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Rahem
Par Albert
‘...Maman, tu sais, pour mon petit exposé, si je dois le faire avec justesse, je dois m’imprégner de la compagnie de ‘mon ami’... !’
‘...Ton ami... ? Quel ami... ? Mais Jonathan, enfin, il n’est pas ton ‘ami’. Un ami est quelqu’un qu’on a bien connu, qu’on a fréquenté, lui il n’est qu’un souvenir qui appartient à la mémoire vivante de ses proches qui ont survécu, s’il en a... !’
‘...Il n’en a plus, il n’a plus rien, il est seul.... !’
‘...Comment le sais tu hein.... ? Jonathan, tu dis n’importe quoi... ! Qu’est ce que cela veut dire, il est seul...? D ieu lui a donné une vie,sans doute courte hélas, mais crois-tu que la destinée des gens est connue par avance... ? Non... ! Personne ne peut la dicter, encore moins la gérer... ! Elle est certes inscrite quelque part mais va savoir où... ? Je crois que tu es dépassé par cela... ! On te demande de parler d’un enfant victime de la SHOA, pas de t’identifier à lui... ! Ok... ? Sinon tu pourrais en souffrir inconsciemment... ! Ce qui s’est passé ne doit en aucun cas troubler ton esprit.
La Mémoire de la SHOA nous appartient il est vrai mais n’appartient pas à chaque individu, elle est collective... ! C’est un ensemble, une grande communauté de gens piégée par le malheur malgré elle, parce que juive. Elle ne peut être disséquée comme on partagerait un gâteau... ! Pourquoi est-ce seulement cette disparition de ce jeune garçon qui t’interpelle alors que toutes les douleurs et les souffrances de cette période se ressemblaient... ? Ce qui est important est d’entretenir cette grande flamme en souvenir de nos chers disparus pour toutes les générations futures. Les historiens ont fait un travail remarquable et titanesque avec l’aide des témoins de cette époque tragique afin que la tragédie ne soit jamais oubliée... !Et surtout transmise aux générations futures afin qu’elle ne soit pas oubliée.... !’
Jonathan ne semble pas attentif aux remarques de sa maman.
Après sa collation matinale, Jonathan descend les marches de son étage. 15 minutes plus tard, il sonne à la porte de son amie Annie.
‘...Qu’est ce que tu fiches là, de bon matin.... ?’
‘...C’est qui... ?’ La maman de Annie, Odette.
‘...Jonathan... ! Maman... !’ ‘...Qu’il rentre... !’
Jonathan rentre.
RAHEM.
A Suivre.