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Spécial Pourim : mon ami Kiko 1
Mon ami Kiko a toujours des histoires à raconter. Mais je laisse la parole à mon ami.
"Ayant quitté Mogador pour Casablanca et loué une chambre et cherchant un travail, je suis embauché pour le salaire
de vingt francs par jour. Je débute sur le champ. Bref, après une longue journée de labeur, je retourne à ma chambre, utilisant mes vingt francs à faire des achats : un demi kilo de
figues pour dix francs, et une bougie et des allumettes pour le même prix. Je retourne à mon nouveau chez moi.
Assis à ma table, j’allume le cierge, et j’entreprends de prendre mon repas. Je partage la première figue en deux et j’y vois un ver. Je la jette et prends une autre, mais elle n’est pas aussi bonne que la première. La troisième, non plus. Avant d’ouvrir la suivante, j’éteins le lumignon, puff... et je mange de bon appétit, économisant ainsi les dégâts et la chandelle aussi".
Mon ami Kiko en a d’autres toutes aussi drôles, les unes que les autres. Mais quand il nous parle de Perla et de leur histoire d’amour, nous restons sceptiques. Il se vante sûrement, notre ami.
Apres un an au kibboutz Parod, vient le moment de nous engager à l’armée Israélienne, nous entreprenons de faire une
grande randonnée dans le pays afin de le connaître, avant de perdre pour un temps notre liberté de faits et gestes. Assis sur des bancs, dans l’arrière d’un camion, nous chantons, nous blaguons
et voilà que quelqu’un demande à Kiko de raconter son roman avec Perla.
- Je vais la chercher, de suite, déclare-t-il Je sais qu’elle vient d’arriver en Israël. Arrivés à Netanya, il
se penche en dehors du véhicule et demande aux passants :
- Vous connaissez Perla Pérez ? La réponse est non. Arrivés à Tel-Aviv, la même question est posée, ainsi qu’à Elath, à Beersheba, à Dimona, à Ofakim, Ashkelon, Netivot et
partout.
Dans la petite ville de Shdérot, il reçoit une réponse affirmative : on lui dit qu’une nouvelle émigrante portant ce nom travaille dans la sulture des fleurs. Il est très heureux de la nouvelle et il veut descendre de la voiture et on le retient à grand peine : Si Perla Pérez existe vraiment, rien ne prouve que c’est la même personne...
Mais Kiko commence à rêver à la fleur de sa vie qui cultive les fleurs.
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Quatre jours plus tard, nous sommes de retour au kibboutz. Kiko demande un congé qui est accordé, et il prend la route. Le lendemain il est de retour, il nous dit qu’il a rencontrée Perla, et qu’une grande émotion a suivie ces retrouvailles. Nous restons incrédules.
Le dimanche suivant, nous sommes engagés à l’armée. A une de nos permissions, plusieurs mois plus tard, entrant dans
ma petite chambre, je la trouve occupée. Une femme, le teint bronzé par le soleil, aux cheveux noirs ébène, est assise sur mon lit. Elle me regarde de ses grands yeux verts et me
dit :
- Bonjour ! Je suis Perla Pérez. Alors la, je reste baba. Kiko arrive sur ces entrefaites et me demande de
l’excuser :
- Je me suis permis de me servir de ta pièce pour la raison qu’elle est bien propre et parfaitement aménagée. Je suis ahuri.
Mon étonnement ne provient de la liberté prise par mon ami Kiko, mais par le fait que Perla Pérez existe.
