Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
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Prix : (12,00 €)
11,40 €
EAN : 9782915120929
Format 14,5 x 20 centimètres 80 pages Couverture quadrichromie Reliure dos carré collé Collection “ Fonds Poésie ” ISSN : 2117-5470 Dépôt légal 4ème trimestre 2013 |
Biographie et bibliographie de l'auteur
À bord d’un navire, au jour le jour et dans la solitude de la passerelle, l’auteur écrit son journal de veille où
se mêlent écrits intimes et poésie.
Le récit, journal de bord, fait passerelle entre les départs et les retours, entre les doutes, les désirs et les
manques. Il souligne la tendresse qui s’amarre en lui de l’être aimée, ce qui débarque en même temps à l’intérieur : une tension qui danse avec les extrêmes.
Le navire fatigue et le corps aussi. Dans le noir de la passerelle, il épaule la vague, les lignes tremblantes…
Les coups de ballasts réduisent l’allure. L’état de mer le contraint à renoncer à l’accostage. Navire et corps n’en finissent pas de se confondre au silence muet qui s’écrit dans la marge et qui
tente de préserver ce qui reste de tendresse.
Extrait
Remis sur roues la remorque renversée. Temps couvert et boucailleux, visibilité médiocre, roulis et tangage
accentués par grosse houle.
Je continue le carnet.
Sur le mur de côté, il y a toujours des livres. Des livres de poésie pour revenir au monde, continuer le voyage.
Lire pour marcher, rouler sur mer, errer. Et personne, personne à dire le blanc, à dire le pourquoi et le comment du blanc dans le poème. Un blanc présent entre les mots, un blanc qui garde les
distances et appartient à cette fin d’après-midi, à cette formidable immédiateté. Les mots crissent dans le cerveau, collent aux yeux, durcissent sur la peau. Ils veulent se serrer les uns contre
les autres. Ils arrivent dans le corps d’une enfance qui rêve de dérober quelques secrets du monde où se font toutes les métamorphoses, les mutations, où tout un infini remonte à la surface comme
les bulles que l’on souffle dans un cercle de savon. Comme des fourmis dans une prairie au soleil.
***
Mer houleuse. Tangage et roulis modérés. Ciel nuageux.
Lire un livre débute toujours par un vertige.
Lire écrire, c’est habiter les contraires, vivre une traque, aux aguets, mais sans rien attendre. Opiniâtrement,
marcher au plus près, au plus juste de la blancheur du papier qui se recouvre de signes. Vivre une avidité, une obstination, une soif… presque une rage primitive de s’approprier, jamais assouvie.
On va par-delà l’envol d’oiseau sur le marais, même sans comprendre clairement, dans l’énergie d’une palpitation, un vieux rêve d’apesanteur. On espère voir venir les mots, comment les mots
viennent voir, parlent, remuent, retournent la terre meuble, d’une présence animale, d’une odeur qui la nourrit et libère. Lire avant que le silence ou le blanc ne retombe ou se dire “ pourquoi
font-ils tout ce bruit”. Seulement cela.