Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Merci à Marcel Blais (Québec)
Le 9 Av (Tish'a beAv) est l'un des principaux jeûnes du calendrier juif. Il a été instauré en souvenir de la destruction des premier et du deuxième Temples et, par voie de conséquence, la perte de toute souveraineté nationale du peuple juif sur sa terre et le début d'un exil qui durera dix neuf siècles.
C'est, avec celui de Yom Kippour, le seul jeûne à débuter la veille au soir avant la tombée de la nuit.
On y appliquera rigoureusement les règles du deuil, telles que ne pas saluer, ne pas s'asseoir sur une chaise ou un fauteuil, ne pas porter de chaussures de cuir, ...
Dans les synagogues, on s’assoit à même le sol en signe de deuil. On lit le rouleau des Lamentations (du prophète Jérémie) et d’autres élégies empreintes de nostalgie et de tristesse.
Le 9 Av est, en effet. le jour le plus triste du calendrier juif. Cinq catastrophes nationales s'abattirent dans le passé sur notre peuple:
En ce jour survinrent d'autres grands malheurs pour notre peuple, tels que l'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492, ou l'expulsion des Juifs d'Angleterre en 1290. D'après les historiens, la Seconde Guerre mondiale et la Shoah furent les conséquences de la Première Guerre mondiale. Celle-ci avait débuté le 9 Av.
La période de trois semaines de deuil qui précède le 9 Av est marquée par un premier jeûne: celui du 17 Tamouz correspondant aux premières brèches dans les murs de Jérusalem par Nabuchodonosor pour le premier Temple et par Titus pour le deuxième.
Les neuf jours qui précèdent le jeûne du 9 Av correspondent à la recommandation expresse de nos sages de diminuer le niveau de réjouissance à l'entrée du mois d'Av.
Paradoxalement, toutefois, le 9 Av est considéré comme mo'ed, c'est-à-dire un jour de «fête». La raison en est que, dès que le Temple fut détruit, l'ère de sa reconstruction et de la possible venue du Messie commença: nos sages enseignent que dès l'instant où le Temple fut détruit est né celui qui pouvait être le Messie à cette époque. Depuis, il n'y a pas eu une période de l'Histoire qui n'ait en son sein un Tsaddik (un Juste) digne d'être le Libérateur du peuple juif de son dernier exil.
Ceci est exprimé par le fait que les prières de supplications ne sont pas récitées le 9 Av, comme lors d'un jour de fête. C'est également la raison pour laquelle le deuil est allégé dès le milieu du jour (permission de s'asseoir normalement, etc), car la naissance du Messie est survenue à ce moment de la journée.
Sources: CICAD, ABC du judaïsme - 2002, Consistoire de Paris, fr.chabad.org