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Acte IV Scène III
A présent, que David Rosenberg l’avocat juif religieux fait partie de sa grande communauté, celle qui en Europe avait presque périe, elle se sentait fière par cela, sans doute se disait t’elle, qu’elle n’ y était pas étrangère dans sa conversion et peut être aussi que Otto converti en David était pour lui une marque d’estime, de reconnaissance et de gratitude envers celle qui l’avait pris en charge par un soir d’hiver, alors que tout enfant et tout en larmes, désemparé et orphelin, il était venu se réfugier dans une vieille cave ouverte à tous les vents et à tous les dangers.
Khana voyait et pensait juste.
C’est par le vol BER/LUF 2341 de la Lufthansa que David atterrit sur le tarmac de l’aéroport Kennedy en ce jour du mois de mai 1965.
Le jeune homme portant barbe et kippa, affublé de tsissits, apparaît dans le grand hall des arrivées des voyageurs.
Khana attend depuis une heure son ancien ‘frère’.
Elle vit un moment intense à la fois pénible et douloureux.
Elle passe du chaud au froid. Elle craint de tomber dans les pommes. Elle change trois fois de place, ses nerfs sont mis à rudes épreuves. Enfin, les passagers du vol Berlin/ New-York font leur sortie dans le hall après les contrôles d’usages.
Khana se lève tenant son léger manteau sous les bras. Elle se regarde une dernière fois dans son miroir de poche.
Elle est magnifiquement vêtue. D’une jupe courte couleur pastel et d’un léger foulard en voile bleu ciel qui ceint sa gorge. Elle porte son médaillon, son Shadai autour du cou, celui de son grand-père qu’elle gardait comme une relique, son porte bonheur.
Tous les passagers sont sortis mais elle ne voit pas son ancien Otto. Elle a dans sa mémoire le visage encore frêle d’un jeune garçon. Elle ne sait plus à quoi il ressemble à présent.
A Suivre...