
 sera présent sur notre stand, lors du salon de  L'autre LIVRE  à Paris avec, autres auteurs de l'Amourier,  Jean Mailland et Michel Séonnet, les vendredi 5, samedi 16 et dimanche 17 novembre à l'Espace des Blancs-Manteaux où vous http://www.lautrelivre.fr/autre/media/layout/logo.pngserez accueillis chaleureusement par Benjamin Taïeb, notre nouveau collaborateur.
Découvrez les heures de présence des auteurs en cliquant
ici.
Amis parisiens… vous êtes attendus !


Le même week-end, samedi 16 et dimanche 17 novembre 2013 nous participerons également à
L'AUTRE SALON ! à 20 km au sud de Lyon, à Grigny, dans l'Espace Michel Favier, 6 rue de la République, avec la présence de nos auteurs,  Sylvie Fabre G.et Michel Ménaché.
http://www.espacepandora.org/local/cache-vignettes/L158xH220/arton35-e7805.jpgAmis lyonnais et des alentours… tout aussi attendus, nous nous réjouirons de vous revoir !


En amitié, soyez les bienvenus !
Bernadette Griot
amourier.com

 

Note : cliquer sur les noms et termes soulignés

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 07:12

 

http://blog.17ruedesarts.fr/wp-content/uploads/2012/11/blog-vignette-lautrelivre.jpg

Chers amis,

invitation à une dédicace au Salon de l'Autre Livre de Paris, sur le stand des éditions Tensing, du vendredi 15 au  dimanche 17 novembre 2013.

Amicalement, 

Salon l'autre livre

 

Espace des blancs manteaux : 48, rue vieille du Temple, 75004 Paris 

Tous les titres du catalogue seront présentés sur le stand des Editions Tensing et pourront être achetés sur place. 

L'emplacement du stand sera affiché à l'entrée.  

   

Planning des séances de dédicaces :

 

Vendredi 15 novembre

- 16h : François Devinat : Psy chaud - première ou dernière séance ?

- 17h : Gin Piau : L'univers Shah Rukh Khan

- 18h : Jean Kemèny : Maintenant c'est à vous, Docteur et Controverses 1812-1813

- 16h : Eric Jacquet-Lagrèze : Les cèdres du Kangchenjunga et Namasté

 

Samedi 16 novembre

- 11h : Patrick Samuel : L'errance du sanglier

- 14h : Jean-Claude Morin : L'automne, déjà !  et  Le mur familier aux ombrres

- 15h : Danièle Marche : Tous tant que nous sommes

- 16h : Bernard Fournier : Une pierre, en chemin

- 17h : Danièle Corre : La nuit ne se tait pas

- 18h : Marianne Walter : Chemin de la toile et longitude

- 19h : Gin Piau : L'univers Shah Rukh Khan

 

Dimanche 17 novembre

- 11h : Eric Sivry : L'île perdue

- 14h : Thibaut Jacquet-Lagrèze : La dernière danse

- 15h : Yves Soltner : Chroniques chamoniardes

- 16h : Jean Kemèny : Maintenant c'est à vous, Docteur et Controverses 1812-1813

 

Cet avis a été envoyé par notre ami le poète et éditeur Eric Sivry qui nous attendra sur le stand le dimanche 17 novembre entre 11 heures et 14 heures afin de nous dédicacer son livre avec son amitié. 

 

http://www.lautrelivre.fr/autre/media/pages/salon-presentation-01.jpg


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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 18:17

Lettre d’information n° 130 http://www.amourier.com

Des nouvelles de l’AMOURIER

Nouvelle parution
(poésie)


Vers les riveraines

d'Alain Freixe

 



  http://poesie.evous.fr/IMG/gif/amourier_logo_9cm.gif

 



(…) les mots que nous aimons sont enjambées risquées, courses poudreuses, écarts et pas. Ce sont eux que l’on entend marcher dans les livres, rompre quelques ronces, écarter brisées et feuilles mortes, s’éloigner en quelques passées anciennes, se perdre. Et vibrer, longtemps. Après.
Oui, à lire, c’est cela qu’on entend. Cette avancée. De nuit. Tandis que se taisent les cris du monde.

 

Ami(e)s, ces quelques lignes, extraites du nouveau livre d'Alain Freixe vous disent comment notre "rentrée" prend les chemins de traverse, préférant à l'uniformité des feux de la rampe, la clarté de la luciole dans une ombre toujours mouvante. N'est-ce pas de là que surgit la poésie ?
Alain Freixe est un de ces militants qui, depuis longtemps, agit afin que vive en tous lieux et en toute exigence la poésie. Ses engagements sont nombreux, depuis le département des Alpes-Maritimes jusqu'au Centre Joë Bousquet et son temps à Carcassonne, en passant par ses collaborations à différentes revues dont, bien sûr… notre Basilic.

