Roch Hachana : jugement suprême
Par Le Rabbin Meïr Hazan
Ce jour-là, l'homme est jugé pour tout ce qu'il a fait au cours de l’année. Tout ce
qui lui arrivera dans l’année qui commence, est alors décidé par le Juge Suprême. Le jour du jugement a été fixé à Roch Hachana pour deux motifs: La création fut achevée a Roch Hachana; c'est en
ce jour que D. décida de diriger le monde par l'attribut de justice. C'est en ce jour qu'Adam Harichone fut jugé et pardonné. A Roch Hachana D. pèse les fautes et les mérites de chaque homme et
décide en conséquence de ce qu'il lui est destiné pour l’année nouvelle. Mais le jour de sa mort, D. le jugera sur sa vie terrestre (‘Olam Hazé) et fixera la part qui lui revient dans le monde
futur (‘Olam Haba).
Musée de La Synagogue de Budapest
Le jugement de Roch Hachana ne concerne que la vie terrestre: il sera décidé en ce jour, si dans l’année qui
commence, l'homme mérite de vivre en paix et de réussir dans ses entreprises, ou si ce sera pour lui une année d'épreuves douloureuses. S'il sera en bonne santé, s'il méritera d'avoir un enfant,
ainsi que la somme exacte (au centime prés) de ce qu'il va gagner durant l’année.
1. Roch Hachana : La tête de l’année Tout se passe comme si à Roch Hachana, était "conçue" l’année à venir. Roch Hachana est en quelque sorte un "jour-cerveau". Le temps est aussi comme le corps:
il obéit au cerveau qui est situé dans la tète (Roch). C'est bien pourquoi Roch Hachana (tète de l’année) fait référence à la tète, au cerveau. Toute naissance passe par un accouchement. C'est ce
qui se passe également à Roch Hachana, qui est appelé "jour de l'accouchement du monde" (Hayom Harate ‘Olam). Le son du Chofar (corne de bélier) ressemble aux cris de la femme en travail. C'est
ce cri qui nous annonce l'enfantement d'un monde nouveau.
2. Le son du Chofar : un cri du cœur. Ce son du Chofar exprime une double pureté: celle du cœur humain et celle de la volonté divine. Le chofar est une voix simple, qui provient du souffle du
cœur. C'est le son premier, inarticulé, qui renvoie au monde d'avant la parole... Le son du Chofar est, dans sa simplicité absolue, une voix pure, une voix céleste; ce son est l'expression la
plus archaïque, la plus fondamentale de la personne humaine: un pur vagissement de l'âme. Le son du Chofar est, dans sa simplicité absolue, une voix pure, une voix céleste; ce son est
l'expression la plus archaïque, la plus fondamentale de la personne humaine: un pur vagissement de l'âme. Il procède de ce tréfonds que nous cherchons à atteindre pendant les dix jours de la
Téchouva (période qui va de Roch Hachana à Kippour : ‘Assérèt Yémé Hatéchouva).

Le Chofar était aussi utilisé lorsqu’Israël partait en guerre. A Roch Hachana également, nous partons "en guerre" contre notre Yétsèr Hara’ (mauvais penchant). Or, comme nous le savons, il n'est
guère aisé de remporter cette campagne. L'homme doit tenter de retrouver sa nature profonde et entamer ce combat. C'est alors que le Chofar l'aide à rencontrer et à saisir son intériorité. Ce son
pur fait passer D. de son trône de jugement (Midate Hadine) à celui de miséricorde (Midate Hara’hamime) quand Israël se montre disposé à accepter l'impact perturbateur du son du Chofar aux
tonalités saccadées, comme le son d'une alarme destiné à nous réveiller de notre hébétude coutumière.
Elle nous offre une occasion irremplaçable de réfléchir sérieusement sur nous-mêmes, d'entreprendre de changer de mode de vie et de tout sacrifier à D.
3. Se réveiller, changer, renouveler Changer ! N'est-il pas le maître-mot de la fête ? N'oublions pas qu'en hébreu "Chana" (année) est proche du verbe "Léchanote" (changer) tout comme "Yachane"
(ancien) l'est de "Yachane" (dormir) d'où l'idée que pour sortir de "l'ancienne" année, il nous faut aussi sortir de notre "sommeil" dans une logique de changement. Cette sonnerie implique une
sérieuse mise en garde et ce qu'il faut changer c'est moins le passé que le futur dans lequel on se doit de vivre autrement. Si D. renouvelle notre vie, ce n'est certes pas pour que nous lui
préparions une copie conforme de l’année que nous venons d'achever.
Roch Hachana est donc le moment où nous essayons de changer le monde en changeant par transposition d'année. Mais cette démarche exige également un changement en chacun de nous.
Inspiré et adapté de l’Ephemerides de l’année juive du Rav Eliahou Ki Tov et du Mikhtav Mééliyahou du Rav
Dessler.
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