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J’habitai une maison en face de l’immeuble Kria, juste dans l’angle que formaient deux lignes droites de bâtiments.
L’édifice Kria n’existait pas toujours, je me souviens même des travaux de construction qui ont été rapides, par rapport à l’époque où ils ont été exécutés.
L'étang. A l’ère antérieure, on voyait une grande place vacante, qui se remplissait d’eau après les averses, comme un étang. Sfax ayant un climat modéré, ultérieurement à la pluie, venait le beau temps et avec lui le soleil. La grande mare dont l’eau se chauffait sous les rayons bienfaisants, attirait tous les gosses du quartier qui y venaient prendre un bain. Je faisais comme les autres, laissant mes habits de coté, accrochés à un cactus de la tabia (dune) et j’entrais dans l’eau en caleçon.
Un jour entendant l'appel de maman : "Camus !!!" je me suis habillé en
vitesse et j’ai couru en direction de la maison. Freinant ma course aux abords de notre demeure, j’ai glissé sur la boue et je suis tombé sur le dos en plein dans une petite flaque.
Maman s’empressa de me soulever… A près un bain rapide, en m'essuyant la serviette encore à la main, elle disait encore émue :
— Ouldi, ma nétèchouach alek ! D. me préserve.
En vérité, j’étais content d’avoir chuté. La nappe d'eau et la vase qui m’ont humecté étaient une excuse valable qui m’a dispensé d’expliquer à maman pourquoi j’étais humide.
Flila. Flila était une amie de la famille Kria et comme elle était veuve et dépourvue de possibilités financières, elle a été nommée, grâce a la bonté des frères Kria, concierge du bâtiment. Elle occupait une maisonnette au dernier plan, tout près de la terrasse.
Un jour que j’étai poursuivi par un voyou, - çà arrivait hélas aux gamins d'être poursuivis par des délinquants étrangers au quartier -. J’ai couru m’abriter dans l’entrée de Flila, puis ayant grimpé les étages, j’ai demandé assistance à la gentille Flila. Elle m’a montré la toit du doigt et l’a refermé à clef après que je m’y suis caché. De là, j’ai sauté un petit mur et me trouvant sur un toit voisin je me suis introduit dans les escaliers et je suis descendu comme si rien n’était. Bien sur pour les vauriens un garçonnet ressemble à une autre et ainsi je suis sorti paisiblement, me mêlant à la foule.
La place du café Cyrnos. Le bar Cyrnos était situé juste en face des bureaux de Kria. On s’asseyait Gago et moi sur le
parterre cimenté près du café et on jouait au carré loup. Sur une des marches de l'administration qui n’était jamais ouverte - peut être avait-elle il une autre entrée ?-, était
un jour assise une fille. Gago s’arrêtant de jouer en me disant :
— Regarde ! Comme c’est beau ! Aïe ! Les charmes...
— Ah ! Non ! C’est péché de regarder les filles qui ont les jambes découvertes par mégarde. J’ai gagné la partie, Gago.
Et oui, notre éducation était stricte, il ne fallait pas z’yeuter et nous ne le faisions pas.
La course. Autour du bâtiment Kria nous organisions des course a pied, un vrai tournoi. Deux enfants partaient au signal donné, dans des sens opposés et ils faisaient en courant le tour de l’immeuble. Au milieu de la route ils se croisaient et à la fin du parcours, l’in des deux était sélectionné pour avoir devancé son concurrent de quelques mètres. On arrivait ainsi au quart de finale, à la demi finale et enfin on couronnait le champion du jour, toujours le même d’un bandeau de papier.
Mes amis. Certains de mes amis habitaient cet immeuble. Voici une partie de la famille Abraham dans l'image qui suit.