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Jacob Bingoo était un jeune contremaître de métiers à tisser, ce qu'on appelle en Suisse la fabricante de nos machines Sulzer-Rüti un mäester. Un mäester jeune mais compétent, c'est le cas de le dire.
Jacob nouvel émigrant venant des Indes regardait Mercédès avec des yeux pleins d'envie.
- Bingoo tu es marié je lui fais la remarque. Tu ne devrais pas regarder ailleurs.
- Ah ! Tu sais mon ami, je n'ai jamais eu une blanche dans mes bras. Et celle-là ! Un assez grand derrière et un tout petit chaton, elle me met en désir et me donne le délire. Je rêve d'elle. Je donnerai cinq lires pour passer un moment avec elle.
- L'Amour c'est pour rien, on ne parle pas d’argent si on aime, mais tu es marié...
Samson qui a écouté la discussion intervient :
- Cinq lires ? Je t'arrangerai çà.
Sur ce, Samson va trouver Mercédès à cinq pas, occupée à placer des bobines de fil dans un métiers etl lui dit en parlant avec force gestes, - dans la salle de tissage le bruit est tel que l'on s'aide de ses mains pour parler.
- Tu sais la mäester a dit que es formidable et que tu vaux à toi seule cinq autres ouvrières… et il montra la paume de sa main ouverte sur ses cinq doigts.
Mercédès rougit en entendant le compliment et répondit du tac au tac dans la langue muette des tisserands, en joignant ses doigts à ses lèvres elle envoya un baiser et ouvrant les paumes des ses deux mains fit le geste de dire :
- Et toi gentil mäester tu en vaux bien dix autres.
Se méprenant Jacob Bingoo baissa la tête et me dit :
- Elle exagère : dix lires qu'elle demande. C'est trop !