Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
— J’ai une petite commission à accomplir, dit-il à Gisèle et sur ce, il enlève son tablier, s’habille correctement et va en ville. En chemin il passe chez nous et demande à Viviane de
l’accompagner.
La fête des mères de Gisèle, 1974
Voir aussi : http://vivi.ildiavolo.over-blog.com/article-la-fete-des-meres-51284443.html
Gisèle enceinte de sa fille Limore, est au neuvième mois de grossesse et elle demande à son mari de l’aider à faire le ménage. Camus fait de son mieux, balaie, époussette, astique les vitres, lave les carreaux, pousse les meubles et soudain...
Il s’arrête et se met a réfléchir (ça lui arrive vous savez ?)... Le sujet de sa réflexion est la fête des mères. Demain c’est mardi, pense-t-il, et les boutiques seront closes l’après-midi, par ordre communal. Et si elles seront fermées, il ne pourra pas acheter un cadeau pour maman et sa femme. Que faire ?
— J’ai une petite commission à accomplir, dit-il à Gisèle et sur ce, il enlève son tablier, s’habille correctement et va en ville. En chemin il passe chez nous et demande à Viviane de l’accompagner. — Demain c’est la fête des mères, lui expose-t-il, et les magasins seront fermes l’après-midi. Nous ne pourrons pas acheter des présents à maman et à Gisèle. Veux-tu venir avec moi et faire les achats aujourd'hui ? Nous ferons ça de suite.
Viviane qui est occupée à faire le nettoyage de la maison, enlève son tablier, s’habille correctement, se coiffe et le suit.
— Que se passe-t-il demande maman ? Finis ton travail et sors plus tard ! Mais personne ne l’écoute, et les deux fripons s’esquivent. — Bon ! M’exclame-je.
C’est du bon. Bon. Bon. Bon. Maman, je cours les rattraper et je les ramène par la peau du cou.
Ah ! C’est du bon, les chenapans.
Moi vous me connaissez, je suis rapide comme une gazelle. En deux temps, trois mouvements je suis auprès d’eux, je les arrête et demande des explications. Camus me déploie un large sourire et m’explique calmement :
-- Demain, Nathan c’est la fête des mères et les magasins seront fermés l’après- midi. Nous ne pourrons donc pas acheter des présents à maman et à Gisèle. Veux-tu venir avec nous ? Nous ferons ça aujourd’hui en vitesse. J’accepte et comme je suis déjà habillé, je me joins à mes frère et sœur.
Plus tard, nous revenons à la maison et cachons les cadeaux de maman pour les lui offrir le lendemain. J’accompagne mon frère chez lui, pour lui éviter des remontrances de la part de Gisèle qui ne garde pas sa langue dans sa poche. Mais elle ne dit rien. Elle est tellement fâchée, qu’elle ne prononce aucune parole, (pour une fois elle là bien gardée sa langue).
Camus place ses présents dans une cachette et vient s’excuser de son escapade, en inventant un mélodrame.
— Mon ami Raymond est en discorde avec sa femme, je suis allé les voir pour les calmer. Viviane et Vivi sont venus avec moi.
— Bon ! Retourne chez Raymond et supplie le de venir te faire la paix avec ta femme. Et son épouse peut venir aussi, maintenant qu’elle connaît des arguments essentiels et de taille. Bonne nuit,
je vais me coucher.
Je
reste bouche bée. Ma parole, elle ne va pas par quatre chemins, ma belle sœur. J’ai le désir de tout lui expliquer, mais elle m’arrête d’un geste.
— Tu prends la défense de ton frère qui a laissé sa femme finir son ménage seule ?
Je demande l'autorisation de dormir chez eux, ainsi je veillerai au grain. Vous me connaissez. Je ne laisserai pas un
frère dans l'embarras.
Le lendemain matin, a cinq heures Gisèle se réveille, en bonne épouse elle va préparer un café à son mari qui va au travail. Elle trouve sur la table de la cuisine une nappe bien tirée et dessus un bouquet de roses rouges et un petit billet lui souhaitant bonne fête. Toute émue, elle retourne dans la chambre dire à son mari que pour cette fois étant donné les circonstances elle passe l'éponge. Sur le lit déjà fait, elle voit écarquillant les yeux, des cadeaux de toutes sortes, du genres que les femmes aiment.
Elle n'y va pas par quattre chemins Gisèle. Elle lui saute au cou et lui murmure :
— Bonjour mon chou, quelle belle surprise ! Dire que j'étais fâchée et c'est la première fois que nous avons dormi ainsi...
— Et la dernière. Bonjour et bonne fête chérie.
Et moi caché derrière une porte, je souris, ému.
Bonne fête, mamans