Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Albert SIMEONI
Paris le 8/3/2005.
Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.
Le BILLET X.
La dame consent à ouvrir la porte….
-‘…Entrez, je suis méfiante de nature… !’
-‘…Par ces temps là, je vous comprends… !’
-‘…Bon qu’est- ce qui fait, que vous cherchez cette dame avec autant de célérité… !’
-‘…Vous êtes juive… ?’
-‘…Pas du tout… ! Je m’appelle Loiseau… ! Jeannette Loiseau… !’
-‘…Je vois la trace d’une mezzouza sur la porte.. !’
-‘…Les anciens locataires l’étaient.. ! Ils ne sont plus là hélas… ! ’
-‘…Il s’agit de remettre un billet à cette dame ayant comme prénom Victoria… !’
-‘…Rien que cela… ?’
-‘…Oui, mais il est d’importance… !’
-‘…Monsieur Pierre.. . Que faites-vous dans la vie… ?’
-‘… Je suis cheminot, contrôleur des ballasts sur la voie de chemin de fer Drancy-Paris et je suis bouleversé par ce que je vois tous les jours… !’
Il s’arrête un instant, puis reprenant la parole sous l’œil de la dame..
‘….Je tiens absolument, même au péril de ma vie, à remettre un billet de la part d’une mère en partance pour les camps de la mort, à sa fille Camille… !’
-‘…Vous compatissez au sort de ces gens là… ?’
-‘…Adèle, ma femme n’a eut que du bonheur avec eux, ces deux patrons l’étaient et je me suis mit en tête une idée folle, de vouloir faire quelque chose de concret…Pour eux… !’
-‘…C’est à dire… ?’
-‘…Rentrez dans la résistance… ! Combattre avec l’armée de l’ombre comme le font certains de mes collègues… ! Et en sauvez quelque uns…. !’
-‘…En sauvez quelques-uns uns au péril de votre vie… ? Et vous le dites comme cela sans me connaître… ! Rien que cela…. ? Vous êtes un rêveur, Monsieur… ! …..Bon montrez-moi ce fameux billet qui fait que vous êtes là… ?’
Il farfouille dans son portefeuille son précieux billet mais hélas, il ne le trouve point et pour cause ; il avait jeté intentionnellement dans le bar tabac, son paquet vide de gauloises. Adèle oublia de lui dire qu’elle avait caché cette petite missive à l’intérieur.
Il remua dans tous les sens son portefeuille, vida ses poches sous le regard inquisiteur de Madame Loiseau Jeannette. Pierre est pris d’une grande gêne et angoisse.
-‘…Mais ce n’est pas possible, je l’avais encore sur moi, il y a une heure, ce billet… !’
-‘…Et que dit t’il ce billet, Monsieur Pierre… ?’
-‘…Il est adresse à une certaine Camille, comme je vous l’ai dis, de la part de Henriette… ! Je ne peux pas vous inventer cela, il doit être resté sur mon lit… ! Avez-vous un téléphone… ?’
-‘…Oui, pourquoi faire enfin… ?’
-‘…Je dois appeler ma femme pour vérifier s’il est bien sur mon lit… !’
-‘…Ecoutez, je ne connais pas de Camille, ni de Victoria..… !Vous perdez votre temps Monsieur….. !
-‘…Berthier…. ! Je vous en prie, croyez-moi Madame, je vais aller le chercher, il me faut juste une petite demi-heure, j’habite Télégraphe.. !
’…Je vais appeler la milice, si vous persistez encore dans vos dires…. !
-‘…Non, surtout pas, j’ai une femme et un enfant, ma femme est enceinte et maman vit avec nous, je vais m’en aller, soyez sans crainte, et je vous prie de m’excuser de vous avoir dérangé, je ne sais que dire… ! Madame… ! Je suis désolé…. ! Tant pis…. ! Au revoir Madame…. !’
La dame devant la sincérité de ce monsieur consent
-‘…Le téléphone est dans le salon… ! Juste une minute pas plus…. ! Et ensuite vous partez… !’ ’
-‘…Merci, je vais appeler la concierge qui appellera ma femme.. ! Soyez patiente… !’
Deux minutes plus tard, la concierge était au bout du fil…Sous la surveillance de la dame.
-‘…Madame Lebrun, dites à Adèle de venir, je veux lui parler illico presto… ! C’est urgent.. ! Merci… !’
Il attend le combiné accroché aux oreilles… Puis..
-‘…Oui… ? Allô… ?’
-‘…Adèle, écoutes moi s’il te plait, va voir sur mon lit le papier …du notaire.. !’
-‘…Ton paquet de cigarettes… ! Ben, il doit bien y en avoir encore une…. ! C’est cela…… ?’
-‘…Oui… ! Oui…. ! Merci, le bar tabac est ouvert.... !’
Il raccroche et se met à courir dans le vestibule de l’appartement de la dame.
Il a compris le message.
-‘…Je reviens.. ! Je reviens dans quelques minutes… !Madame…. ! Une bévue de ma part… !’ Dit t’il dans le palier.
Il dévale deux par deux les escaliers de l’immeuble pour se retrouver dans la rue. Il rentre à nouveau dans le bistro. Et là, il voit deux miliciens debout sirotant leur café. Il s’arrête un instant devant le comptoir, tout essoufflé..…
A suivre…