Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Cette histoire est imaginaire. Je l’ai écrite pour un concours de nouvelles, mais
je n’étais pas parmi les sept finalistes. Dommage ! Mais peut être vous plaira-t-elle quand même ?
Je veux le dédier à mes amis : Morgane, Albert, Wizzil, Nanou et Vivi le
Shédone.
Je suis Isabelle
Je sors assez tôt pour sa promenade matinale. Mon beau chien Bouli m’accompagne, désinvolte dans sa belle fourrure de poils ressortant de toutes les nuances du gris, à rendre jalouse Mme Poupée mon élégante voisine.
C’est plutôt lui qui me mène, alors que je devrais le guider. Il renifle toute feuille ou plante, creuse dans la terre encore imprégnée de rosée, flaire tout ce qui est nauséabond sur les mottes de terre et ce n’est ni Chanel ni Volupté. Il va et vient, tourne comme une toupie fofolle autours du pot, avant de s’asseoir enfin dessus.
— Il est beau votre chien ! Quelle allure et quelle majesté il invoque. Et bien élevé par-dessus le marché, il est très discipliné !
Je me tourne, une femme superbe en survêtements de sports chics, me toise, sa longue
chevelure noire à reflets tombe sur ses épaules. Ses grands yeux verts me fixent sans sourciller.
Quelle assurance !
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— Pour l’obéissance c’est à voir. Quand il tire sa chaîne... je perds la ma
patience.
— C’est normal ! Quand les bêtes ont des besoins, l’endroit est très convenablement choisi. Mais il vous obéit, au passage clouté il s’est arrêté et a attendu votre signe pour aller
de l’avant. Ne vous en faites pas, vous êtes un dresseur émérite. J’ai deux chiens et je sais à quoi m’en tenir.
Je me sens tout intimidé devant tant de self-contrôl. Ne sachant que dire et pour me
donner une contenance, je lance banalement :
— Il fait bon ! Mon nom est Omer*.
— Enchantée de vous connaître. Je suis Isabelle. Oui, il fait bon Omer, le printemps va débuter et vous avez un nom de circonstance*. Quel beau soleil caressant. Ah ! Moi j’adore cet astre de feu qui nous réchauffe, après le froid de l’hiver. Il effleure de ses rayons les feuilles encore humides de gouttelettes étincelantes. Regardez les amandiers sont en fleurs, la nature se réveille et tout resplendit. Le parfum des fleurs me cause énormément de plaisir.
Tout en parlant Isabelle ne me quitte pas des yeux et je suis confus. Son sourire ferait perdre la tête à un curé de campagne ou à un rabbin à cheval sur ses principes. Sa gaieté me gagne et je ne parle pas de sa beauté envoûtante. D. me garde, je me sens comme un animal pris au piège de cette femme qui semble sortir d’un conte.
Elle parle de la nature et c’est une poésie qui sort de ses lèvres écarlates. Je me souviens de Lucie qui m’attend à la maison et je prends congé. Un petit lutin au fond de moi me dit : " Peureux, lâche, tu as craqué ? " En même temps mon ange gardien me bénit pour ma bonne initiative. " Il vaut mieux partir à point ". Semble-t-il me conseiller. Un coup d’œil en arrière, m’aurait dévoilé un sourire plein de malice, sur les lèvres d’Isabelle.
Glossaire :
Omer* : pronom personnel israélien, littéralement " Gerbe ".
Un nom de circonstance* : Les Israélites comptent les jours du Omer, depuis le 1er jour de Pâques jusqu’à La Pentecôte (Chavouot), 49 jours en tout, soit sept semaines. Le 50ème est Chavouot.
( A suivre)