 

Vers les riveraines (son nouveau recueil) poursuit la "marche" entamée dans Comme des pas qui s'éloignent, premier recueil publié en 1999, prolongée dans Avant la nuit, en 2003, puis Dans les ramas, en 2007. Marche méditative où chemine une écriture sans cesse en questionnement sur le temps; ici, la voix perdue des morts et la nomination des choses quand elles sont à peine perceptibles.
C’est bien du côté de la luciole que nous invite Alain Freixe, dans un tremblé des mots surgis du silence.

Découvrez la bibliographie de l'auteur en cliquant ici, ainsi que des extraits de son livre en cliquant .
Vous pourrez rencontrer prochainement Alain Freixe lors de deux festivals du livre, les 28 et 29 septembre, dans le cadre de Lire à Vence, place Godeau, et les 4, 5 et 6 octobre 2013 à Mouans-Sartoux (voir l'agenda sur notre site).

En amitié, et donc, à la lueur de la luciole,
Bernadette Griot
amourier.com

 

Pour en savoir plus, un simple clic sur les mots en bleu…

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 11:45

Un nouveau livre : De Tunisie à Israël

Guila-yo.jpgAuteur : Guila Yohav-Kayat

J'ai connu à Sfax Nessim Khayat le guérisseur unijambiste. Nessim habitait sur la Route de Tunis tout près d'une petite épicerie effleurant l'immeuble Kria. Ses voisins étaient Roger Louzon, la famille de Clément Seror un camarade de classe en primaire, les Azria surnommés Zouitna, les Bounik (sans h) Jacob, Joseph et Abraham.

La maison des Khayat était située à 150 mètres de la notre et on aurait pu l'apercevoir ne serait-ce l'épicerie qui la masquait. Du pas  de notre porte on voyait la rampe près de l'épicerie, rampe qui nous servait de banc quand l'épicerie était fermée. Ensuite le monument Kria nous a séparés.

Je me souviens des frères Khayat : Camus, Henry surnommé Couïesse (Le bon) et Angèle. Nessim avait une monture, un âne si doux allant le long des houx et qui avait peur des abeilles (comme celui de Francis Jammes)… Cet âne si tranquille a donné un jour un coup de pattes arrières à Freddy qui est entré le saluer dans son écurie. Quelle mauvaise idée de déranger le repos d'un âne !  

Couïesse (Le bon) : Mon ami d'enfance Serge Bartolo m'a raconté il n'y a pas longtemps que Couïesse travaillait avec son grand-père maternel dans le marbre. Serge était ému aux larmes quand je lui ai parlé de Couïesse. Il m'a dit :

- Quel dommage que maman n'est plus, je lui aurais demandé des photos de Couïesse avec papy.

Angèle : En mai 1943 Angèle la jeune fille de Nessim voyant les tanks des alliés pénétrer à Sfax par la route de Tunis a sauté sur l'un d'eux, le premier,  et brandissant les bras dans un air de triomphe encourageait la populace à scander le départ des Allemands. Angèle en m'apercevant dans les bras de maman au bord de la route m'a pris avec elle et en me levant haut dans ses bras a entonné le chant de la victoire :

Khamous jana   :  Khamous est venu

Ouda ja              : Il est venu

Khamous jana   : Khamous est venu  

Jeb el khir          : Il apporte le bien

Ou ja behdana  : Et il reste avec nous

Guila Yohav-Kayat : Pourquoi  est-ce-que je vous raconte toutes ces histoires ? J'ai eu le plaisir de connaitre Guila Yoav-Kayat, la petite-fille de Nessim Khayat, la fille de Couïesse (Le bon), la nièce d'Angèle. Guila Yoav en lisant mon blog (Trait d'Union, en hébreu) a aimé l'ambiance sfaxienne, a retrouvé les traces des ses grands-parents dans mes récits et elle a eu l'élan  d'écrire l'histoire de ses racines à Sfax. Nous nous sommes liés d'amitié, nous avons échangé des souvenirs, je l'ai mise dans l'atmosphère de Moulinville et de Sfax, je lui ai parlé des gens que ses parents et grands-parents connaissaient.

Son livre De Tunisie à Israël vient d'être édité et a vu le jour le 20 août 2013.

Si mon aide et mon blog Trait d'Union ont tant soit peu influé à l'écriture de ce livre je me sens pleinement satisfait.

Tunis-israel.jpg

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