Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Par Albert SIMEONI
Paris le 8/3/2005.
Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.
Le BILLET VIII.
Pierre ne se déshabille pas. Il décide d’aller chercher sa femme.
Il se lève en silence et s’en rien dire à sa maman, descend les marches des escaliers. Il fait juste quelques pas, dans la rue sous la brume qu’une voix reconnaissable de femme le hèle…
-‘…Pierre… ? Mais où vas-tu à cette heure ci.. ?’
-‘…Mais, je viens te prendre du commissariat.. !’
-‘… J’ai été retenue à cause d’une broutille, l’inspecteur voulait savoir tout sur monsieur Elie. Des pages de renseignements, et des tas de questions aussi idiotes les unes que les autres… ! Je suis resté d’abord plus de quatre heures à attendre et tu n’imagines pas le nombre de personnes qui stationnent dans le corridor… ! Enfin lorsque je suis rentrée dans le bureau de l’inspecteur, je tombe nez à nez avec le fils Morton, Jean-Luc, tu connais son père, je suppose… ? L’ancien commissionnaire divisionnaire de la rue des Morillons… du 20 ième! Il est à la retraite aujourd’hui… … ? La meilleure de toutes les questions qu’il me pose, est ‘…A quel réseau appartenait vous… ? Madame Adèle… ?’ ‘…Simple question….’ Me dit-il…. ! Avec un sourire narquois… !’
-‘…Réseau ‘…Convention et liberté .. ‘ ! Lui ais-je répondu… ! Il sourit et rajoute ‘…On ne connaît pas ce réseau et vous venez de l’inventer… ! Vous, vous croyez en mesure de plaisanter …Madame Berthier… ? ’ ‘…Que voulez-vous...! Inspecteur… ! Cela fait si longtemps que l’on ne s’amuse plus dans Paris… !’ Lui répondis-je… !’ Il me libère, après plus de cinq heures sans rien retenir comme charge…. ! En me souhaitant une ‘ …Bonne délivrance… !’ Il faisait allusion à mon ventre… !’
-‘…Rentrons…. ! Maman s’inquiète et le petit ne semble pas vouloir dormir… !’
-‘…Ce n’est pas tout, j’ai osé lui demander quand même de ce qu’il est advenu de mon patron….Elie Leïbovici… ! Il m’a dit qu’il était sur le chemin du Départ à Drancy vers une destination inconnue… ! Mais qu’il n’avait aucun pouvoir pour intervenir en leur faveur… ! ‘…Les juifs Madame Adèle sont de la vermine, les Allemands nous en débarrassent… !Un nettoyage durable, je pense… !’ Mais il avait dit cela comme s’il était forcé de me l’avouer .. ! Devant son collègue allemand. Puis, en sortant, prétextant un oubli, il me souffle le nom d’un certain Monsieur Joseph…. ! Je n’ai pas compris …. !’
-‘…Tous les mêmes ces ignobles… ! M. Joseph, un juif roumain qui traficote dans les deux sens, je ne préfère pas m’adresser à lui…. ! Et le billet…. ? Ils ne sont pas tombés dessus… ?’
-‘…Il est dans la poubelle ton billet… !’
-‘…Comment ça dans la poubelle… ?’
-‘…Oui en bas dans la cave à ordures, bien caché, tu ne t’imaginais pas que j’allais le garder dans la maison… !’
-‘…Ah ok, tu es formidable Adèle… ! Je n’y avais pas pensé.. !’
-‘…Montons… ! Mais avant, allons chercher le billet… !’
Ils descendent dans la cave et Adèle, sous un rayon de lumière blafarde d’une ampoule poussiéreuse, tire le billet collé sous le fond d’une poubelle en fer.
Pierre cache le précieux document…
Une fois chez eux, Adèle ferme à double tour la porte.
Elle sert son mari.
-‘…Demain, je vais aller à la recherche de cette dame Victoria… ! J’ai pris un jour de congé… ! Sans solde.. !’
-‘…Tu fais bien, mais je ne saurai trop te recommander la prudence et où vas-tu cacher le billet… ?’
-‘..J’ai ma petite idée… !’
La nuit se passe normalement. Vers les 6 heures du matin, Pierre se lève, prépare son café et se met au balcon ; sa tasse entre les mains. Il ouvre son paquet de clopes et tout en donnant vie à sa dernière cigarette, il se met à contempler le BD DE BELLEVILLE…Il aperçoit les balayeurs occupés dans leur besogne tandis que les bus peu nombreux à cette heure là commencent leur noria matinale. De temps à autre, des voitures noires passent à toute vitesse, en crissant des pneus aux carrefours.
Quatre soldats, sortis presque ivres morts de chez Florette, la brasserie du coin, chantent en allemand à tue tête. Ils gesticulent dans tous les sens sans tenir compte des gens qui dorment encore à cette heure là. L’un d’eux sort son arme et prend pour cible une poubelle qui traîne par-là, elle est criblée de balles sous les yeux des commerçants ambulants qui regardent faire sans réagir ces parasites.
Adèle sous le bruit du coup de feu, sort en robe de chambre sur le balcon..
-‘…Encore un des ces conards qui s’amusent à prendre pour cible des poubelles vides.. !’
-‘…Tant que c’est cela…. !’
-‘…Je vais téléphoner à Monsieur Meyer…. !’
-‘…Prends tes précautions et surtout n’insiste pas s’il ne répond pas dans la minute qui suit.. !’
-‘…Je sais… !’
( Il apprendra que Mr. Meyer est parti en Israël.)
A suivre…