Les 40 jours de repentir : les sélihot
Pendant les 40 jours précédant le Grand Pardon à partir du premier jour du mois d'Eloul, les Juifs se lamentent et se repentent afin d’être pardonnés par le Seigneur tout Puissant de tous les
péchés commis en quantité considérable, si l’on croit au livret des "Selihot".
A quatre heures, avant l’aube le réveil sonne et je me lève. Même s’il ne carillonne pas, je me réveille de toutes façons. Je fais ma toilette et mes préparatifs et me rend à la synagogue du
quartier. A partir du premier du mois d’Elloul, pendant les 40 jours précédant le Grand Pardon, les Juifs se lamentent et se repentent afin d’être pardonnés par le Seigneur tout Puissant de tous
les péchés commis en quantité considérable, si l’on croit au livret des "Selihot".
Selihot se traduit par : pardons, mais moi je dirai plutôt repentirs, car le pardon n’est pas dans nos dispositions, ce que nous avons la possibilité de faire, c’est de nous repentir, de prouver
notre désolation et demander pardon. Pardons au pluriel parce que nos méfaits sont innombrables.
Les jours de l’année, nous disons dans notre repentir que nous sommes coupables, traîtres, escrocs, que nous avons dit des commérages et des médisances, que nous avons falsifié, que nous avons
accusé (des innocents), que nous avons volé et cambriolé, que nous avons menti et travesti la vérité, que nous avons été mauvais conseillers, que nous avons trompé et péché, que nous avons été
coléreux et rancuniers, que nous nous sommes moqué d’autrui, que nous nous sommes révoltés, que nous avons quitté la bonne voie, que nous avons profané, que nous avons manqué de respect a nos
père mère... et j’en passe.
Mais si tous les jours nous reconnaissons ces mauvaises actions, durant les 40 jours des Selihot, nous développons chacun des méfaits et lui trouvons des sous-titres, ainsi chaque péché devient
un chapitre. Alors nous demandons grâce, au nom d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de David, de Salomon, de Moise et d’Aaron. Et ils ne sont pas les seuls. Rebbi Meyer, Rebbi Shimon, le prophète
Eliaou et Rebbi Akiba s’en mêlent.
Tout de suite après ces aveux dits debout, nous disons les treize attributs que le Seigneur à enseignés à Moise, courbés dans une humble révérence.
Les treize Attributs de D.
1. Adonaye D. est
compatissant.
2. Adonaye D. est
miséricordieux.
3.
El Ce nom dénote la puissance et la
clémence.
4. Rahum Bienveillant. D. soulage le
coupable de sa punition. .
5. Ve-Hanun Accorde l'absolution.
6. Ereh Apayim Très patient.
7. Vé-Rav hessed Plein de bonté.
8. Vé-Emet D. ne revient jamais sur sa
parole.
9. Notzer Hessed Les actes des justes font bénéficier des milliers
d'autres.
10. Nossé Avon Pardonne l’iniquité.
11. Va-Phesha’a Ainsi que le péché.
12. Ve-Chataah Et le péché commis a cause d’inattention ou
d’apathie.
13. Ve-Naké D. efface les péchés de ceux qui se
repentent.
Après la lecture des attributs, le meneur da la prière, le hazan sinne du cor, le shofar. Ceci afin que le Seigneur
entende notre complainte.
Les Sélihot a Sfax.
A Sfax, âgé de 12 ans, j’allais tous les jours aux Sélihot avec mon ami Claude Chemouni. J’adorai ces prières qu’on chantait avant le lever du jour. Autour de nous s’activaient les dames de la
synagogue et elles nous préparaient du thé à la menthe, du café, et nous offraient des beignets. Je les entendais dire :
— C’est le fils Bouhnik, il est calé ! Et je me sentais tout fier.
Parmi les habitués, je me rappelle du chamach (le bedaut) Joseph Bouhnik, dit Soussou, de Bounik (sans h) et ses deux fils Jacob et Albert, de Henry Cohen et son fils, de Samoha, de Birou, de mes
rabbins Isaac Zagdoun et Khamous Taito le rouquin, du surnommé Capitaine assis les bras croisés avec sa tête flamboyante, de Bah Haï parfois et de Friah Bouhnik de temps en temps.
Slat Shoushane, est le nom de notre synagogue à Moulinville. Il y avait d’autres fidèles, dont les noms ne me reviennent pas, mais la plupart de nos habitués dont pas mal de Bouhnik D. bénisse,
nous rejoignaient le samedi : Khamous Bouhnik dit Namsa, le frère du chamach et son fils Clément, Salomon Bouhnik le père de Jo se levait très tôt pour dire ses sélihot à la maison avant la
prière du matin. Son frère Clément le mari de Martine-Kouka, Hector le frère aimé de Joseph, les frères Chelly et leur père, les voisins de Kouka. Ceux que je n’ai pas cités pardonneront sûrement
ma fuite de mémoire.
Les Sélihot à Bersheba.
Il y a quelques années, passant devant la synagogue du quartier, pris de nostalgie, j'ai décidé d'y entrer un matin d'Elloul et de lire les Sélihot, me souvenant du charme de ces prières
et des réveils avant l'aube de mon enfance. Personne n'a soupçonné que je retournerai au Temple après cinquante ans d'absence. Pour moi c'était un genre de pèlerinage, un retour à des temps
révolus. Personne n'a remarqué non plus l'émotion que j'ai ressentie.
Les Sélihot et les soldats Turcs. (D’après Myriam Houri-Pasoti : Contes et légendes de Gh'zala)
Autrefois sous le régne Ottoman à Tunis le chamach passait de maison en maison réveiller les fidèles afin de pratiquer les Sélihot, il appelait de sa voix chantonnante.
— Abraham, lèves toi pour les Sélihot.
— Isaac, lèves toi pour les Sélihot. Et ainsi de suite. Les hommes se levaient et enlevaient les lourdes barres qui closaient les portes et peu après se dirigeaient vers la synagogue.
Un jour le chamach voit devant lui, un groupe de soldats Turcs. Il est effrayé mais on lui ordonne de continuer sa tournée. En ce temps la, on prenait des précautions, les Turcs n’étant aimés ni
des Juifs Tunisiens et ni des Musulmans. N’a-t-on pas raconté que dans le Cap Bon, les Musulmans ont pris la défense des Juifs contre les Turcs ?
Alors le chamach passa de porte en porte et dans la même intonation chantante, il réveilla les habitués, et leur demanda de ne pas venir à la synagogue.
— Abraham, ne te lèves pas pour les Sélihot.
— Isaac, ne te lèves toi pour les Sélihot. Et ainsi de suite.
Et il passa de maison en maison et à chacun demanda de ne pas se lever pour les Sélihot.
Les Turcs ne comprenant pas le dialecte Judéo-Arabe, n’ont pas fait attention à la négation, du moment que le rythme restait le même. Ils retournèrent à leur caserne, ne saisissant pas la clef de
l’énigme.
Je ne développe pas plus le sujet, mais il est bon parfois à tout un chacun de regarder en arrière, afin de corriger ses fautes et ses défauts.
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Avec nos meilleurs voeux pour la nouvelle année