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Bouna Méir, surnommé - à cause de sa profession : - El G'ridi : le colporteur en langue judéo-arabe. Son travail, consistant de voyager à dos d'âne, de village en village,
de hameau en hameau, proposant sa marchandise achetée dans les villes : des casseroles des marmites, des bougies, des allumettes et un tas d'objets et d'ustensiles nécessaires dans chaque foyer.
Il achète dans les villages des produits demandée à Sfax. L'aïeul était très
apprécié pour son efficacité et sa bonne humeur. Nombreux le nomment : Jédi Meir *. Invité à une noce, dans un trou perdu pas loin de Ben Garden (sur la frontière de Lybie), il y arrive bien habillé, son âne tout pomponné et de rubans rouges le
décorant. Or voilà qu'au cours de la réception, un
bruit incongru éclate du côté de la jeune mariée, de blanc habillée et couronnée de fleurs d'oranger. Les convives sont ébahis, des murmures de réprobation sont chuchotés, et du coin de la
famille du mari, c'est la contrariété totale. On s'attend à beaucoup plus de politesse de la part d'une harroussa*. Des menaces fusent dans l'air, des éclairs s'allument dans les yeux et on
s'attend au pire. C'est alors que le Grand Père sauve la situation :
"Mamie Sméha ayant le don de soigner
les foulures et les entorses, tient à transmettre son savoir à sa petite fille portant le même nom, Miha la fille de Chlomo. Elle le fait deux mois après sa mort." Un frisson parcourt
l'assemblée. Des petits cris sont poussés par les dames. Rebecca continue de sa voix nonchalante, trainant l'histoire à dessein.