Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Paris le 8/3/2005.
Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.
Le BILLET XIV.
-‘…Heil Hitler… ! Bonjour Arnaud, alors où en sommes nous, la Kommandantur vient de me prévenir qu’il va y avoir des punitions parmi vos collègues, elle pense que certains parmi vous sont de mèches avec les maquisards...!’
-‘ …Nous attendons la grue, elle arrive dans deux heures… ! Spécialement pour réparer.. !’
-‘…Bien… !’
-‘…Je vous présente Pierre, le surveillant des ballasts… ! Il reprend son travail aujourd’hui pour les aider dans leurs tâches… !’
-‘…Enchanté Monsieur Pierre… ! Bien, la Reichfuhrer a besoin d’hommes comme vous, dévoués... Au ReicHHHH…! Pour notre noble cause… Monsieur Pierre… ! Il faut en finir au plus vite avec cette racaille bonne à cuire… !’
Pierre et Arnaud écoutent sans rien dire…
-‘…Bon, je vous laisse, demain les trains doivent repartir, si vous avez des problèmes d’intendance faites-le moi savoir… !’
-‘…Je pense qu’après demain tout sera réparé.. ! Field Maréchal.. ! ’
Le gradé sort en tournant ses pas et en saluant Hitler...
-‘…C’est lui ton chef… ?…Tu lui demanderas combien pour la famille Leïbovici.. !’
-‘…Une fortune… !’
-‘…Je m’en tape… ! Tu lui parleras ce soir… !’
-‘…Ecoute, demain je verrais plus clair.. !’
-‘…Je compte sur vous Chef… ! Tu me donneras la réponse demain matin… !’
-‘…Une fois, la famille libérée que comptes -tu en faire… ?’
-‘…Je leur ferai passer la frontière … !’
-‘…Les faux papiers...? Qui va te les fournir. ?’
-‘…Toi, tout sera compris dans le prix… !’
-‘… Je risque ma vie… !’
-‘…Tu ne risques rien, lorsqu’on est résistant, on court tous les risques et surtout, n’oublie pas que tu sauveras l’humanité tout entière sans que tu le fasses gratuitement… ! Chef… !’
Pierre relate les évènements du matin à sa femme. Elle est subjuguée par le sans gêne de son mari et à sa manière peu cavalière d’intervenir. Elle ignore ce tempérament frondeur de son époux qui frise l’héroïsme. Elle s’approche de lui et lui prend la main qu’elle porte à son ventre…
-‘…Pierre… ! Touche, il remue notre second… !’
-‘…Je souhaite et j’espère qu’il sera l’enfant de la liberté… !’
-‘…Il le sera par la volonté de D ieu… ! Je voudrais surtout qu’il ou qu’elle te ressemble… ! J’admire ton courage et tes démarches ….Au cas où il te demanderait une forte somme d’argent, je demanderai à mes parents de nous aider… !’
Aurèlie… La maman.
-‘…Je veux, si vous ne trouvez aucun inconvénient, contribuer pour une partie de la rançon… ! Ils ont été si braves avec vous, Adèle… !’
Pierre et Adèle restent sans voix…
Adèle s’approche de sa belle maman..
-‘…Pour le moment, nous ne savons rien, attendons ce qu’il va nous demander et puis nous verrons, nous prendrons nos dispositions… !’
Pierre est rassuré. Il espère que son chef lui apprendra la bonne nouvelle dans un court terme. A moins d’un imprévu majeur.
Au petit jour, il se lève sans faire de bruit, jette un coup d’œil à sa montre. Il est 6 heures du matin. Il se presse pour s’habiller. Il ne déjeune pas. Adèle est réveillée..
-‘…Si tu as quelque chose, téléphone chez Madame Lebrun… ! Je pressens une bonne nouvelle Pierre.. !’
-‘…Je prie de tout mon cœur pour eux… !’
-‘…Que D ieu t’accompagne… !’
-‘…Il le fera au moins pour Elie et sa famille… ! Je te dirais ‘… Une hirondelle fait le printemps… !’
-‘…Bien, je m’en souviendrais… !’
Il prend en cours de route un croissant chaud au beurre et s’engouffre dans le Métro. Adèle quelques minutes après le départ de son mari se lève, et prend son fils Edouard qui se met à gémir. Elle lui donne son biberon et le berce tout contre elle.
A 17 heures, Pierre, à la fin de son service, se rend, piaffant d’impatience, au bureau de son chef…
Arnaud est assis derrière celui là…
-‘…Il demande 1500 frs…. ! Presque une fortune… !’
-‘…Pour quand… ?
-‘…Pour dans trois jours, il a déjà donné des instructions pour les parquer quelques temps au camp… !’
-‘…En réservation, comme du bétail qu’on sauve de l’abattoir… ! N’est ce pas Arnaud.. ?’
-‘…Oui si tu le penses comme cela… ! Je n’ai plus d’état d’âme Pierre… !’
-‘…Tu n’as plus d’âme du tout… ! Tu veux dire….. ! Normal à force de voir, on s’y habitue.. !’
-‘…Bon, peux-tu les avoir… ?’
-‘…Après demain matin ici, tu les auras, sans faute.. !’
-‘…Tu auras des instructions… ! Où vas-tu les loger… ?’
-‘…Chez moi, il y a plus de cinq chaises vides et autant de lits… ! Nous dormirons par terre ma femme, maman, le bébé et moi….Durant tout leur séjour… !’
-‘…Bon, je vois que tu es très motivé par cette mission en vérité… !’
-‘…A défaut de combattre, autant sauvez des vies… !’
-‘…L’Opération s’appellera ‘…BALTAZAR…. ! Une fois sortit du camp, ils seront embarqués dans une voiture, une estafette, qui les déposera à la gare du nord, sur les marches…. ! A 6 heures piles du matin… ! Tu ne bougeras pas tant que tu ne les vois pas … ! Tu seras prévenu par un de nos gars la veille pour confirmation… ! Puis tu remettras une partie du fric dans une enveloppe cachetée… ! Au chauffeur…. ! Dés qu’ils seront en sécurité chez toi, tu compléteras le reste… ! ’
-‘…Ok… ! J’ai pris note. Je serai absent durant trois jours, la semaine prochaine, j’ai le mariage d’une cousine à Marseille, je serai là samedi prochain en 18 mars… ……. !’