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Leur regard parle. Sans s’affronter. Il parle de ce qu’ils ont vécu, et endure. Il parle de cette condition humaine qui fait d’eux aujourd’hui des privilégiés. Un homme et une femme libres sortis de l’enfer de Dante, sortis des décombres de la terre, presque faméliques, sortis du caveau, échappés de la mort qui pesait sur eux. Des ressuscités bien vivants.
Les rescapés de l’enfer.
Ils n’osent se prendre dans les bras tellement l’émotion les étreint.
‘...Otto... !’
Enfin, elle s’avance lentement vers lui.
Elle se colle à lui et caresse sa nuque.
Elle le serre dans ses bras.
‘...Non, David, Khana... !’ Lui dit t’il.
Khana lui prend avec une extrême douceur son visage entre ses mains et dans un geste infini de tendresse que seules les femmes savent le faire, elle porte ses lèvres sur ses joues. Sa barbe glisse sur les siennes. Leurs larmes ne font plus qu’un grand filet commun d’eau salée inondant les cheveux de l’une et la barbe de l’autre.
Les deux anciens compagnons de misère mais retrouvés sont réunis sous les regards des curieux qui assistent à une scène sortie d’un opéra tragique.
Durant tout le parcours qui les conduisait à son hôtel, David très volubile raconta tout le restant de sa vie. Il se converti au judaïsme vers l’âge de 20 ans avec la bénédiction d’un Rav libéral.
Il fit sa Mila et sa bar mistva en présence de ses amis de collège.
Khana l’écoutait avec béatitude, avec admiration, pendue à ses lèvres. Elle buvait toutes ses paroles qui dégoulinaient de sa voix tendre et suave comme une source limpide et intarissable. Ses mots résonnaient dans ses oreilles comme un carillon de fête à la sortie d’un office religieux.
‘...D’abord, tu m’a fais aimer Achem autrefois, dans ces jours d’obscurité. Ensuite, je n’ai plus cessé d’aimer et LUI et toi... ! Khana... !’
Elle prit tendrement ses mains qu’elle porta à ses lèvres en signe d’amour.