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La Mimouna
Cheikh Ahmed Ben Afouna bédouin de la tribu des Afarit est invité en 2010 à fêter La Mimouna avec la famille de notre ami David Abergel. Le maître de céans voulant bien faire les choses et pour donner de l’ambiance, organise une loterie dont l’enjeu est un réfrigérateur. Des tickets numérotés sont donc distribués parmi tous les convives.
La fête bat son plein, une musique orientale est jouée sur le tourne-disque et une danse du ventre anime bientôt l’atmosphère. En même temps que la moufletta, sont servies des confitures faites par la maitresse de maison, divers gâteaux à base de farine de coco et des beignets au miel. L’alcool est versé généreusement dans les coupes aux messieurs et du thé à la menthe sucré aux dames. Ce n’est pas de sitôt qu’on oubliera cette soirée.
Soirée qui sera mémorable pour l’un des invités…
Il s’agit d’Ahmed Ben Afouna qui gagne son frigidaire Le Vrai à la tombola. Très heureux de son aubaine, Ahmed transporte le réfrigérateur chez lui pas loin d’Eilat et le branche à la génératrice d’électricité qu’il venait d’acheter à cette occasion devant sa tente.
Il le remplit de canettes de bière afin de se rafraîchir le gosier le cas échéant et demande à Ali son fidèle serviteur de faire la garde devant son appareil ménager, en dormant à côté dans un sac de couchage.
Mais voilà Fatma son épouse aînée qui a le feu dans l’arrière train.
- Chéri, faisons l’amour.
- Tu es folle, on n’est pas seul.
- Il y a seulement Ali qui ronronne.
- Bon, vas voir s’il dort vraiment.
Fatma va sur les lieux, s’assure que le serviteur est dans les bras de Morphée, ouvre le frigo pour bien le voir à sa lumière et retourne auprès du Cheikh.
- Il dort.
- Alors viens mon ange.
Un branle-bas s’ensuit, des petits cris de plaisir, des gémissements de désir assouvi… Un silence assez long et la femme sort furtivement de la tente conjugale.
Ahmed pousse tout juste deux ronflements, qu’une ombre s’introduit dans la couche de l’homme assoupi.
- Réveille-toi ya omri, nous allons nous amuser dit Fénana la seconde épouse.
- Tu es folle, on n’est pas dans une maison close.
- Il y a seulement Ali qui poinçonne la nuit de ses bruissements.
- Bon, vas t’en assurer.
Le même manège, Fénana va sur les lieux, s’assure que le serviteur est dans son septième rêve, ouvre le frigo pour bien le voir à sa lumière et retourne auprès du Cheikh.
Le même boucan, Fénana sait son affaire et fait frémir le petit père qui la trouve bien habile dans son rôle de maitresse de tente. Elle l’éblouit, l’étourdit, tant et si bien qu’il tombe flasque sur son matelas.
Un petit moment après entre Hnina la troisième, par ordre de noces et d’âge, féline comme une chatte, elle le caresse, le tapote, le tourne sur le dos et lui ordonne :
- A moi Cheikh, leveur de vielles, choisis ton arme.
- Tu es folle, on n’est pas seule au monde.
- Il y a seulement Ali qui est dans les pommes.
- Bon vas voir….
Le même stratagème, Hnina va sur les lieux, s’assure que le serviteur est dans les bras d’une blonde dans son songe préféré, ouvre le frigo pour bien le voir à sa lumière et retourne auprès du Cheikh.
Ahmed dégaine, Hnina esquive, elle connait la rengaine. Il faudrait l’affoler en se faisant désirer. Elle l’aguiche, il s’entiche, elle joue à la sauvette mais il s’entête…. Perdant presque connaissance à la fin de son acte…
- Quelle furie, dit-il en fermant les yeux.
- Bye bye, Cheikh.
Hnina s’en va retrouver les trois autres épouses et elles rient de bon cœur au récit des ébats du maître.
- C’est mon tour dit Monica, une femme du Nord, la nouvelle et la plus jeune des épouses.
Sur ce elle fait son entrée dans la tente, le tente en ravivant la chandelle pour mettre en valeur ses membres fuselés et sa poitrine ferme.
- Mon chou Cheikh, tu viens de t’amuser avec mes rivales, oubliant ta Monica ?
- Chérie ne faisons pas de folies, il y a du monde dehors.
- Il n’y a que le serviteur Ali, les quatre pattes en l’air, il doit fermenter son vin.
- Vois s’il dort…
Monica sort, scrute le dormeur et ouvre le frigo pour bien s’assurer de son sommeil à sa lumière et retourne auprès du Cheikh.
- A moi Cheikh, deux mots…
- Deux mots et pas plus…
- Et beaucoup de sous-entendus.
- Ma douceur je suis éreinté… supplie le Cheikh qui par trois fois a déboutonné…
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- Elles t’ont fatigué ces vielles bourriques ? Suis-je venue de Suède pour te voir si tiède ?
- N’exagère pas…
- Bon, si c’est ainsi, je vais réveiller Ali qui lui doit être dispos.
- Ne dis jamais çà, même en riant répond-il les yeux exorbités.
- Jaloux ?
- Je vous tuerais les deux !
- Sors ton épée Cheikh Ahmed…
- A nous deux, friponne ! Je vais te montrer de quel bois d’olivier se chauffe le Cheikh.
Ahmed ronronne, Monica minaude, c’est le grand cirque, le saut périlleux… Voltige… Vertige…
- Viens nager dans la rivière enchantée Cheikh Ahmed.
- A cheval sur mon dos pendant que je navigues.
La nuit se prolonge pleine d’imprévus, de cris de guerre, de grâce, de plaisir et de désir. Enfin à l’aube chacun s’endort assouvit et assoupit…
Ali prépare le café pendant que le Cheikh Ahmed et ses quatre épouses prennent le petit déjeuner.
- Cheikh vous avez bien dormi ? demande Ali.
- Pas suffisamment. Il y en a qui ne dorment pas et empêchent de dormir….
- La eye nam, la kheli shkoun eye nam.
- Ali, tu as bien dormi ?
- La, ya Cheikh…
- Et pourquoi pas ?
- Il y avait trop de remue-ménage et de ballades dans les parages…
- Tu aurais pu te servir une bière du frigo ?
- Je n’ai pas osé, ya Cheikh, j’ai vu qu’à chaque fois que quelqu’un a ouvert le frigo, tu l’as baisé…
- Bnêt lahram, filles de chiennes, dit-il à ses femmes, vous m’avez pourtant assuré qu’il dormait.
Ali tout en admirant les épreuves sexuelles du maître, sourit sous sa barbe, la vie du Cheikh n’a pas de secrets pour lui.
Note : les noms et les lieux sont imaginaires. Ne dites pas que vous vous reconnaissez dans les ébats cités ?
