Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Albert SIMEONI
Paris le 8/3/2005.
Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.
Le BILLET XXVI
Le chauffeur démarre, presque en trombe.
-‘…Je vous dépose prés de la gare. Votre mission s’achève là-bas Monsieur Pierre… !’
-‘…Que va t’il advenir de la petite… ?’
-‘…Ne vous tracassez pas, elle aura un brillant avenir là où elle sera… !’
-‘…Sans….. !’
-‘…Ne dites plus rien, tout va aller pour le mieux pour elle.. !’
Durant tout le trajet, Pierre n’a d’yeux que pour Camille. Elle joue avec sa Cécile sans se soucier de son état d’orpheline…
Il est dépose selon le plan préparé par avance. Il se penche sur Camille et l’embrasse sur les deux joues…
-‘…Que D ieu soit avec toi, Camille…. !’
La voiture prend la route emportant Camille Lévi vers son destin.
Pierre se retrouve à la gare et retéléphone sur-le-champ à madame Lebrun, en passant par la même standardiste. Il avertit sa femme que tout s’est bien passe.
La libération de Paris arrive et la capitale est enfin débarrassée de ses’ chleux’.
Paris retrouve sa joie de vivre quelques années plus tard.
Entre temps, Adèle accoucha d’une petite fille qu’ils prénommèrent Agnès.
Passe le temps et Pierre est toujours là à surveiller ses voies. Il a 55 ans. Edouard est devenu un jeune adolescent tandis que Agnès, espiègle, grandit aisément entourée des siens. Aurèlie, la grand-mère a fait connaissance avec d’autres amies, toujours juives, dont certaines fraîchement débarquées de leur Algérie natale. Les pieds noirs comme on aime les appeler. Elle est heureuse de retrouver cette chaleur qui les caractérise tout en étant triste de ne plus revoir ses anciennes copines pour la plupart déportées et brûlées dans les fours crématoires.
Adèle a trouvé entre temps, un travail temporaire, comme infirmière dans un hôpital de la Capitale ; le monde des hôpitaux en souffrait cruellement, faute de personnel. Plus tard, elle ouvre un petit commerce de reprises de vêtements dans son quartier. La clientèle est satisfaite par ses services, d’autant plus qu’elle propose, repassage, teinturerie et lavage à des prix très abordables.
Dans les premiers temps, au début, la famille Berthier recevait quelques nouvelles de leurs anciens protéges mais pas de chez Camille. M. Elie avait retrouvé son frère Meyer en Israël. Ils fondèrent un kibboutz pas loin de la colline de Jérusalem, ‘…Moshav Letsion.. !
Les deux frères s’attelèrent à monter un commerce, toujours dans la confection mais dans les jeans. La fabrique portait l’enseigne de ‘…LEIBOVICI JEAN’S..’
Puis plus rien. La guerre de 67 éclata, suivie quelques années plus tard par celle de la guerre du YOM Kippour en 1973.
Adèle , Aurélie et Pierre vivent seuls à présent, les enfants se sont mariés. Ils sont grands-parents et arrière-grands parents pour Aurèlie, depuis deux ans.
Adèle, chez elle, vaque à ses occupations lorsqu’un matin, le facteur lui remet ce qui parait être une invitation. Les écritures son en hébreu ainsi que le timbre. L’en tête porte le sigle de Yad Vachem. Le mémorial de la Choa érigé aux six millions de victimes juives du nazisme durant la seconde guerre mondiale.
Elle n’ouvre pas la missive sur l’instant, attendant que Pierre rentre le soir de son travail.
Vers les 20 heures, Pierre sonne à la porte. Il se douche et pendant l’heure du dîner, Adèle lui fait part de la missive reçue le matin même.
Il décachette l’enveloppe et prend connaissance, en silence, du contenu de la lettre en présence de ses enfants mariés. Ils sont grands-parents trois fois. Deux enfants pour Edouard, et une fille pour Agnès.
Il met ses lunettes et commence à lire l’objet de la missive à haute voix d’une voix fatiguée, et en tremblant des mains.
A suivre….
Albert SIMEONI
Paris le 8/3/2005.
Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.
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