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Une soirée à l'hôtel Sun à Bath-YAm
Nous sommes de nouveau attablés, le menu ressemble a celui d’hier, il n’a pas d’imagination le chef-cuisinier. Tans mieux ! Je n’ai pas si faim que cela. Je grignote de ci, de là, je bois une orangeade et me tourne voire le spectacle.
Shlomit BOUHNIK fait son apparition. Elle est assise sur une chaise roulante et poussée par un auxiliaire. La foule pousse des cris de joie. L’artiste est handicapée par une infirmité musculaire et ne peut pas marcher. Près de la scène, on l’a met debout, et son fils, un jeune homme de vingt ans, la soulève et la pose en place devant le public.
Elle est habillée d’une robe de tulle bleue-ciel, elle est d’une taille très fine, et pour chanter elle
se maintient sur le microphone. Aucun lien de parenténe la lie avec le chanteur Shlomo BOUHNIK, ni avec nous d’ailleurs.
Son programme compte : Une chaine de chants pour les jeunes maries, (Arous et Aroussa ), Loumou Loumou, Douri Douri, Le chant de la coiffure du communion, Matgoul alech ya ouldi, etc..
Sa sœur Nourit BOUHNIK, aussi handicapée qu’elle est avocat à la cour criminelle. Que de volonté ont ces filles !
La chanteuse s’adresse a nous :
— Je vous aime ! Je ne suis presque jamais sur les jambes, à part le soir. Le public me donne énormément d’énergie. Montrez-moi ce que vous savez faire !
Shlomit est dans son élément, la foule jouit, sort de ses gonds, on se lève de table, on abandonne le
couscous, les pâtes et les betteraves pour aller danser, sauter et faire bouger les hanches. Le Bassin Tunisien s’ondule au son de la musique : c’est la danse du ventre
collective, des jeunes, des vieilles et des vieux.
Le style : répertoire tunisien-lybien, je ne comprends pas toutes les paroles, la musique est parfois joyeuse quand c’est le chant du mariage ou de la communion, et des fois mélancolique,
sans doute à cause de l’influence du Sud-Tunisien.
Shlomit soutient une grande famille, c’est la raison qui nous pousse à acheter ses disques, nous voulons l'encourager. Nous sortons acheter de la boutargue, et comme nous sommes fatigués de cette longue journée, sur le coup de 22 heures, nous montons vers notre chambre. Une surprise nous attend : pendant notre absence, le directeur a fait placer sur notre table une corbeille de fruits, deux roses et un mot d’excuse. Alors la nous sommes baba.
A 22 heures, je prends un bain, me rase de prêt, et change d’habits. Je descends remercier le
directeur, qui n’est autre que celui que Nathan prenait pour le chef de la maintenance.
— Vous vous êtes plaint si gentiment, que j’étais obligé de faire mes excuses.
Je retourne a la salle. Je suis fasciné par la personnalité vive et impressionnante de Shlomit BOUHNIK.
Elle est accompagnée maintenant par un chanteur célèbre, Elie LOUZON et elle est entourée de danseurs infatigables. Les chants sont parfois monotones à mon gout, mais je n’arrive pas à la quitter
des yeux.
Je fais une prière et demande au Seigneur d’aider cette femme si courageuse.
A minuit, mes yeux se ferment, tandis que Shlomit reste ferme sur scène, se maintenant à son microphone si frêle. Cette femme si frêle est si forte. Je vais me
coucher.